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Discours



Le 28 août 2003

Troisième trimestre de 2003
Aide-mémoire pour Ed Clark

(Version non définitive)


Introduction

Merci Dan. Bonjour à toutes et à tous.

J'aimerais tout d'abord vous exprimer ma grande satisfaction à l'égard de nos résultats du troisième trimestre. Le bénéfice d'exploitation pour le trimestre se chiffre à 0,91 $. Ce résultat comprend des intérêts de 35 M$ après impôts sur un remboursement d'impôts, d'autres rajustements d'impôts de 13 M$ et le déblocage d'une provision sectorielle de 40 M$ (26 M$ après impôts), en partie annulée par le solde de 5 M$ d'un montant affecté à la restructuration de TD Waterhouse International annoncée au deuxième trimestre. L'incidence nette de ces éléments est d'environ dix cents l'action.

Je crois que nos résultats reflètent la solidité de nos activités commerciales fondamentales et témoignent de l'atteinte de nos objectifs : réaliser des bénéfices soutenus et regagner la confiance du marché.

Grâce à nos solides résultats, nous avons devancé l'annonce relative à notre plan d'immobilisations. Nous avons augmenté notre ratio dividendes/bénéfice à 35 %-45 % afin de tenir compte de la modification de l'importance relative des secteurs, d'un profil de risque moins élevé et de la hausse du degré de certitude quant à notre bénéfice. Par conséquent, aujourd'hui, nous avons aussi annoncé une hausse de quatre cents de notre dividende trimestriel.

Nous avons décidé de maintenir notre programme de réinvestissement des dividendes parce que nos petits actionnaires l'apprécient. Éventuellement, si nous constatons que ce programme entraîne une trop grande dilution, nous rachèterons des actions afin d'en contrebalancer l'incidence.

Résultats

Au début de l'exercice, j'ai dégagé un certain nombre d'objectifs clés et je suis heureux des progrès accomplis jusqu'ici.

Un de nos principaux objectifs était d'améliorer notre taux de capitalisation grâce à un examen minutieux de nos actifs et à des bénéfices stables. Notre taux de capitalisation de catégorie 1 s'est amélioré de 160 points de base depuis le début de l'exercice pour s'établir à 9,7 % à la fin du présent trimestre.

Notre deuxième objectif consistait à réduire de façon permanente le profil de risque de notre groupe. Nous y sommes parvenus grâce à deux initiatives : la création d'un portefeuille de prêts secondaires et la réduction de l'exposition au risque de notre portefeuille de prêts importants. Nous avons accompli des progrès importants dans ces deux domaines.

  • Les prêts secondaires et les acceptations bancaires ont diminué de 1 G$ au cours du trimestre pour s'établir à 6,2 G$, une baisse de 45 % depuis le début de l'exercice. Les prêts de faible qualité ont diminué, passant de 6,0 G$ à 4,9 G$ d'un trimestre à l'autre, une baisse de 28 % depuis le début de l'exercice. Le risque total net, qui se chiffrait à 20,7 G$ au début de l'exercice, se chiffre maintenant à 10,9 G$, et l'exposition au risque des prêts de faible qualité a été réduite, passant de 10,2 G$ à 6,9 G$.
  • Au chapitre de nos services bancaires de gros importants, le portefeuille a subi des baisses et nous avons accompli des progrès dans la réduction de l'exposition au risque lié à un titulaire unique et au risque sectoriel. Vers la fin du trimestre, nous avons doublé notre assurance crédit existante qui atteint maintenant plus de 3 G$. Selon le marché, nous avons l'intention de procéder à d'autres acquisitions jusqu'à concurrence d'un autre milliard de dollars. Notre portefeuille de retraits de base, déduction faite de l'assurance crédit, se chiffre maintenant à 7,2 G$ et est de très haute qualité.
T outefois, la hausse du capital et la baisse du profil de risque ne sont que deux éléments parmi d'autres. Nous devons aussi nous attarder à la croissance et à l'édification de nos trois principaux secteurs d'activité dans une perspective à long terme.

Nos services bancaires personnels et commerciaux demeurent au cœur de notre stratégie. Nous avons fait savoir au marché que, alors que ce secteur d'activité pouvait croître de 6 % à 7 % à long terme, nous sommes d'avis qu'au cours du présent exercice ainsi qu'aux exercices 2004 et 2005, nous devrions être en mesure d'atteindre des taux de croissance moyens des bénéfices de 10 % et plus. Depuis le début de l'exercice, les bénéfices sont en hausse de 15 %, soit bien au-delà de notre objectif.

Au chapitre de la gestion du patrimoine, nous avons établi des objectifs tout aussi clairs qui varient selon la situation géographique.

Au Canada, nous sommes préparés à investir pour l'avenir, à combler les lacunes présentes dans notre offre et à mieux exploiter nos actifs colossaux : notre marque, notre clientèle et notre technologie. Dans ce contexte, nos objectifs de bénéfices ont été modestes à court terme et plus ambitieux à moyen terme.

En ce qui a trait à Waterhouse, nous nous sommes concentrés sur l'élimination des pertes au niveau international et sur la baisse des seuils de rentabilité des activités nord-américaines afin de nous positionner en vue d'une intensification des activités de courtage. Nous avons aussi insisté sur le maintien des dépenses en technologie afin d'être en mesure de bonifier notre offre.

Je suis très heureux de nos résultats. Waterhouse International a subi des pertes de seulement 1 M$ au cours du trimestre, déduction faite des coûts de restructuration, comparativement à une perte de 17 M$ au deuxième trimestre. Les bénéfices de Waterhouse USA ont plus que doublé, passant de 27 M$ à 61 M$, cette hausse ayant été entraînée par une augmentation de 43 % des opérations par jour en Amérique du Nord. Nous sommes satisfaits du levier d'exploitation que nous avons constitué au sein de ce secteur.

Au chapitre de nos services bancaires de gros importants, je suis aussi satisfait des résultats. Au pays, nous avons connu un fort trimestre au chapitre de la prise ferme. Sur le marché canadien, nous avons été le chef de file dans le cas des émissions d'actions de Rogers, de CHUM et de Pembina Pipelines, pour n'en nommer que quelques-unes. Pour ce qui concerne les titres de créance, nous avons mené à bien une émission de Maple Leaf Sports & Entertainment. Bien que le marché des fusions et acquisitions soit demeuré stimulant au cours du troisième trimestre, nous avons préservé notre bonne position en conseillant des entreprises pétrolières et gazières à moyenne capitalisation dans leur transition vers des fiducies de redevances. Au cours du trimestre, nous avons agi à titre de principal conseiller pour Bonavista Petroleum et Baytex Energy.

Nous avons mentionné que nous croyions être en mesure de gagner de 500 M$ à 550 M$ pour l'exercice en cours en mettant l'accent sur deux secteurs : notre groupe canadien de banque de gros, et notre groupe des marchés financiers internationaux. Il s'agissait de tout un défi compte tenu du nombre de changements que nous avons apportés à ces activités. Nous demeurons confiants dans notre capacité à atteindre cet objectif pour l'exercice dans son ensemble avec des bénéfices qui, à ce jour, totalisent 423 M$ pour nos services bancaires de gros importants, déduction faite de la dépréciation du fonds commercial et des coûts de restructuration inscrits au deuxième trimestre.

Nous avons aussi mentionné que nous restructurions nos activités liées aux options sur actions. Nous avons fait des progrès, mais il nous reste du travail avant d'éliminer les pertes. Les pertes du trimestre courant se sont chiffrées à 10 M$ comparativement à 15 M$ au dernier trimestre.

J'aimerais maintenant vous faire part de quelques observations sur des éléments que je considère comme des enjeux dans chacun de nos groupes et secteurs d'activité qui feront l'objet de notre attention.

Services bancaires personnels et commerciaux

Au chapitre des services bancaires personnels et commerciaux, il est évident que le principal enjeu réside dans le déclin des marges. Les marges ont diminué de huit points de base au cours du présent trimestre et nous prévoyons une autre baisse au cours du prochain trimestre. Environ la moitié de la baisse des marges est liée à une modification de la composition des secteurs, ce qui reflète un changement dans les préférences de la clientèle, qui s'est tournée vers des produits à marge plus faible. La baisse résiduelle est imputable à la pression concurrentielle. Une partie de cette pression peut être liée à des fluctuations normales, et il est difficile de prédire combien de temps il faudra pour observer une augmentation.

Dans tous les cas, notre tâche est claire : restructurer l'ensemble de nos charges par la réingénierie de nos processus afin de les réduire de façon permanente de manière à atteindre nos objectifs de profit malgré la baisse des marges. C'est ce que nous avons accompli jusqu'à maintenant au cours de l'exercice, et c'est ce sur quoi nous porterons notre attention au cours du prochain exercice. Pour y parvenir, il nous faudra investir pour créer des économies. Par conséquent, pour le quatrième trimestre, les résultats liés à nos services bancaires personnels et commerciaux pourraient être moins élevés qu'au troisième trimestre.

Nous sommes très heureux d'avoir acquis 57 des succursales de la Banque Laurentienne, ce qui nous permet d'utiliser deux de nos forces clés : notre capacité démontrée d'intégration et notre position de force au chapitre du capital. Nous souhaitons la bienvenue aux employés et à la clientèle et promettons de mettre à leur service l'expérience qui a fait notre marque.

Gestion du patrimoine

Au chapitre de la gestion du patrimoine, je crois nécessaire de répéter ce que j'ai dit à la dernière rencontre avec les analystes. Dans mon esprit, nos services de courtage réduit occupent une place de choix. Bien que, comme certains d'entre vous l'ont observé, leur valeur ne soit pas clairement reflétée dans le prix de notre action, je ne gère pas notre groupe dans le but de procurer des gains à court terme. La capacité de Waterhouse de réaliser des bénéfices sera éventuellement reflétée dans nos bénéfices consolidés et notre valeur marchande.

Certains analystes se sont aussi demandé si j'ai les reins assez solides pour supporter la volatilité inhérente aux flux de bénéfices de Waterhouse. En bref, la réponse est « oui ». Nous vivons bien avec cette volatilité qui, dans le cas présent, est connue du marché, est prévisible et est liée à un secteur d'activité à forte croissance et à potentiel élevé.

Ce que nous désirons éviter, c'est un exercice complet de pertes. C'est la raison pour laquelle nous avons én ergiquement abaissé nos seuils de rentabilité. Les secteurs d'activité qui sont trop exposés aux périodes de pertes profitent de la stabilité inhérente aux flux de bénéfices prévisibles et non volatils provenant de nos secteurs de services bancaires au détail et d'autres activités liées à la gestion du patrimoine. Cette volatilité fait courir le risque que ces bénéfices soient en deçà des multiples qui devraient les caractériser.

Services bancaires de gros

Les mêmes réflexions s'imposent à moi au chapitre des services bancaires de gros. Bien structuré, ce secteur est florissant, apporte sa contribution aux forces du groupe et fournit une diversification au chapitre des bénéfices. Toutefois, il doit être géré sur la base du capital que nous lui avons octroyé et de manière à ce que les pertes annuelles, comme celles que nous avons connues au dernier exercice, soient exceptionnelles.

C'est ce sur quoi nous avons porté notre attention au cours de l'exercice, et notre équipe de direction a accompli du beau travail compte tenu du niveau de difficulté de cette tâche - la gestion rigoureuse du rendement des capitaux propres, un rendement qui maximise la valeur pour les actionnaires. Les membres de cette équipe ont toute mon admiration.

Au début de l'exercice, nous vous avons mentionné que nos plans comprenaient une provision estimative de 100 M$ par année pour pertes sur créances et charges connexes dans notre portefeuille fondamental. Ce chiffre était basé sur une perte d'environ 100 points de base sur un cycle de crédit.

Vous noterez que, encore une fois au cours de ce trimestre, il n'y a eu aucune provision pour pertes sur créances liées aux services bancaires de gros importants, et nous n'avons pas décelé de hausse importante des coûts liés à la réduction du risque au sein de nos activités importantes, bien que nous ayons précédemment mentionné que nous avions doublé notre protection. Le coût de la protection contre les risques du crédit est amorti sur une plus longue période. Par conséquent, la charge supplémentaire par rapport au niveau de l'exercice passé n'est pas importante. Avec cette dernière acquisition, nous avons atteint un niveau annuel de 28 M$ par année.

Toutefois, comme je l'ai mentionné précédemment, en fonction des facteurs du marché, nous prévoyons ajouter 1 G$ de plus pour nous protéger contre les risques de crédit au cours du quatrième trimestre ou de l'exercice à venir. Si cela se produit, notre niveau annuel pour la charge liée à la protection contre les risques du crédit au cours du prochain exercice pourrait atteindre 40 M$.

Cela signifie-t-il que les charges connexes à la provision pour pertes sur créances n'atteindront vraisemblablement que 40 M$ ? Cela dépend, bien sûr, de ce qui se produira concernant la partie non protégée de notre portefeuille, qui est de très haute qualité. Une tranche de 60 % de l'encours net a trait à des prêts de haute qualité, une tranche de 83 %du risque net total est de haute qualité et le risque net total est de 30 % inférieur à ce qu'il était au début de l'exercice.

En ce qui a trait au prochain trimestre et à l'exercice qui suivra, il est difficile de se prononcer. Des « accidents » pourraient survenir, mais aucun élément du portefeuille ne suscite actuellement d'inquiétude.

Bien entendu, des questions comptables distinctes s'ajoutent au traitement de la protection contre les risques du crédit. Nous vous assurons une transparence totale quant à l'incidence que les prochains changements comptables à ce chapitre pourraient avoir.

Je devrais aussi parler du déblocage d'une provision sectorielle. Lorsque nous les avons constituées, nous avons mentionné que nous étions satisfaits de nos provisions sans être exagérément confiants. Nous étions exposés à un grand nombre de risques importants qui ont entraîné la restructuration du groupe. Les liquidités sur le marché secondaire étaient très faibles, et plusieurs sociétés faisaient face à de piètres perspectives de refinancement. Les choses ont bien changé. Comme plusieurs d'entre vous l'ont remarqué, il y a eu une amélioration notable au sein de ces marchés, et nous en avons été les bénéficiaires.

Nous appliquons un processus rigoureux d'examen de la suffisance de nos réserves à chaque trimestre. Il est évident que, avec des provisions sectorielles de 698 M$ et des provisions d'ensemble d'environ 300 M$ attribuées aux activités non fondamentales, nous sommes très conscients des effets qu'auraient sur nous des changements ayant trait au crédit. L'évolution du crédit sera, bien entendu, le facteur clé dans la détermination des montants et de la rapidité avec laquelle les provisions sectorielles seront éliminées au cours des trimestres à venir.

Conclusion

En conclusion, je suis très satisfait des résultats du trimestre. Nous avons réussi à transformer notre groupe afin d'être en mesure de faire face aux défis que doit relever notre groupe plus rapidement et plus efficacement que je ne le pensais possible. Le contexte peut expliquer notre réussite, mais l'équipe de direction a maintenu le cap. Nos gens ont travaillé fort et une part du mérite revient à chacun d'eux.

Nous nous sommes repositionnés et chacun de nos trois principaux secteurs d'activité occupe une excellente place. Nous avons des défis à relever, mais nous les comprenons et les partageons avec n'importe quelle entreprise présente dans ces secteurs d'activité. Nous jouissons d'un capital solide, d'un profil de risque moins important et de leviers puissants dans un contexte de crédit qui demeure solide. Finalement, nous disposons d'une équipe de direction axée sur l'excellence opérationnelle et sur l'atteinte des objectifs que nous nous sommes fixés.

Je cède maintenant la parole à Dan.