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Leadership éclairé

2008


"L'Ontario à l'heure du renouveau économique"

Cet article a été publié le 21 Septembre 2008.
Écrit par Don Drummond.

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Au cours des cinq à dix dernières années, la stratégie à l’origine de la prospérité économique de l’Ontario s’est essoufflée.

Le Pacte de l’auto, qui avait survolté l’industrie de l’automobile, a progressivement perdu de l’importance, jusqu’à ce que l’Organisation mondiale du commerce lui porte un coup fatal en 1999. La congestion des infrastructures et les mesures de sécurité mises en œuvre dans la foulée des attaques terroristes du 11 septembre 2001 ont par ailleurs considérablement entravé l’accès de la province au marché américain.

Le dollar canadien, qui procurait aux exportateurs canadiens des avantages de coût importants, ne recommencera pas de sitôt à fluctuer sous la barre des 80 cents américains. Par ailleurs, les problèmes importants d’approvisionnement en électricité de la province ont obligé les autorités provinciales à sevrer peu à peu les entreprises productrices de leur source d’électricité bon marché.

Parmi les avantages concurrentiels qu’il nous reste, comme notre main-d’œuvre qualifiée et notre système de soins de santé abordable, certains commenceront bientôt à subir le contrecoup du vieillissement de la population, d’un ratio de dépendance croissant et de l’explosion des coûts de la santé.

Pour toutes ces raisons, nos dirigeants doivent absolument proposer une nouvelle vision pour l’économie ontarienne afin de faire reposer notre prospérité sur de nouveaux fondements.

La présence d’une main-d’œuvre novatrice figure parmi ces nouveaux fondements. La province a bougé rapidement en ce domaine, et les effets ne se sont pas fait attendre. Elle a notamment mis en œuvre bon nombre des recommandations qui avaient été formulées en 2004 par un comité d’experts, présidé par l’ancien premier ministre Bob Rae, qui s’était penché sur le système d’études postsecondaires ontarien.

Toutefois, les engagements récents en matière de financement font en sorte que les revenus par étudiant des établissements d’enseignement postsecondaire ontariens (publics et privés) demeureront inférieurs à ceux de bon nombre de leurs concurrents américains.

Il est également crucial de s’attaquer avec plus de vigueur au taux de décrochage encore trop élevé au secondaire, de mettre en œuvre des mesures qui inciteront les gens à délaisser l’aide sociale pour participer à la main-d’œuvre active, d’accroître la commercialisation des fruits de la recherche effectuée dans les établissements d’enseignement postsecondaires, de faire monter le taux de diplômation et de majorer les budgets de formation dans le secteur privé. Mais par-dessus tout, nous devons multiplier les efforts pour mieux intégrer les immigrants à notre bassin de main-d’œuvre.
D’ici 2020, la quasi-totalité de la croissance nette de la main-d’œuvre ontarienne viendra de l’immigration. Pourtant, les problèmes d’évaluation de l’expérience de travail acquise à l’étranger, l’absence de concordance entre l’expérience des immigrants et la demande actuelle au Canada, les barrières linguistiques et l’absence de reconnaissance des compétences acquises à l’étranger, sont autant d’obstacles majeurs qui empêchent souvent les immigrants d’obtenir un emploi rémunérateur dans le domaine de leur choix.

Une partie du problème trouve sa source dans le processus de sélection des immigrants. Or, le gouvernement fédéral vient tout juste de mettre en œuvre des changements, afin de réduire le nombre de dossiers d’immigration en attente. Il souhaite en effet accroître la marge de manœuvre dont dispose le ministère pour mieux cibler ses choix en fonction des compétences de nature à combler les besoins nationaux. L’étape logique suivante consistera à consulter les provinces, et plus particulièrement l’Ontario, compte tenu de l’énorme proportion des immigrants qu’elle accueille, pour s’assurer que tous les intéressés partagent les mêmes priorités.

Les nouveaux fondements de l’économie ontarienne doivent également s’accompagner d’un régime fiscal concurrentiel. Dans la plupart des autres provinces, on réduit actuellement le fardeau fiscal des entreprises, particulièrement l’impôt sur le capital. L’Ontario ne cesse de prendre du retard à cet égard, malgré les mesures déjà prises, dont l’élimination progressive de l’impôt sur le capital d’ici 2010, la diminution de la part de l’impôt foncier des entreprises allant à l’éducation et l’introduction d’un certain nombre d’autres allégements à l’intention des entreprises manufacturières.

L’Ontario doit mettre en place un régime fiscal de nature à procurer un avantage concurrentiel aux entreprises, tant au Canada qu’à l’étranger. Pour y arriver, il faudrait plafonner le taux provincial d’imposition des sociétés à 10 % (actuellement à 14 % pour l’ensemble des entreprises, et à 12 % pour les sociétés manufacturières). Ce plafonnement, jumelé à des réductions fédérales d’impôt, permettrait de ramener le taux d’imposition combiné à 25 %, ce qui placerait la province en excellence position pour attirer de nouveaux investissements.

Il convient également de s’intéresser aux autres champs de taxation. L’harmonisation de la taxe de vente provinciale et de la taxe sur les produits et services stimulerait les investissements des entreprises et permettrait éventuellement aux revenus des ménages et de l’État d’augmenter. Le gouvernement devrait aussi s’attaquer à la très forte augmentation du taux d’imposition effectif des entreprises dès qu’elles franchissent le « seuil des petites entreprises », car cette mesure fiscale tue l’esprit d’entreprise. Finalement, au niveau des particuliers, la diminution du taux marginal d’imposition incroyablement élevé des personnes à faibles revenus ou à revenus modestes est fondamentale pour favoriser une plus forte participation à la main-d’œuvre active.

Une politique fédérale d’aide est également essentielle à l’établissement des nouveaux fondements économiques de l’Ontario. Une des grandes difficultés à cet égard réside dans l’important retrait net de la contribution fédérale à l’économie ontarienne, qui a dépassé 21 milliards de dollars en 2005, soit 4 % du PIB de la province.

Ce retrait financier fédéral est en bonne partie imputable au fait qu’historiquement, le revenu par habitant a toujours été plus élevé en Ontario que dans les autres provinces. Or cet écart est actuellement en voie de se refermer et certains programmes fédéraux traitent donc l’Ontario et ses résidents de manière injuste.

Un retour immédiat de l’administration fédérale au financement global et fixe des soins de santé établi en fonction du nombre d’habitants – qui s’élèverait à environ 700 millions de dollars par année – constitue la solution à privilégier. Le gouvernement ontarien estime que ce retour à un financement global par habitant procurerait également à la province 500 millions de dollars de plus par année, au titre de la formation professionnelle des personnes touchant des prestations d’Assurance-emploi. De manière plus générale, le programme fédéral d’Assurance‑emploi ne sert d’ailleurs plus très bien l’Ontario : moins de la moitié de ses chômeurs étant admissibles à des prestations. Parmi les autres crédits que la province pourrait obtenir de l’administration fédérale, mentionnons les sommes versées au titre de l’établissement des immigrants, du développement économique et des infrastructures.

Il serait également de bon ton de procéder à une certaine intégration des multiples programmes fédéraux et provinciaux actuels, notamment de ceux ciblant les personnes à faibles revenus. Par exemple, les avantages fiscaux fédéraux, les allocations, les crédits d’impôt et autres formes d’aide au revenu pourraient être regroupés et intégrés à une prestation fiscale fédérale pour enfants améliorée. Les programmes de pension d’invalidité, d’assurance, d’allocation et d’aide pourraient également être regroupés dans un programme national de soutien aux personnes invalides.

L’Ontario d’aujourd’hui est bien différent de celui dans lequel ont vécu nos parents. Nous ne pouvons plus compter sur les formules du passé pour perpétuer nos succès. Notre prospérité future reposera nécessairement sur des fondements différents, ce qui nous obligera à miser sur des avantages différents et à créer un contexte politique différent.

Pour y arriver, nos dirigeants provinciaux devront faire preuve d’audace et compter sur la collaboration des autres paliers de l’administration publique et du secteur privé. Certaines pièces du casse-tête sont déjà en place, mais de nombreuses autres doivent encore venir s’y ajouter. Actuellement, on peut le comprendre, ce sont surtout les difficultés économiques de l’Ontario nées du ralentissement économique aux États-Unis qui retiennent l’attention. Pourtant, ces préoccupations ne devraient pas devenir un prétexte pour retarder la mise en place de nouveaux fondements qui assureront la prospérité future de l’Ontario.

On trouvera à l’adresse www.td.com/economics un rapport publié aujourd’hui même par les Services économiques TD intitulé Time For A Vision Of Ontario’s Economy.

 

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Don Drummond
ancien premier vice-président et économiste en chef

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