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Leadership éclairé

2007


"Allocution d'ouverture, congrès sur le leadership des femmes 2007 (Women in Leadership Conference), Schulich School of Business"

Allocution prononcée à l’occasion du congrès sur le leadership des femmes (Women in Leadership Conference) tenu à la Schulich School of Business en 2007, à Toronto
9 mars 2007
Écrit par Colleen Johnston.

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Bonjour! C’est un vrai plaisir que d’être parmi vous ce matin. Je suis tout à fait heureuse d’être de retour dans le campus de l’Université York, et particulièrement ici même, dans les locaux de la Schulich School of Business, de réputation mondiale. Difficile à croire, mais j’ai reçu mon diplôme voilà 25 ans à l’école de gestion de l’Université York… Je ressens donc une certaine nostalgie et bien des émotions à l’idée d’être revenue ici. Je suis soulagée d’avoir fait mes études à cette époque, car je ne suis pas convaincue que je parviendrais aujourd’hui à être admise à Schulich, en raison des normes extrêmement rigoureuses qu’applique cette école!

Comme vous l’avez compris, je suis aujourd’hui chef des finances de La Banque TD; j’ai rallié l’équipe de la Banque en 2004. En fait, j’avais déjà travaillé pour La Banque TD. Mon premier contact avec l’institution remonte à 33 ans : j’avais 15 ans. Nous étions en semaine de relâche, au mois de mars, et, avec mes amies, nous avions décidé de travailler comme adjointe administrative pendant quelques jours. Dans l’ascenseur, un homme nous a demandé où nous allions. Nous avons répondu : « À l’agence de placement en secrétariat temporaire… » Il a rétorqué sèchement : « Vous n’êtes pas un peu jeunes pour travailler, non? » Inquiètes, nous n’avons pas hésité une seconde : nous nous sommes précipitées aux toilettes, avons modifié notre coiffure et rectifié notre maquillage, puis sommes sorties des lieux la tête haute pour passer les tests et remplir les demandes. C’est ainsi que j’ai obtenu un emploi temporaire d’une semaine dans une succursale TD comme dactylo. J’aurais aimé pouvoir vous dire en toute honnêteté que c’est une expérience que je n’oublierai jamais… Mais pour dire le vrai, ce dont je me souviens surtout, c’est de mon salaire hebdomadaire, qui s’élevait à 99 $! Une véritable fortune…

Trente-trois ans se sont écoulés et demain je partirai en vacances pour la relâche de mars. Eh oui, il m’arrive de partir en vacances. En fait, je prends cinq semaines complètes par année, ce qui fait de moi un meilleur cadre, j’en suis convaincue. Cela dit, ces congés en particulier correspondent également à une grande étape, pour mon mari et moi. C’est la dernière relâche scolaire de mars de la famille au complet, car ma fille aînée part pour l’université l’an prochain. J’ai deux filles adolescentes, de 14 et de 17 ans. J’ai donc l’intention de bien savourer ces quelques jours en famille.

Revenons à l’histoire abrégée de ma vie. Je dois vous dire que quand j’étais petite, j’étais déjà convaincue que je ferais carrière en affaires. Mais mon imagination ne s’arrêtait pas là. Je me disais que j’irais au centre-ville tous les jours pour le travail, mais que je commencerais par passer chez le coiffeur pour ma mise en plis; à l’époque, les coiffures étaient structurées et complexes. Mais j’ai dû m’incliner devant la réalité et je passe aujourd’hui moins d’une minute à me sécher les cheveux… Nous y reviendrons, quand nous discuterons des choix.

Je vous donne un aperçu rapide des événements de ma vie, entre mes journées comme étudiante à York et ma vie d’aujourd’hui. En 1981, j’ai fait un stage d’été à Price Waterhouse et, après avoir reçu mon diplôme en comptabilité, en 1982, j’y ai été embauchée à temps plein. J’ai réussi mes examens de comptable agréée. Je suivais ainsi les traces de mon père et vous comprendrez ma très grande fierté lorsque, l’automne dernier, il m’a accompagnée quand j’ai reçu mon titre de FCA. C’est un honneur considérable.

J’ai travaillé pour Price Waterhouse pendant trois ans. Je considère qu’en quittant cet employeur, j’ai commis une erreur. J’ai choisi un poste ailleurs pour des raisons qui semblaient tout à fait valables et, quand je pensais au « pour » et au « contre », j’étais convaincue de faire un choix avisé. Toutefois, j’avais certaines hésitations quant à l’équipe et à la culture. Quelle erreur! Je n’y suis pas restée longtemps. Heureusement, c’est une faute que je n’ai commise qu’une seule fois. C’est qu’à bien des égards, tout dépend en fait de l’équipe avec qui vous allez travailler. Voilà des années, au cours d’une entrevue d’emploi avec un cadre très haut placé, j’ai dû expliquer ce qui comptait le plus pour moi dans mon parcours professionnel… J’ai affirmé que je souhaitais accomplir un travail qui aurait des répercussions concrètes et que j’aimais collaborer avec des gens sympathiques; j’ai eu l’impression de donner une réponse mal choisie, mais mon interlocuteur m’a surprise en répondant : « Moi aussi! » J’ai par la suite établi des liens d’exception avec ce cadre supérieur, qui reste encore aujourd’hui un modèle et un véritable ami pour moi.

Sautons quelques années… Depuis cette époque, j’ai toujours travaillé dans le secteur bancaire ainsi que financier.

J’imagine que nombre d’entre vous espèrent peut-être obtenir des perspectives et des conseils pratiques tirés de mes commentaires d’aujourd’hui. Vers qui me suis-je tournée quand j’ai reçu mon diplôme universitaire, voilà vingt-cinq ans? Quels étaient mes sentiments à titre de femme désireuse de réussir dans la vie? Bien souvent, à titre de femmes gestionnaires, on nous demande aussi d’évoquer les sacrifices et les obstacles que nous avons affrontés.

En fait, quand j’ai reçu mon diplôme universitaire, il y a vingt-cinq ans, je me sentais emplie de confiance quant aux perspectives d’avenir des femmes dans le milieu des affaires. Pourquoi? Simplement parce qu’un nombre record de femmes obtenaient leur diplôme en gestion et diverses professions, tout comme aujourd’hui. Je savais qu’il nous fallait franchir de nouvelles frontières. Toutefois, c’est en 1986, voilà plus de vingt ans, que l’expression « plafond de verre » a été créée. On constatait l’existence d’obstacles culturels et systémiques nuisant à l’avancement des femmes. En toute franchise, même si des progrès considérables ont été réalisés au cours des vingt dernières années, les changements n’ont pas forcément été à la hauteur de mes attentes à ce moment-là. Encore aujourd’hui, nous parlons de ce plafond de verre. Je ne sais pas pourquoi les progrès ont été plus lents que prévu. Je peux toutefois vous affirmer que les organisations se concentrent plus que jamais sur la diversité.

Mais pourquoi? C’est tout simplement parce que les entreprises n’ont pas le choix. Les employeurs se disputent les candidats les plus talentueux et il serait bien trop coûteux de faire abstraction de groupes entiers de postulants doués. Selon un rapport Catalyst de 2004, les sociétés qui possèdent le taux le plus élevé de femmes dans l’équipe de haute direction obtiennent de meilleurs résultats financiers que celles dont le pourcentage d’effectifs féminins est moins fort. Pour un chef des finances d’une grande organisation, voilà déjà un argument des plus convaincants.

Quels sont les conseils dont j’ai bénéficié en début de carrière? Il n’y avait guère de femmes occupant des postes de très haute responsabilité. En revanche, on pouvait se procurer des ouvrages de croissance personnelle. L’un de mes livres préférés suggérait de penser comme un homme, d’agir comme une dame… mais de travailler comme une forcenée! Et que dire la série sur le thème « S’habiller pour réussir »… En résumé, les femmes devaient se vêtir le plus possible comme des hommes en privilégiant les tons les plus sombres. Pendant mes premières excursions dans les magasins pour monter ma garde-robe professionnelle, j’ai fait l’acquisition d’un sévère tailleur gris. Ainsi fagotée, j’avais le teint blême. J’ai bien vite dû le mettre au rancart. Quelques années plus tard, je devais passer une entrevue d’importance; j’ai sans hésité enfilé un ravissant tailleur rouge vif et je respirais l’enthousiasme. On dit qu’un homme qui veut obtenir quelque chose choisit de porter une cravate rouge… Pensez à l’effet d’un tailleur écarlate! J’étais absolument en confiance. Je dois aussi souligner l’importance des personnages qui m’ont servi de mentor. Les meilleurs mentors sont d’ailleurs les anciens patrons.

J’en arrive à mon dernier point : les sacrifices et les obstacles. Quand je parle aux femmes de la Banque, je les invite à se concentrer sur les aspects positifs : quelle chance de pouvoir mener une carrière réussie dans une organisation d’exception! C’est ce dont vous rêvez toutes. Comme femmes, j’ai l’impression que nous avons peut-être davantage tendance à évoquer les sacrifices. Pour moi, c’est un véritable privilège d’être le chef des finances d’une organisation de cette ampleur, qui se classe au quatrième rang en importance des sociétés du Canada, et qui figure parmi les dix principales banques d’Amérique du Nord. J’aimerais beaucoup pouvoir vous dire que j’avais élaboré un plan de route. Mais ce n’est pas le cas. Je dois ma réussite à une combinaison d’aptitudes, de détermination, de personnes ressources et d’occasions favorables! C’est un défi de toujours, qui me remplit d’énergie. Je travaille avec des collaborateurs hors pair, à la Banque et ailleurs. Mais ce que j’apprécie le plus, c’est que j’ai l’occasion d’être un véritable chef de file. On me demande souvent : « Mais comment faites-vous? Vous avez des responsabilités tellement lourdes… » C’est vrai, mais je m’appuie également sur une équipe de plus de 600 personnes, qui m’accordent un soutien indéfectible; ce sont des collaborateurs extrêmement doués, qui ne ménagent guère leurs efforts. Si je réussis, c’est grâce à eux.

En évoluant comme leader, vous serez amenées à adopter des rôles de chef de file d’envergure plus vaste, au sein de l’organisation, touchant toute une gamme de sujets; et l’on vous demandera aussi de prendre en mains certaines responsabilités de leadership dans la collectivité. Voilà quelques années, je me suis renseignée sur la théorie des cercles d’influence et des cercles de préoccupations. En principe, il faut parvenir à maîtriser votre propre secteur d’expertise et, ce faisant, votre cercle d’influence s’élargira pour devenir votre cercle de préoccupations. En fait, vous vous intéresserez à des problématiques situées au-delà de vos frontières bien connues.

Il est tout à fait gratifiant d’adopter un rôle de leader dans la collectivité; de telles responsabilités feront de vous un meilleur cadre et une meilleure personne tout court. J’ai beaucoup apprécié les rôles que j’ai joués comme bénévole, en ayant une influence positive, indépendamment des services bancaires. Apporter mon aide à la collectivité m’a permis de progresser. Car être un leader efficace, c’est aussi faire preuve de générosité et de compassion.

Parlons du leadership. C’est un mot impressionnant. Mais que faut-il vraiment pour être un chef? Je sais que la réponse ne varie pas, que vous soyez un homme ou une femme. De fait, vous n’êtes pas forcément tenues d’avoir le titre de leader pour en être un. En faisant preuve de leadership dans le métier que vous exercez aujourd’hui, vous amènerez vos supérieurs à constater que vous avez les capacités nécessaires pour passer à des mandats de plus en plus importants.

À La Banque TD, nous avons adopté un cadre de leadership comprenant sept attributs. Quelles sont les caractéristiques qui débouchent sur l’embauche, la promotion, voire le renvoi? Ce que j’aime dans ce cadre, c’est que nous avons formulé en langage clair les qualités de leadership. Je voudrais donc vous le présenter.

1. Poser des gestes qui comptent

  • Accomplir les choses.
  • Se concentrer sur ce qui importe.
  • Maîtriser son travail de A à Z et connaître le client.
  • Essayer toujours d’exceller; ne pas accepter un rendement moyen.
  • Fournir des résultats supérieurs à tous les intéressés, à court et à long terme.
  • Assumer la responsabilité de ses propres résultats – Ne pas en blâmer les autres (aucune échappatoire).

2. Bâtir pour l’avenir

  • Être les gardiens/fiduciaires.
  • Quitter l’organisation en la laissant encore plus forte que quand on y est arrivée.
  • Avoir une vision et faire des efforts proactifs pour l’atteindre.
  • Former les leaders de demain.
  • Créer une organisation axée en priorité sur le client.
  • Perfectionner aujourd’hui les compétences organisationnelles dont aura besoin l’organisation demain.
  • Apporter des améliorations continuelles et créer un environnement d’apprentissage.

Je voudrais consacrer quelques minutes à la présentation d’un moment clé dans ma carrière. Vers le milieu des années 1990, j’ai accédé à mon premier poste à la haute direction, comme vice-présidente et chef des finances des activités nationales d’une autre grande banque canadienne. J’avais hérité d’un service où les problèmes ne manquaient pas : le moral des troupes était au plus bas et les relations avec les autres secteurs de l’institution financière laissaient à désirer. J’étais pleine d’idéalisme et je me suis dit : « Ce qu’il nous faut, c’est une vision partagée et un esprit d’équipe. » Quelqu’un m’a demandé : « Comment faire pour créer une vision sans disposer d’une perspective générale touchant la Banque? » J’ai répondu : « Nous ne pourrons pas changer la Banque, mais si nous faisons évoluer notre petite partie de l’institution, nous réussirons à amorcer un changement. » Nous avons donc mis sur pied une vision, c’est-à-dire une déclaration faisant intervenir l’excellence dans toutes nos activités, en veillant aux partenariats et au travail d’équipe, et en visant le plus haut niveau de satisfaction des employés possible. Nous n’avons pas hésité à affronter des réalités difficiles et nous avons transmis des sondages détaillés à nos partenaires internes et à notre personnel; la vérité a parfois été difficile à avaler. Nous avons toutefois poursuivi notre chemin en établissant des paramètres de mesure et des objectifs tout à fait clairs, en les liant à notre stratégie. Résultat? Des améliorations remarquables. En quatre ans, nous étions devenus l’un des groupes les plus orientés vers le service, au sein de la Banque. En fait, nous avons remporté cinq prix nationaux du service, une réalisation d’exception. Et n’oubliez pas : nous avions bâti un service des finances qui travaillait avec une immense fierté.

L’un de mes collègues m’a dit : « Vous consacrez beaucoup de temps à cette histoire de vision… Mais comment trouvez-vous le temps de faire votre vrai travail? » Voilà une question intéressante : En quoi consiste le travail du chef de file? S’agit-il de se retrousser les manches et de s’attaquer aux travaux détaillés? Parfois, c’est le cas, puisque le leader est responsable, en dernière analyse. Toutefois, si j’occupe ces fonctions, ce n’est guère parce que je suis la meilleure spécialiste en finances ou la comptable par excellence de La Banque TD, loin de là. Ce que je désire aussi souligner, c’est que, parfois, il importe de prendre des risques dans le cours d’une carrière. Je m’étais lancée dans l’élaboration de la vision avant que la démarche ne soit à la mode; et certains observateurs ont peut-être trouvé que c’était plutôt fantaisiste. Pourtant, c’était une période exaltante pour moi, et la démarche a aussi su passionner mon équipe. Et j’ai ainsi pu comprendre toute la puissance du leadership. Par la suite, je me suis toujours donné pour but d’enrichir mes mandats par une vision, une stratégie et un sens aigu des responsabilités.

Lorsque j’ai déclaré qu’il était impossible de changer la Banque, eh bien, je me trompais. Notre service a fait figure de modèle pour de nombreux autres secteurs, au moment où l’excellence, les partenariats et le travail d’équipe devenaient des thèmes primordiaux dans les organisations de tous les secteurs.

3. Inspirer la volonté de gagner

  • Savoir être évocateur.
  • Vouloir gagner avec passion pour l’organisation.
  • Attirer et fidéliser des personnes talentueuses : C’est toujours la clé de la réussite.
  • Tirer le meilleur des employés et des équipes, dans un climat agréable.
  • Faire preuve de persévérance et de résistance dans les moments difficiles.
  • Reconnaître et récompenser la contribution des autres dans le quotidien et de façon officielle (savoir souligner les efforts des autres ne vous coûte pas grand-chose...).
  • Penser aux autres.

4. Travailler efficacement en équipe. Ce principe est essentiel à l’époque de la spécialisation poussée. Il est impossible de tout savoir sur tous les sujets possibles. Il importe de pouvoir travailler dans des équipes interservices afin d’obtenir davantage d’informations.

  • Vouloir gagner pour l’équipe de La Banque TD.
  • Accomplir des choses en motivant ses partenaires.
  • Utiliser une influence positive, et non le pouvoir, pour obtenir des résultats (vos subordonnés ont compris que vous déteniez le pouvoir; n’en abusez pas...).
  • Avoir confiance en ses partenaires de travail.
  • Savoir collaborer avec des employés différents de soi : Il faut valoriser la diversité et l’inclusivité, pour les femmes, les minorités visibles, les personnes handicapées et le groupe GLBT (personnes gaies, lesbiennes, bisexuelles et transgenres).
  • Savoir instinctivement comme aider l’organisation à obtenir de bons résultats.

5. Être transparent. On constate une corrélation positive entre les chefs de la direction honnêtes et le rendement des actions.

  • Parler ouvertement mais respectueusement, sans rien négliger.
  • Ne pas se mêler de politique interne. Les intrigues politiques sont un pur gaspillage de temps, à mon avis; tenez toujours pour acquis que les autres donnent le meilleur d’eux-mêmes. Soyez authentique, tout en donnant toutefois le meilleur de vous-mêmes.
  • Avoir les pieds sur terre, être digne de foi et sincère, et ne pas se prendre trop au sérieux.
  • Être capable de faire face aux problèmes et de les résoudre à titre personnel.
  • Mettre en évidence les problèmes, les résoudre et en tirer une leçon.
  • Reconnaître ses propres forces et faiblesses.

6. Faire preuve d’un excellent jugement

  • Prendre des décisions pragmatiques en se fondant sur une combinaison d’intelligence, d’expérience et d’ingéniosité.
  • Traiter les situations difficiles de façon équitable, assurée et calme.Faites preuve de rigueur professionnelle pour régler les problèmes; les personnes concernées sont déjà suffisamment perturbées; n’aggravez pas la situation.
  • Prendre des décisions sans tarder, même dans les situations ambiguës évoluant rapidement.
  • Prendre des risques de façon intelligente et prudente.
  • Prendre des décisions qui profitent à La Banque TD et non à sa propre personne.

7. Faire preuve d’une intégrité indéfectible

  • Faire ce qui convient en suivant les normes déontologiques les plus élevées.
  • Faire passer les intérêts de l’organisation avant les siens et ceux de son unité fonctionnelle.
  • Traiter chacun avec respect. La vie est longue, tout comme les parcours professionnels.
  • Agir plutôt que parler.
  • Avoir un comportement exemplaire en public et en privé.
  • Être loyal et responsable à l’égard de La Banque TD.
  • Savoir changer complètement d’orientation, au besoin. À mesure que vous poursuivez votre carrière, votre capacité d’être un leader sera la clé de votre succès.

Je voudrais aussi vous indiquer quelques leçons que j’ai retenues pendant mon parcours professionnel qui pourront peut-être vous être utiles dans votre cheminement.

Apprentissage

1. Il est vrai qu’aujourd’hui, les femmes ont accès à bien davantage d’appuis structurés pour favoriser l’épanouissement professionnel; malgré tout, le chemin n’est pas tout tracé. Votre parcours correspond en réalité à la somme des occasions que vous vous autoriserez à saisir.

2. Ne créez pas des limites ralentissant vos progrès. N’hésitez pas à prendre des risques. Selon certaines études, les femmes sous-estiment fréquemment leurs capacités et ne se portent pas toujours volontaires pour endosser certains mandats.

Voici une anecdote amusante sur ma fille de 14 ans. L’an dernier, à la fin de la huitième année, elle allait obtenir son diplôme d’études secondaires de premier cycle et désirait prononcer le discours d’adieu à la collation des grades. Dans son école, il fallait rédiger le discours à l’avance et passer une audition, en quelque sorte, pour mériter cet honneur. Quel genre d’adolescente était prête à se donner tout ce mal, puis à affronter une foule composée de centaines de personnes, la soirée de la remise des diplômes? Ma fille! La fin de semaine précédant l’audition, nous sommes allées faire des courses pour choisir sa tenue de remise de diplôme. Elle m’a dit : « Maman, je veux être aussi élégante que possible(remarque typiquement féminine!) ce soir-là, car je vais prononcer le discours d’adieu, je le sais. » J’ai répondu : « Il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué… » Nous avons eu d’interminables discussions sur la hauteur de ses talons; elle fait 5 pieds 10 pouces et voulait porter des talons aiguilles de 4 pouces… Nous avons fini par « trancher » en choisissant 3 pouces de hauteur! Le mot de la fin? Elle s’est présentée au concours et a gagné. J’étais on ne peut plus fière, ce soir-là, et elle rayonnait elle aussi. Conclusion? N’hésitez pas à lever la main et à vous proposer : cette stratégie porte fruits.

Parfois, les femmes ne veulent pas avoir l’air de trop insister ou de se vanter; et elles sont plutôt sévères envers elles-mêmes quand elles commettent une erreur. Pourtant, c’est quand on se trompe qu’on apprend. Laissez-vous une certaine marge de manœuvre. On prétend que le grand inventeur Edison a échoué 98 fois de suite dans ses tentatives d’invention de l’ampoule électrique. S’il avait abandonné, nous serions peut-être tous encore dans la noirceur.

Dans les services bancaires au détail, les clients nous disent fréquemment que ce qui compte, ce n’est pas tant l’erreur elle-même que la démarche de redressement, par la suite. À La Banque TD, plus généralement, nous sommes convaincus que l’essentiel, ce sont les leçons que l’on pourra tirer d’une erreur. Si vous ne vous donnez jamais la permission d’échouer, comment faire pour connaître vos limites? Par conséquent, de temps à autre, en commettant une erreur, vous ouvrirez de nouvelles portes.

3. Abordons à présent les choix et la souplesse. La conciliation travail-famille soulève de grandes préoccupations. Selon mon optique, la vie n’est pas une affaire d’équilibre, mais plutôt de choix. On nous laisse entendre à tort qu’il est possible de tout faire et de tout avoir. Selon un article du Toronto Sun, certaines femmes « auraient tout ». C’est faux. Dans l’environnement actuel, où les actionnaires examinent de plus en plus attentivement chaque intervention des dirigeants d’entreprise, et où les attentes de rendement sont de plus en plus rigoureuses, il est devenu impossible – ou presque – de trouver un poste de haute direction où les fonctions sont accomplies entre 9 h et 17 h. Est-ce à dire qu’il faut donc abandonner vos tentatives pour y parvenir? Certainement pas. Si vous aimez votre travail, pourquoi ne pas viser la plus haute marche?

Là où les organisations évoluent, c’est au chapitre de la souplesse, grâce aux nouvelles technologies. La nature du travail a changé. Les obligations familiales, les soins aux aînés, les engagements personnels sont des réalités que j’ai vécues. On me demande souvent si je suis une « super-femme »… Je réponds haut et clair que non. Je dois avouer que je suis absolument consciente de mes propres limites. Je vois beaucoup de femmes qui ont l’impression de devoir viser des idéaux de perfection partout, dans leur métier, comme parent, comme bénévole, à la maison. Il faut se fixer des objectifs prioritaires et faire appel à des ressources externes, au besoin.

Voilà quelques années, dans une annonce télévisée, on voyait une femme impeccable s’avançant élégamment dans une pièce en vantant tel ou tel produit, prétendant qu’elle pouvait fort bien travailler, accomplir toutes ses tâches de cuisine et toujours montrer à son mari qu’il restait l’homme de la famille… Je savais bien que c’était pure fantaisie; et je suis allée jusqu’à écrire une lettre à l’entreprise pour porter plainte.

Voici donc mes conseils. Choisissez les activités qui vous touchent le plus et foncez. Ne laissez pas les définitions des autres diriger vos démarches. C’est votre vie qui compte. Vivez à plein! Et n’hésitez pas à porter un tailleur rouge ; vous déborderez d’énergie!

4. Fixez des objectifs réalistes selon vos capacités.

Les sources de satisfaction varient d’une personne à l’autre et nous avons toutes une contribution particulière à apporter.

5. Enfin : « Réussite professionnelle n’est pas synonyme de réussite personnelle. » J’adore ma carrière. Mais ne laissez pas votre profession vous définir. La mosaïque de la vie est riche. Je suis aussi fille, sœur, épouse, mère, cadre supérieur, amie et bénévole…

Conclusion

Pour conclure, en pensant à ma carrière jusqu’ici, je peux déclarer en toute honnêteté que j’en suis absolument satisfaite.

De grandes occasions se profilent devant vous également. Vous avez le vent en poupe, et ce, plus que toute génération de femmes précédente. Vous changerez la manière dont les entreprises sont gérées, au Canada et dans le monde entier. Vous ferez office de véritables pionnières dans ce domaine. Les femmes comme moi tireront des leçons des nouveaux ponts que vous aurez bâtis et des frontières que vous franchirez. Je suis pleine d’espoir quand je pense à vos réalisations futures et je vous souhaite tout le succès possible. Je vous remercie.

 

Image de la haute direction Colleen Johnston
Colleen Johnston
Chef de groupe, Canaux directs, Technologie et Marketing
Groupe Banque TD

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