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Leadership éclairé

2012


"Bâtir un meilleur système bancaire pour l'Amérique"

Chief Executives Club of Boston, Boston College, Boston
26 avril 2012
Écrit par Ed Clark.

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Merci Wyc. Je suis enchanté d'être de retour à Boston.

C'est une ville très spéciale pour ma famille et pour moi. J'ai passé de formidables années à Harvard. Mais je ne voudrais pas que les organisateurs de cette série de conférences m'en tiennent rigueur. En fait, j'ai eu la très grande chance d'épouser une diplômée du Boston College.

Vous connaissez peut-être la TD sous l'appellation « America's Most Convenient Bank », c'est-à-dire la banque américaine la plus pratique, et nous le sommes. Mais nous sommes plus que cela : nous sommes l'une des institutions financières les plus importantes du monde, dont les actifs totalisent 775 milliards de dollars. En ce qui concerne la capitalisation boursière, la TD est la septième banque en importance en Amérique du Nord et en Europe.

En 2011, notre bénéfice ajusté de 6,3 milliards de dollars a représenté une croissance de 20 % par rapport à l'année précédente.

Aujourd'hui, nous employons plus de 85 000 personnes. Et près d'un tiers de notre équipe se trouve aux États-Unis.

Ici, au Massachussetts, Mark Crandall et son équipe font un travail remarquable.

Nous nous classons au quatrième rang parmi les grandes banques au chapitre des dépôts. Nous employons plus de 2 300 personnes. Nous exploitons plus de 150 succursales, du comté de Barnstable à celui de Berkshire. Et nous prévoyons ouvrir cinq nouvelles succursales cette année.

Wyc a mentionné notre croissance extraordinaire.

Nos actionnaires en profitent largement.

Depuis 2002, année à laquelle j'aime me reporter puisque c'est à ce moment-là que je suis devenu le chef de la direction, le cours de l'action de la TD a grimpé de plus de 2,5 fois, alimenté par un taux de croissance annuel composé du bénéfice de
18 % et un taux de croissance annuel composé du bénéfice par action de 14 %. Nous avons enregistré le meilleur rendement total pour les actionnaires parmi les plus grandes banques nord-américaines, aux États-Unis comme au Canada.

En raison de la crise financière, bien des choses ont changé.

La période difficile que nous avons traversée nous a aidés à nous démarquer de la concurrence.

En 2007, neuf grandes banques cotées à la Bourse de New York avaient reçu la notation AAA de Moody's.

Aujourd'hui, il n'y en a qu'une : la TD.

Depuis 2007, nos actions ont progressé de près de 40 %, un résultat qui dépasse celui de toutes les principales banques canadiennes et qui est largement supérieur à celui de n'importe laquelle des dix principales banques aux États-Unis, dont la meilleure a subi une baisse de 12 % du cours de son action.

Non seulement avons-nous continué de distribuer des dividendes durant la crise financière et le ralentissement séconomique, mais le conseil les a augmentés trois fois au cours des deux dernières années, dont deux fois en 2011. Cela est très révélateur de la confiance que témoigne le conseil dans notre bénéfice futur.

J'aimerais vous entretenir de deux sujets, aujourd'hui.

D'abord, la reprise économique, et plus précisément la direction qu'elle prendra, selon moi, à moyen terme.

Ensuite, la réforme bancaire, qui revêt une importance critique non seulement pour la prospérité à long terme de tous les Américains, mais aussi pour celle d'une grande partie de la planète.

Faisons d'abord un petit historique de ce qui nous a menés là où nous sommes aujourd'hui.

Le monde a traversé des bouleversements importants. Il est difficile de croire que cinq ans ont déjà passé depuis que la crise financière a éclaté.

Au cours de la décennie qui l'a précédée, nous avons connu une croissance
« apparente » aux États-Unis, alimentée par des taux d'intérêt et des impôts peu élevés, ainsi que par des dépenses considérables des gouvernements et des déficits substantiels.

Par surcroît, une réglementation laxiste dans le marché de l'habitation et une pression constante exercée par les politiciens et les organismes gouvernementaux pour promouvoir l'accession à la propriété ont créé une bulle spéculative classique.

Au même moment, l'assouplissement de la réglementation financière et un manque flagrant d'autodiscipline ont contribué à la création d'une série d'institutions financières qui ont considérablement grossi, et qui ont changé leur modèle d'affaires basé sur le service à la clientèle pour un modèle axé sur la spéculation. Qui plus est, elles ont manqué de fonds propres et de liquidité pour contrer les risques qu'elles avaient pris.

En Europe, la création de l'euro a conduit à des conditions similaires. Les pays du sud de l'Europe ont obtenu un laissez-passer — emprunt au taux allemand, accumulation d'importants déficits, création d'un boum immobilier — sans être soumis à des contraintes de marché. Les autorités européennes de réglementation semblent avoir vu leur rôle comme étant d'appuyer les champions nationaux plutôt que de modérer les excès.

Nous connaissons tous le résultat : une crise financière qui a balayé l'épargne des particuliers et laissé les gouvernements de partout dans le monde lourdement endettés. Elle a aussi détruit une grande partie de la confiance du public envers les gouvernements et le secteur financier.

Durant les premiers stades de la crise, la réaction des gouvernements, principalement menés par leurs banques centrales, a été ferme et bien orientée.

La réponse immédiate de Washington à la faiblesse de ses banques a été impressionnante. Les tests de tension et les programmes de restructuration du capital ont considérablement restauré la confiance des marchés envers le système financier. En faisant preuve de fermeté et de transparence, les États-Unis ont su tirer parti de leur important système de marchés des capitaux afin de recapitaliser rapidement leurs banques. L'Europe serait en meilleure posture aujourd'hui si elle avait fait de même.

Quoi qu'il en soit, nous avons été confrontés à une récession de laquelle on ne peut espérer qu'une lente reprise. L'Histoire a montré qu'il n'y a aucun remède miracle pour traiter ce genre de problème. Il faut du temps pour récupérer. Et il y aura nécessairement des hauts et des bas.

Le déséquilibre mondial demeure. La Chine manifeste une certaine volonté d'apprécier sa monnaie, mais seulement lentement. Cette situation déplace le fardeau des ajustements vers les États-Unis. Compte tenu de l'ampleur des changements nécessaires, il faudra du temps.

Les choses semblent s'être améliorées comparativement à il y a six mois, mais il n'est pas certain que les paramètres fondamentaux aient changé.

L'injection de liquidités par la Banque centrale européenne a apaisé la crise de la dette souveraine, mais on n'a fait que repousser plus loin le risque extrême. La moitié de la zone euro est en récession, et la croissance est anémique sur le reste du continent. Les gouvernements éprouveront encore plus de difficultés à résoudre leurs problèmes budgétaires en raison de la faiblesse de la croissance. Plus récemment, alors même que la situation en Grèce paraît s'améliorer, voilà qu'une suite redoutable semble se préparer en Espagne.

Résultat : l'euro est sans doute un concept imparfait, mais le démonter est extrêmement complexe. Il faut corriger les déséquilibres régionaux sans dévaluations, ce qui est très difficile à faire.

Qui plus est, l'austérité actuelle – bien que nécessaire pour s'attaquer aux problèmes de dette souveraine – risque, en l'absence d'autres mesures, de confiner l'Europe à une longue période de croissance faible.

La situation semble plus encourageante en Amérique du Nord.

Les États-Unis ont survécu à une importante révision à la baisse de leur cote de crédit l'été dernier et aux débats houleux concernant le relèvement du plafond d'endettement. L'économie est sur la voie du redressement; le secteur privé crée de l'emploi, et les consommateurs et les entreprises reprennent confiance. Et tandis que les prix des maisons continuent de baisser, certains indicateurs suggèrent qu'ils atteindront bientôt leur prix le plus bas. Tout cela est très encourageant et souligne l'incroyable résilience de l'économie américaine.

Mais la Réserve fédérale prévoit toujours maintenir ses taux bas jusqu'en 2014, ce qui vous donne une indication de la capacité excédentaire qu'elle voit dans l'économie. Et l'arrivée à échéance d'une série d'incitatifs fiscaux en 2013 devrait porter un dur coup à la croissance du PIB, à moins que la politique ne devienne plus constructive, ce qui paraît peu probable en année d'élection.

Principal partenaire commercial des États-Unis, le Canada a obtenu un excellent rapport sur l'emploi en mars. C'est une bonne nouvelle pour ce qui est des revenus. Toutefois, les niveaux d'endettement des ménages ont atteint des niveaux record.

Bien qu'il n'y ait pas, selon nous, de véritable bulle immobilière au Canada, nous nous attendons à un ralentissement de la croissance du crédit. Cela contribuera à la santé à long terme de l'économie canadienne, mais exercera des pressions à la baisse sur la consommation des ménages au cours des prochaines années. Si l'on ajoute à ce contexte la vigueur du dollar canadien, la croissance au Canada sera similaire à celle qu'on observera aux États-Unis.

Si nous mettons tout cela ensemble, qu'est-ce que cela donne?

Nous ne prévoyons pas une reprise éclair, mais nous pouvons toutefois espérer une reprise stable et durable, ainsi que des réformes structurelles échelonnées afin de traiter les importants problèmes sous-jacents.

Cet environnement, bien qu'il n'offre pas un scénario parfait, permettra aux entreprises bien dirigées, y compris les institutions financières, de continuer de tirer leur épingle du jeu.

La crise financière a certainement été le catalyseur de la réforme. De toute évidence, personne ne veut voir le système s'effondrer une autre fois.

Nous avons accompli d'importants progrès dans la construction d'un système financier plus solide et plus sûr.

Mais une tension considérable subsiste entre les dirigeants des banques et les décideurs quant à savoir si nous avons adopté la bonne combinaison de politiques.

Pour atteindre un objectif commun, il faut trouver un terrain d'entente.

J'aimerais proposer trois principes de base sur lesquels nous pourrons, je l'espère, nous entendre, pour aider à modeler la réforme future.

Premièrement, les gouvernements ne devraient jamais avoir à renflouer une banque ou un autre acteur du secteur financier.

Deuxièmement, les banques devraient appuyer de façon proactive le principe de la réforme et suggérer des moyens plus efficaces de la mettre en œuvre.

Et troisièmement, les dirigeants des banques devraient promouvoir dans leur secteur un retour à ce que j'appelle les services bancaires plus traditionnels, qui favorisent la croissance de leur pays et de leurs collectivités.

Voyons de plus près le premier principe. Les banques doivent disposer d'une structure du capital qui fait en sorte que les contribuables et les déposants n'aient pas à payer la note si la banque sombre. C'est justement dans ce but que le système capitaliste a été conçu : laisser les actionnaires et les détenteurs d'obligations assumer les risques et les avantages de l'entreprise privée.

La bonne nouvelle c'est que les principaux pays se sont entendus sur un nouvel ensemble de règles afin de renforcer les exigences en matière de fonds propres et de liquidités.

Appelées « Bâle III », ces règles plus rigoureuses permettront d'éliminer une grande partie des jeux de spéculation auxquels se livrent les divisions des valeurs mobilières des banques.

Le président Bernanke a décrit ces règles comme étant « essentielles » à la stabilité du système financier. Je suis d'accord.

Même si nous aurions préféré plusieurs petits changements, la TD appuie, dans l'ensemble, ces exigences. En fait, nous les respectons déjà.

Malheureusement, il y a des dirigeants de banques qui souhaitent réduire ces exigences ou les assouplir davantage. Ils voient ces réformes comme une menace à leur modèle d'affaires actuel.

Je dirais que cela correspond tout à fait à l'objectif que nous souhaitons atteindre. Il y avait trop d'activités sans valeur ajoutée dans le système bancaire.

Dans la mesure où les règles du jeu sont équitables, et par là j'entends des normes communes quant à la qualité et au niveau des fonds propres, ces nouveaux niveaux de fonds propres devraient entraîner un changement dans les modèles d'affaires ainsi que des modifications de tarification afin que les produits correspondent à leurs coûts réels.

Je comprends les gens qui se demandent si le système offrira vraiment des règles équitables. C'est à cela que nous devrions accorder notre attention, plutôt que de vouloir réduire les exigences. Et je suis heureux de constater que le Conseil de stabilité financière se penche sur la question essentielle de la cohérence de la mise en œuvre.

Selon moi, le refus des exigences de Bâle III soulève également un problème encore plus grand : cela incite les autorités de réglementation à protéger le système en ayant recours à davantage de règles. Leurs efforts dans ce sens sont en outre stimulés par le sentiment populiste qui souhaiterait une microgestion du secteur bancaire.

Cela a étendu la portée des réformes bien au-delà des questions fondamentales, mais cela a aussi renforcé le système américain basé sur la réglementation : un système qui privilégie le processus aux principes.

Les institutions bancaires et les autorités de réglementation sont de plus en plus encouragées à cocher des cases – à respecter des exigences – plutôt qu'à déterminer ce qu'elles devraient faire pour renforcer le système financier.

Ce qui est préoccupant, c'est l'atmosphère qui est ainsi créée.

Dans les faits, les institutions bancaires ont les coudées franches pour faire ce qu'il faut, en raison de règles normatives détaillées. Les entreprises se préoccupent de plus en plus de se conformer à la nouvelle réglementation. Tant que vous respectez les règles, ça va. Mais si vous respectez les règles, mais que ce que vous faites n'est pas approprié? C'est le critère déterminant qui devrait nous guider.

Ces changements augmentent également le risque en mobilisant de l'énergie qui pourrait être utilisée pour traiter les questions qui comptent vraiment pour la protection des consommateurs.

Par exemple, les conseils d'administration devraient poser des questions sur les stratégies et les véritables risques que courent les entreprises. Au lieu de ça, ils s'enlisent dans les formalités de conformité aux exigences.

Grâce à l'adoption de Bâle III, le gouvernement sera assuré de ne plus jamais être exposé à des risques inutiles. Avec le temps, cela devrait encourager les législateurs à prendre du recul et à séparer le bon grain de l'ivraie en matière de réglementation : c'est-à-dire à rendre le système bancaire plus efficace et plus efficient.

Cela comprendrait une meilleure coordination entre les organismes américains et les autres organismes internationaux et moins de concurrence entre les organismes américains. La crise financière a clairement montré que la mondialisation n'était plus un concept, mais une réalité. Il importe plus que jamais de considérer le système financier dans son ensemble. La concurrence entre organismes de réglementation – que ce soit aux États-Unis ou entre organismes de réglementation nationaux – n'est dans l'intérêt de personne.

Pour les consommateurs, il y a une autre raison de s'inquiéter de la direction de la réforme bancaire.

Si le Congrès continue d'adopter des lois populistes qui réduisent les frais que les banques peuvent imputer ou qui augmentent leurs coûts, les banques chercheront, avec le temps, d'autres moyens de remplacer ces bénéfices perdus pour leurs actionnaires. Encore une fois, c'est dans ce but que le système capitaliste a été conçu.

La plupart du temps, ce sont les consommateurs qui sont touchés de plein fouet par les microréglementations et qui se retrouvent avec des coûts et frais plus élevés à payer. Nous connaissons tous des exemples de ce genre.

Mais l'augmentation des coûts au consommateur est-elle le prix que nous devons payer pour un système financier plus fort et plus sûr?

Absolument pas.

Il n'y a aucune preuve qu'un système de réglementation normatif comme celui que l'on retrouve aux États-Unis est plus sûr que tout autre système.

Comparez le système américain au système canadien. Les organismes de réglementation canadiens utilisent une approche fondée sur les risques qui s'accompagne d'un ensemble de principes. Ils imposent des règles strictes en matière de fonds propres et de prêts hypothécaires. Les banques détiennent des prêts hypothécaires dans leur bilan, ce qui veut dire qu'elles assument des risques.

L'approche fondée sur les principes crée un contexte dans lequel les dirigeants des banques comprennent leur rôle, qui est de protéger les intérêts à long terme de leurs institutions, de leurs clients, de leurs employés et de leurs actionnaires. Il n'y a pas d'excuses. Si vous mettez une banque dans le pétrin, vous ne pouvez pas prétendre que vous avez suivi les règles. Le mérite en revient en bonne partie à Julie Dickson, surintendante des institutions financières au Canada, qui a mis ce modèle à l'avant-plan au Canada et ailleurs dans le monde.

Le système canadien n'est pas parfait. Pendant les années qui ont précédé la crise et celles pendant lesquelles elle a sévi, les banquiers et les organismes de réglementation ont commis des erreurs, raté des occasions et subi des revers. Mais c'est ainsi que fonctionne une réglementation fondée sur les principes; les joueurs ont la marge de manœuvre nécessaire pour évaluer les risques, mais ils peuvent aussi commettre des erreurs. Cependant, si les règles sur les fonds propres et les liquidités sont établies convenablement (et celles de Bâle II le sont), les pertes subies en raison de ces erreurs ne seront pas assez importantes pour ébranler les banques ou le système.

En effet, le Canada a traversé la tempête mondiale dans de meilleures conditions que la plupart des autres pays occidentaux, et ce, sans règles normatives.

Ironiquement, les organismes de réglementation canadiens subissent maintenant des pressions pour changer leur modèle, et les autorités réglementaires de partout dans le monde cherchent des moyens de s'assurer que les règles du jeu sont équitables pour tous au sein du système bancaire mondial. Du coup, les projecteurs sont maintenant braqués sur des systèmes comme celui du Canada, qui n'impose pas de règles normatives détaillées sur la façon dont les banques doivent mener leurs affaires.

Nous sommes sûrs que notre surintendante des institutions financières saura résister à ces pressions.

Voyons maintenant le deuxième principe, qui consiste à appuyer des changements efficaces qui forcent les institutions bancaires à prendre les bonnes décisions.

Les institutions bancaires devraient reconnaître et soutenir certains des principes qui sous-tendent les changements proposés, et suggérer des moyens plus efficaces pour les mettre en œuvre. Il s'agit d'être pratique plutôt que dogmatique.

Prenons la règle Volcker. L'argument central de cette règle selon lequel plusieurs dans le secteur se sont égarés en chemin est tout à fait juste. Alors que bon nombre de grandes banques aux États-Unis s'en sont tenues à leur mandat, nombreuses sont celles qui ne l'ont pas fait. Elles ont plutôt commencé à considérer les clients comme des contreparties ayant une attitude d'acheteur averti.

Malheureusement, les organismes de réglementation sont allés trop loin en rédigeant les règlements visant la mise en œuvre de la règle Volcker, transformant un simple principe en un labyrinthe législatif. La Réserve fédérale a heureusement réagi aux nombreux commentaires qu'elle a reçus en reportant la date de sa mise en œuvre.

En revanche, l'esprit de la règle est juste. Les banques ne devraient pas être des fonds spéculatifs. Leur rôle devrait consister à prendre des mesures qui ajoutent de la valeur à l'économie. Elles ne devraient pas placer le contribuable dans une situation à risque. Si vous souhaitez spéculer, faites-le dans une institution où chacun sera prêt à accepter un éventuel effondrement et à laisser l'actionnaire et les créanciers en payer le prix. Ne devenez pas une banque.

Mais il n'est pas nécessaire de disposer d'un nombre infini de pages de réglementation pour effectuer ce changement.

Comme je l'ai mentionné plus tôt, les nouvelles règles de Bâle III permettront de ramener plusieurs de ces activités à l'extérieur des banques.

Les institutions bancaires devraient regarder les domaines d'activité qui ont survécu à Bâle III, et demander aux organismes de réglementation lesquels les préoccupent sur le plan de la sécurité et de la stabilité, puis commencer à travailler ensemble à apaiser leurs préoccupations. Nous ne devrions pas essayer d'atteindre la perfection. Ce que nous voulons, c'est réduire la spéculation dans nos activités – le fait de parier contre les clients ou la concurrence – et nous concentrer sur l'aide à apporter à nos clients.

Le succès repose dans l'établissement de partenariats de travail productifs entre le secteur et ses organismes de réglementation, permettant aux deux parties de s'entendre sur ce qui doit être fait et sur la manière la moins intrusive de le faire.

Le troisième principe invite les institutions bancaires à ramener le secteur à un système bancaire plus traditionnel.

Il s'agit de services bancaires centrés sur les clients, la satisfaction de leurs besoins et l'établissement de relations durables. On y retrouve toute la gamme de services, des services bancaires personnels et commerciaux aux services aux petites entreprises, en passant par la gestion de patrimoine et les services bancaires aux grandes entreprises.

Cela favorise la grande tradition des divisions des valeurs mobilières des banques, qui aident les entreprises à croître en réalisant des acquisitions et en mobilisant du financement.

Effectivement, être une banque traditionnelle est au cœur de la stratégie de la TD.

Nous considérons nos clients comme des partenaires à long terme. Si nous veillons à leurs intérêts, la TD se portera bien à long terme.

Tout le monde ne partage pas ce point de vue. De nombreuses banques adorent être à votre service lorsque vous n'avez pas besoin d'elles. Mais elles ne veulent plus servir vos intérêts lorsque vous êtes dans le pétrin.

Nous voyons les choses autrement.

Tout au long de la crise et du ralentissement économique, la TD était la seule des dix grandes banques aux États-Unis à augmenter ses prêts, trimestre après trimestre. De bonnes affaires entraînent de bons partenariats, ce qui est bon pour l'économie.

Nous prenons uniquement des risques que nous comprenons et pouvons gérer. Nous affrontons la concurrence non pas en prenant des risques, mais en les gérant. Cela veut dire que nous évitons les gros effondrements et que nous pouvons être forts quand c'est nécessaire.

Bien avant la crise financière, nous avons adopté des principes clés qui sont simples.

Si quelque chose semble trop beau pour être vrai, c'est qu'il y a probablement anguille sous roche. Nous nous méfions de ce genre d'occasions et préférons les laisser passer.

Pour cette raison, nous n'accordons pas de prêts inadéquats durant les périodes fastes afin de pouvoir consentir des prêts appropriés quand les temps sont durs.

Pour appliquer cette méthode disciplinée, nous avons dû prendre des décisions difficiles. Comme de refuser de consentir des prêts hypothécaires à risque aux États-Unis.

La plupart de ces décisions signifiaient l'abandon de profits à court terme. Mais nous étions convaincus que c'était la bonne chose à faire pour nous, pour nos clients et pour nos actionnaires.

Ainsi, nous avons pu éviter les pertes que les autres banques ont subies, ce qui nous a permis de connaître une croissance rapide et de nous approprier une part rentable du marché.

Nous avons également travaillé d'arrache-pied à établir notre réputation en tant que banque américaine la plus pratique.

Cela signifie livrer concurrence à l'égard du service. Nos heures d'ouverture sont plus longues que celles de nos concurrents dans l'ensemble de nos marchés. Nous offrons des services bancaires 7 jours sur 7.

Nous sommes constamment à l'affût d'emplacements plus commodes. Alors que d'autres banques réduisaient leur présence l'an dernier, nous avons ouvert 37 succursales aux États-Unis. Et nous prévoyons en ouvrir autant cette année.

Être « pratique » veut également dire faciliter la vie à nos clients. Prenez les frais. Beaucoup de banques pratiquent des politiques de communication des frais compliquées, obligeant les clients à tenter de s'y retrouver dans des centaines de pages truffées de jargon juridique. Nous utilisons le formulaire d'une page recommandé par le Pew Charitable Trust, qui est simple à lire et à comprendre.

Finalement, nous savons que notre succès à long terme dépend du bien-être de ceux qui nous entourent.

C'est pourquoi nous avons fait des déclarations de principes sur la diversité et l'égalité des chances au sein de la société américaine. Pour la troisième année d'affilée, la Human Rights Campaign Foundation reconnaît la TD comme l'un des meilleurs milieux de travail pour les gais, lesbiennes, bisexuels et transgenres.

Nous investissons des millions de dollars dans des programmes de logement abordable.

Près d'un million d'étudiants américains ont bénéficié de notre programme d'initiation aux finances, qui est mené par nos employés.

Au Massachusetts, la TD Charitable Foundation a remis près de 1,5 million de dollars en subventions l'an dernier.

Et, dans le cadre de nos efforts pour reverdir les centres urbains, les employés organisent des journées de plantation d'arbres afin de rendre les collectivités de Boston plus accueillantes.

Cela s'inscrit dans notre engagement plus vaste d'être un chef de file dans le domaine de l'environnement. Nous avons été la première grande banque en Amérique du Nord neutre en carbone, et nous lançons maintenant une importante initiative visant à réduire notre consommation de papier et à protéger les forêts.

En fin de compte, les services bancaires traditionnels consistent à créer richesse et prospérité pour nos clients et nos collectivités.

Permettez-moi de conclure.

L'économie mondiale semble s'être améliorée depuis l'été dernier. Cela est particulièrement vrai en Amérique du Nord. Mais des défis fondamentaux demeurent. Nous ne pouvons nous attendre à ce que cette reprise libère la demande accumulée des consommateurs. La reprise semble s'être amorcée, mais elle progresse lentement et pourrait effectuer quelques arrêts et redémarrages en cours de route.

Un système bancaire solide est essentiel à la reprise et à nos perspectives à long terme.

L'Amérique a la possibilité de bâtir un meilleur système bancaire. Les banques devraient maintenir un niveau suffisant de fonds propres et de liquidités, afin de ne plus jamais avoir à dépendre du gouvernement si une nouvelle crise se produisait.

Les Américains ont besoin d'un cadre de réglementation efficient et efficace qui force les institutions bancaires à poser les bons gestes. Les microréglementations ont un effet corrosif sur le système. Les consommateurs paient davantage. Les banques sont forcées de consacrer plus de ressources dans des secteurs qui ne rendent pas nécessairement leurs institutions plus sûres. Nous pouvons réduire à la fois le risque et les formalités administratives.

Les banques devraient se concentrer sur des activités qui aident les gens à épargner, à investir, à acheter des propriétés et des voitures, et aider les entreprises à faire de l'argent, à faire des acquisitions et à croître.

Pour cela, il faut que les perspectives changent et que les positions soient reconsidérées.

Ce n'est pas une mince tâche.

Mais les États-Unis ont toujours su relever les défis difficiles. Cela fait partie de la formule gagnante de ce pays.

Et c'est pourquoi je suis optimiste, et je pense que nous trouverons un terrain d'entente qui nous permettra d'atteindre notre objectif commun. En fait, nous devons le faire pour le bien du secteur, et, plus important encore, pour le bien du pays.

La TD éprouve une confiance profonde à l'égard de l'Amérique.

Certes, le ralentissement a été pénible. Certes, la reprise sera longue. Mais l'Amérique se relèvera. Elle restera l'économie la plus importante du monde.

Pourquoi l'Amérique est-elle si exceptionnelle? Parce que c'est une Amérique qui invente, qui innove et qui bâtit. Une Amérique qui rêve de lendemains meilleurs pour ses familles et vos collectivités.

L'avenir de notre banque est lié à cette énergie et à cet esprit, et nous en sommes fiers.

Nous allons continuer d'investir en Amérique, de rester près des Américains, de créer de la vraie valeur dans la plus grande économie du monde.

Merci.

 

Image de la haute direction Ed Clark
Ed Clark
Président du Groupe et chef de la direction
Groupe Banque TD

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