En prouvant que ses détracteurs avaient tort, Lise Watier a construit un empire

Peter Kenter.
Postmedia Content Works

Pour Lise Watier, la grande dame des cosmétiques, la volonté de bien faire les choses en tant qu’entrepreneur est souvent venue d’un simple désir de prouver à ses détracteurs qu’ils avaient tort. Elle a fondé un empire des cosmétiques en 1972 et la marque continue de compter aujourd’hui parmi les plus prospères au Canada.

Madame Watier grandit dans une maison modeste du quartier Hochelaga-Maisonneuve à Montréal. Elle fréquente une école catholique où les sœurs qui y enseignent encouragent les élèves à devenir médecins, notaires ou avocates.

« Le mot “entrepreneur” n’existait pas, se souvient-elle. Il n’y avait pas de formation pour les jeunes femmes ou les jeunes hommes qui souhaitaient fonder leur propre entreprise. »

Mais ses camarades de classe la déçoivent en la décourageant de compter parmi les premières de classe.

« Mon grand-père a alors prononcé une phrase qui m’a profondément marquée, se rappelle-t-elle. Il m’a dit : Lise, il te suffit de leur prouver qu’ils ont tort. »

« Prouver aux autres qu’ils ont tort. C’est ce qui m’a inspiré toute ma vie. »

Lise Watier commence sa carrière à la télévision. Puis, elle ouvre un institut pour femmes et jeunes filles dont la mission est d’offrir des cours visant à améliorer leur confiance en soi et leur bien-être.

« Une partie du programme consistait en un cours de maquillage, mais aucune marque de cosmétiques ne me satisfaisait, se souvient-elle. Je recevais le fond de teint d’une certaine marque, le rouge à lèvres d’une autre et le mascara d’une troisième. J’ai alors voulu créer une ligne de produits de qualité qui pourrait répondre à tous mes besoins. »

Lise Watier effectue une étude de marché préliminaire. Mais ses résultats révèlent clairement qu’un produit cosmétique fabriqué au Québec est inévitablement voué à l’échec.

« J’aurais pu me décourager, mais au lieu de cela, je voulais prouver à tous qu’ils avaient tort », commente-t-elle.

Elle propose alors sa nouvelle ligne de cosmétiques aux grands magasins de l’époque — Eaton, La Baie d’Hudson, Simpsons, Dupuis Frères — et s’en voit refuser l’entrée. Cependant, une succursale de Sears située à Québec lui ouvre ses portes et lui donne une chance.

« Grâce à cette ouverture, nous avons pu rentrer dans tous les magasins Sears, raconte-t-elle. Deux ans plus tard, nous étions à La Baie d’Hudson et chez Eaton et Simpsons. Durant les 45 dernières années, nous sommes devenues la première marque de cosmétiques au Québec et la troisième au Canada. De nombreuses personnes voulaient me mettre des bâtons dans les roues, mais je leur ai prouvé qu’elles avaient tort, grâce au soutien de cet acheteur chez Sears et aussi, grâce à ma propre détermination. »

Mais en 1990, l’entreprise subit un sérieux revers. Un incendie détruit tous les locaux et les stocks. Trop déterminée pour baisser les bras, Lise Watier fait un rêve qui lui donne l’idée de lancer un parfum nommé Neiges.

Mais personne n’aime ce nom. Ni sa famille ni ses associés. Elle le lance quand même. Et leur prouve qu’ils ont tort.

« Neiges a été le lancement de parfum le plus réussi au Canada », déclare-t-elle.

Madame Watier croit également au pouvoir du hasard.

« La vie est pleine de coïncidences et nous devons apprendre à y prêter attention, ajoute-t-elle. En tant qu’entrepreneur, ne manquez jamais ces moments-là. Gardez les yeux et les oreilles grands ouverts.

Ainsi, une réunion avec son fournisseur d’huile de parfum en 1996 conduit à la visite du joueur de hockey de renom, Vladislav Tretiak. De fil en aiguille, celle-ci mène à son tour à un centre commercial situé à Brossard, au Québec. Là, elle est sollicitée pour présenter Neiges à une exposition de produits à Paris, “Noël au Canada”, puis à participer à l’édition du printemps de la Semaine de la mode à Paris.

À Paris, Dominique Mandonnaud, fondateur de l’empire de cosmétiques Sephora, remarque alors ses produits.

« Il voulait que mes parfums soient distribués dans ses magasins Sephora, se souvient-elle. Mais à la seule condition que je laisse tomber la Semaine de la mode et que je lui offre l’exclusivité. Nous sommes allés dans tous les magasins Sephora en Europe et nous avons ouvert un magasin parisien. Et tout ceci était bel et bien la résultante d’une série d’événements qui ont commencé par une simple réunion avec mon fournisseur d’huile de parfum. »

En tant que femme entrepreneure, Madame Watier est reconnue pour avoir ouvert des portes qui étaient auparavant fermées.

« Les gens disent que je suis une pionnière et c’est flatteur, mais beaucoup de femmes ont ouvert des portes dans d’autres domaines, dit-elle. Il existe maintenant d’innombrables occasions pour les entrepreneurs et les portes ne sont plus fermées aux femmes. »

L’entrepreneure a trouvé une nouvelle vocation depuis qu’elle a pris sa retraite de son entreprise en 2009. Elle dirige aujourd’hui la Fondation Lise Watier, dont la mission est d’aider les femmes qui sont dans le besoin à développer leur plein potentiel grâce à l’entrepreneuriat et l’autonomie financière.

«En motivant une femme à prendre en main cet aspect de sa vie et à entreprendre un projet qui lui permet de sortir de la pauvreté, nous n’aidons pas qu’une seule personne, conclut-elle. Nous aidons aussi ses enfants et la société en général. Leur donner des ailes permet d’aider tout le monde. »

Lise Watier était présente à Montréal le 18 octobre à un événement présenté par la TD en l’honneur du mois de la petite entreprise.

Cette histoire a été créée par Content Works, la division de contenu commercial de Postmedia, pour le compte de la TD.



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