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Leadership éclairé

2005


"Allocution prononcée devant l'Association canadienne de New York, New York"

Allocution prononcée devant l'Association canadienne de New York, New York
8 septembre 2005
Écrit par Ed Clark.

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VERSION NON DÉFINITIVE<

Merci, Mme Wallin.

Avant tout, j'aimerais exprimer notre plus profonde sympathie à la population de la Louisiane, de l'Alabama et du Mississippi, et à toutes ces familles que l'ouragan Katrina a plongé dans de terribles souffrances. Nos pensées sont avec vous. Les gouvernements, les entreprises et les citoyens canadiens souhaitent faire tout ce qu'ils peuvent pour soulager un peu ces souffrances.

Ainsi, La Banque TD versera 250 000 $ US pour aider aux opérations de nettoyage et de secours, et jusqu'à 125 000 $ en dons équivalents aux dons des employés. Pour la deuxième fois cette année, la nature nous rappelle combien nous tenons pour acquis certains fondements de l'existence.

Permettez-moi maintenant d'en venir à la raison de ma présence ici. Il existe au Canada une forte tradition journalistique, tradition qu'incarne magnifiquement Pamela Wallin. Je me réjouis de sa nomination au poste de consul général à New York, parce que je crois que cette fonction lui permet de mettre à profit ses remarquables qualités. Je pense notamment à ses compétences interpersonnelles, à sa diplomatie, à son intelligence et à son esprit.

Au Canada, on accorde une grande importance à la fonction de consul général à New York, et cette fonction, Mme Wallin l'exerce de façon brillante. Je suis ravi d'être parmi vous aujourd'hui, et je remercie Philippe David pour cette belle invitation.

Je sais que vous avez l'habitude d'entendre des conférenciers de la scène politique canadienne, et je crois comprendre que des idées et des positions fort inspirantes ont été exprimées ici.

Je crois que l'objectif visé en m'invitant ici est d'amorcer ce dialogue important avec les dirigeants d'entreprise. J'aimerais vous parler un peu de nos récentes incursions aux États-Unis, de ce que nous avons considéré comme nos principaux défis et de la façon dont nous avons tenté de les relever. Je veux vous en parler non seulement parce que je représente La Banque TD, mais aussi parce que je crois que ce que La Banque TD est en train de faire est typique des entreprises canadiennes d'aujourd'hui.

Cela touche au cœur de la perception qu'ont les Canadiens de leurs relations avec les États-Unis, thème dont je veux également vous entretenir. Ce faisant, j'insisterai sur le fait que nos deux pays voisins ont subi de profonds changements, sur les perceptions différentes que nous avons, de part et d'autre, de nos relations et sur l'effet que ces différences ont sur ces relations. Je conclurai en évoquant le rôle que peuvent jouer les dirigeants d'entreprise canadiens dans le rapprochement de ces deux points de vue.

La Banque TD a pour mission d'être un acteur nord-américain de premier plan ayant son siège social au Canada. Par sa capitalisation boursière, La Banque TD est maintenant la dixième banque en importance en Amérique du Nord. L'an dernier, nous avons réalisé une percée majeure aux États-Unis en procédant à deux opérations clés.

D'abord, au mois d'août dernier, nous avons annoncé l'acquisition de 51 % de Banknorth, une banque à rayonnement local située dans le nord-est des États-Unis. TD Banknorth s'inscrit dans un plan d'expansion ambitieux, qui allie croissance interne et acquisitions. Nous renforçons la base solide de TD Banknorth en Nouvelle-Angleterre et nous tentons de pénétrer les marchés contigus de New York, du New Jersey, du Connecticut et de Philadelphie. Nous avons récemment annoncé l'acquisition de Hudson United par TD Banknorth, acquisition qui raffermira énormément la position de TD Banknorth dans ces marchés.

Après cette acquisition, nous compterons 600 succursales et plus de 26 milliards de dollars en dépôts, ce qui nous placera parmi les 35 principales banques américaines en termes de dépôts. Et ce n'est pas fini. Même si nous avons déclaré que nous n'annoncerions pas d'autres acquisitions pour TD Banknorth au cours des six prochains mois, nous n'allons pas nous tourner les pouces pour autant.

Ensuite, en juin cette année, nous avons annoncé notre intention de vendre à Ameritrade notre entreprise américaine de courtage en ligne, TD Waterhouse USA. Après la clôture de l'opération, nous détiendrons un peu moins de 40 % de la nouvelle TD Ameritrade. Nous aurons ainsi troqué notre propriété dans TD Waterhouse USA contre une participation appréciable dans l'une des trois plus importantes firmes de courtage en ligne du marché national américain. La société issue de la fusion, TD Ameritrade, sera le courtier en ligne le plus important des États-Unis selon le nombre d'opérations par jour.

Vous vous demandez peut-être pourquoi nous voulons élargir nos activités à l'extérieur du Canada. Pour vous répondre, je mettrai de côté ma modestie toute canadienne pour énoncer certains faits très positifs au sujet du marché canadien :

  • la croissance économique canadienne ne se dément pas depuis dix ans;
  • le gouvernement canadien enregistre d'importants excédents, pas des déficits;
  • notre compte courant affiche un excédent;
  • nous ne faisons face à aucune crise de sécurité sociale;
  • notre taux de chômage est faible, tout comme notre taux d'inflation, tandis que le huard poursuit son envolée.
D ans le secteur bancaire particulièrement, nous avons des entreprises bien gérées qui connaissent une croissance rapide. Ce sont, de facto, des entreprises à croissance rapide.

Et, à La Banque TD, nous voyons d'excellentes occasions de croissance interne au Canada, et ce, en dépit de la maturité du secteur.

Si nous voulons traverser la frontière, ce n'est donc pas pour fuir une conjoncture canadienne peu favorable. Bien au contraire, c'est notre succès même en sol canadien qui nous incite à chercher ailleurs de nouvelles occasions. Chaque année, La Banque TD génère plus de capital qu'elle ne peut en investir de façon réaliste pour sa croissance au Canada. Bien que nous ayons réalisé de petites acquisitions fructueuses, les perspectives sont limitées.

Et comme ce n'est probablement pas demain la veille que les fusions bancaires seront permises au Canada, ce n'est pas ce qui motive notre stratégie américaine.

En gros, quand une entreprise a du capital excédentaire, deux choix s'offrent à elle. Elle peut devenir une fiducie de revenu et remettre à ses actionnaires le capital excédentaire sous forme de dividendes et de rachats d'actions. C'est une manière sûre d'augmenter le cours de son action et de redonner de la valeur à ses actionnaires à court terme. À notre avis, toutefois, cette façon de faire limite les options de croissance future, ce qui peut nuire aux actionnaires, à long terme, étant donné que le marché évalue les entreprises en fonction de la valeur actuelle de leurs bénéfices futurs. Le marché perçoit d'un meilleur œil les entreprises qui peuvent augmenter leurs bénéfices.

Si l'entreprise peut trouver des occasions de faire fructifier le capital excédentaire, pour offrir aux actionnaires un bon taux de rendement à moyen terme et créer d'autres options - ouvrir des marchés et présenter des possibilités auxquels elle n'aurait pas eu accès en se limitant au Canada -, alors le réinvestissement du capital est clairement la meilleure stratégie. Nous avons choisi cette seconde avenue.

Mais lorsqu'on choisit de réinvestir du capital, on doit s'assurer de le faire correctement. C'est ce qui inquiète souvent les entreprises canadiennes désireuses de percer de nouveaux marchés. Si certaines arrivent à se tailler une place dans le marché américain, d'autres échouent lamentablement.

En exécutant nos stratégies américaines, nous avons donc établi trois points importants :

  • nous avions besoin d'une masse et d'une échelle suffisantes pour soutenir nos activités dans les marchés où nous choisissons de faire concurrence;
  • nous voulions nous assurer que nous pourrions prendre de l'expansion par l'intermédiaire d'acquisitions;
  • nous devions former la bonne équipe de direction aux États-Unis, dotée des bonnes compétences et d'une culture commune.

Ce sont la nécessité d'atteindre une masse et une échelle suffisantes ainsi que le désir de pouvoir financer notre croissance future qui nous ont amené à conclure les deux acquisitions mentionnées plus tôt. Dans les deux cas, nous avons réduit notre participation dans les entités que nous détenions à 100 %. Les deux entreprises sont bien placées pour connaître une croissance future et exercent leurs activités dans des marchés ouverts à la consolidation. Nous avons donc opté pour une participation réduite dans une entité plus viable, parce que nous voyons le secteur des services financiers comme un jeu d'échelle.

Nous avons également choisi avec soin les secteurs où nous avions la possibilité de devenir des participants importants : le Nord-Est des États-Unis pour TD Banknorth et le courtage en ligne pour TD Ameritrade. Les deux entreprises exercent leurs activités dans des secteurs que nous connaissons très bien, puisque ce sont nos principaux secteurs d'activité au Canada.

Nous sommes donc très confiants : nous savons ce que nous faisons et nous savons que nous ajouterons de la valeur à ces entreprises. Cela dit, nous restons réalistes quant à notre capacité de diriger ces entreprises dans un marché américain si différent du nôtre. Ce qui nous amène au troisième critère, qui est sans doute le plus important : nous devions former la bonne équipe de direction aux États-Unis. Dans ces deux opérations, l'essentiel était pour nous de réunir une solide équipe de direction. Nous voulions une équipe dotée d'excellentes compétences d'exploitation et d'un historique de consolidations réussies; une équipe qui partage notre culture et notre vision stratégique et à qui on pourrait confier le mandat de diriger l'entreprise. Bill Ryan et son équipe de TD Banknorth et Joe Moglia et son équipe d'Ameritrade sont exactement les personnes que nous recherchions.

Peut-être êtes-vous surpris que je vous parle de culture. Mais la culture est la clé. À La Banque TD, nous avons des valeurs de leadership auxquelles nous tenons. On peut diriger une entreprise par un contrôle strict et un processus décisionnel fortement centralisé. Mais nous préférons réussir en conférant à nos équipes de direction un réel pouvoir et en partageant avec elles les mêmes vision et valeurs.

Relations canado-américaines
Comme je le disais plus tôt, ce que La Banque TD fait aux États-Unis illustre à maints égards l'évolution de la perception des Canadiens à l'égard de leurs voisins du Sud. Étant donné l'importance croissante qu'ont États-Unis pour les entreprises canadiennes, nous devons, comme dirigeants d'entreprise canadiens, comprendre que les Américains regardent dorénavant toutes les relations internationales, y compris celles avec notre pays, à travers un prisme totalement différent.

Les événements du 11 septembre ont profondément transformé la société américaine. La sécurité de tous les Américains a été mise en danger, ce qui a fait naître un nouveau sentiment de vulnérabilité. L'impact sur les relations canado-américaines n'est pas surprenant. Préoccupés par leur sécurité, les Américains voient la frontière canado-américaine d'abord et avant tout du point de vue de leur sécurité.

La même transformation n'a pas eu lieu au Canada. Les tours jumelles ne se sont pas effondrées chez nous. Et même si la tragédie du 11 septembre a affligé tous les Canadiens, nous ne pouvons pas ressentir la même perte, ni la même peur pour notre sécurité que les Américains. En abordant les relations canado-américaines, on se doit donc d'avoir en tête la fracture émotionnelle qu'ont vécue les États-Unis.

Cela peut sembler évident pour ceux d'entre vous qui vivent aux États-Unis et qui ont une expérience quotidienne des relations canado-américaines. Mais, franchement, je pense qu'il reste du travail à faire pour aider l'ensemble des Canadiens à mieux comprendre le changement profond qui s'est produit aux États-Unis et l'effet qu'il a eu sur les relations entre nos deux pays.

Il m'apparaît également évident que les États-Unis se sentent vulnérables économiquement. Ils sont devant un imposant déficit de leur compte courant, un dollar en baisse, une impartition de plus en plus importante et un nouveau géant économique, la Chine. Les relations économiques avec le Canada ne sont pas à l'avant-plan de leurs préoccupations, et dans la mesure où elles le sont, les États-Unis considèrent plutôt que le Canada profite des avantages de l'important excédent commercial avec eux, qui a atteint 100 milliards de dollars l'an dernier.

Il s'est pourtant produit un changement fondamental dans la perception qu'ont les Canadiens à l'égard des États-Unis. Bien que le géant américain ait toujours été important pour le Canada, l'Accord de libre-échange et l'ALÉNA ont profondément modifié la psychologie des relations entre le Canada et les États-Unis. Les Canadiens ont accepté un certain degré d'intégration économique. Le commerce a décollé.

Les exportations vers les États-Unis représentent maintenant un quart de notre produit intérieur brut. Puis, les entreprises canadiennes ont vu dans les États-Unis un marché où elles pouvaient elles aussi investir.

En effet, au début des années 1980, avant l'Accord de libre-échange, les investissements directs canadiens aux États-Unis représentaient la moitié de ce que les Américains investissaient directement au Canada. Avant la fin des années 1990, les investissements directs canadiens aux États-Unis avaient augmenté à un niveau pratiquement égal à celui des investissements américains au Canada.

Considérez cela dans le contexte beaucoup plus large du marché américain. En investissant des montants pratiquement équivalents, le Canada se trouve à investir 15 % de son PIB aux États-Unis, alors que ce pays investit moins de 2 % du sien au Canada. Dans notre clientèle commerciale au Canada, presque toutes les entreprises ont maintenant une stratégie américaine, en tant qu'exportateurs certes, mais aussi très souvent en tant qu'investisseurs.

Parce que le libre-échange a transformé notre façon de percevoir les relations canado-américaines, nous supposons qu'il a la même importance pour les Américains. Mais comme nous le savons, les États-Unis sont davantage préoccupés par leurs échanges avec l'Asie qu'avec le Canada.

Les Américains ont parfois du mal à comprendre le changement de paradigme qui s'est produit de notre côté de la frontière depuis l'adoption de l'Accord de libre-échange et l'importance qu'ont pour nous la frontière et le commerce avec les États-Unis. De même, ils ne comprennent pas toujours l'effet dévastateur qu'a sur le Canada un différend commercial avec les États-Unis, différend qui ne peut être réglé malgré des ententes et des procédures claires établies à cet effet.

De toute évidence, nous avons du chemin à faire pour améliorer nos relations avec les États-Unis. Cette responsabilité n'incombe pas seulement à nos gouvernements et à des représentants accomplis comme Pamela Wallin et Frank McKenna. Nous ne pouvons pas non plus nous fier uniquement aux dirigeants d'entreprise qui, comme beaucoup d'entre vous, ont élu domicile ici.

Je sais que vous jouez un rôle essentiel dans le maintien de bonnes relations entre le Canada et les États-Unis. Pour beaucoup d'Américains, vous êtes le visage du Canada. Mais ceux d'entre nous qui demeurent au Canada tout en faisant affaire aux États-Unis doivent également se manifester.

En faisant quoi?

Je suis sûr que vos interventions constitueront la partie la plus utile de la séance d'aujourd'hui de Mme Wallin. Mais permettez-moi de lancer la discussion. D'abord, à mon avis, les Canadiens pourraient mieux promouvoir ce que nous faisons pour aider les États-Unis. Nous devons parler des troupes que nous avons envoyées et qui sont toujours en poste en Afghanistan. Il s'agit là d'un engagement militaire considérable pour le Canada. Nous devons parler de ce que nous avons fait pour aider les Américains après les attentats du 11 septembre.

Nous avons accueilli des milliers de voyageurs immobilisés à la suite de l'interruption des vols. Nous avons envoyé des pompiers, des policiers et des sauveteurs à New York. Nous devons également parler des fournitures et des équipes de sauvetage que nous avons déjà envoyées en Louisiane et dans d'autres régions du Sud touchées par l'ouragan Katrina. Et n'oublions pas l'augmentation de nos exportations de pétrole et de produits pétroliers pour aider à combler les besoins aux États-Unis.

Pourquoi en parler? Pour s'assurer que les Américains savent que nous les appuyons quand nous le pouvons.

Quoi qu'on pense du choix du Canada de ne pas participer à la guerre en Irak, cette décision a eu un impact considérable, de part et d'autre de la frontière. La position canadienne a fait mal à beaucoup d'Américains. Ils pensaient que nous devions les appuyer même si nous n'étions pas d'accord avec eux. Mais nous ne pouvons laisser cette décision éclipser tout ce que nous faisons pour aider les États-Unis.

Pas plus que nous ne pouvons arrêter de chercher à soutenir les États-Unis dans leurs efforts afin de renforcer la sécurité nationale. Les Canadiens aussi saisissent l'importance de la sécurité, même s'ils n'ont pas ressenti la pleine portée émotionnelle des événements du 11 septembre.

La deuxième chose que nous pouvons faire est de reconnaître l'importance symbolique qu'ont pour les États-Unis des questions comme les dépenses de défense. La vérité est que nous ne faisons pas notre juste part. Le gouvernement canadien a réalisé d'énormes progrès ces dernières années pour relancer ses dépenses de défense qui avaient baissé à un niveau inacceptable. Nous sommes sur la bonne voie, et nous devrions reconnaître qu'en tant que bons partenaires, nous avons l'obligation d'en faire plus.

Je crois que nous sommes tous d'accord pour dire que les seules forces armées conventionnelles ne viendront pas à bout du terrorisme. La sécurité et les services de renseignements nationaux revêtent une importance à tout le moins aussi grande. Ce sont là des domaines pour lesquels les Américains pourraient faire appel à nous. Et ce sont également des domaines où tout le monde - Britanniques, Américains, Canadiens - reconnaît la difficulté de tracer la ligne entre sécurité nationale et respect des droits humains fondamentaux. Mais le fait que cela pose des questions difficiles ne signifie pas que nous devions nous opposer à des mesures de sécurité ou à des améliorations valables de ce que nous faisons actuellement. Personne ne veut voir le Canada devenir un refuge pour terroristes. Nous devons appuyer plus clairement la prise de mesures de sécurité au Canada.

Et la question des frontières doit figurer au premier plan. Mes clients commerciaux passent leur temps à me dire combien la libre circulation des marchandises entre le Canada et les États-Unis est importante pour eux. Lorsque ce trafic est affecté négativement, l'entreprise l'est aussi. Selon les calculs de notre économiste en chef, nous perdrions 8 milliards de dollars en Ontario seulement en raison de la fermeture de la frontière. Pour assurer un passage ininterrompu de la frontière - un enjeu commercial pour nous - nos chefs de gouvernement doivent composer avec une série de questions de sécurité et de défense américaines. Bien sûr, pour que le gouvernement aille de l'avant avec ces questions, il lui faut l'appui de la population canadienne. Le milieu des affaires peut aider à faire passer le message.

Le risque que je cours en faisant cette allocution aujourd'hui est de vous donner l'impression qu'il faut s'américaniser. Ou qu'il faut donner aux Américains tout ce qu'ils demandent. C'est tout le contraire. Comme Canadien, je suis fier de ce qui nous distingue. Je suis fier que notre gouvernement ait autorisé les mariages gais au Canada.

Je suis fier de la protection sociale et de l'assurance-santé universelle dont nous bénéficions. Ce sont des différences fondamentales que nous devons préserver. Il n'est pas non plus question de céder lorsque nos intérêts économiques diffèrent.

Mais je crois que nous devons travailler très fort pour nous assurer que ce qui nous distingue des Américains, aussi importantes que soient ces différences, ne nous fasse pas oublier ce que nous avons en commun. Comme dans toutes les grandes relations, que ce soit les relations entre frères et sœurs, conjoints ou meilleurs amis, nous ne sommes pas toujours d'accord. Mais cela ne doit pas nous empêcher de nous témoigner du respect, d'essayer de trouver des solutions efficaces et de continuer à nous soutenir mutuellement. Pour cela, il faut comprendre l'autre et saisir l'importance symbolique de certaines questions.

Les chefs d'entreprise canadiens qui sont aux États-Unis doivent montrer qu'ils comprennent que les attentats du 11 septembre ont transformé les États-Unis et que les véritables enjeux économiques pour les Américains viennent de la Chine et du reste de l'Asie, et non du Canada.

Les chefs d'entreprise américains ont aussi leur part à faire. Le conflit entourant le bois-d'œuvre montre bien que les efforts doivent venir des deux côtés. Il y a beaucoup d'Américains qui, comme nous, sont horrifiés par la position américaine relative au bois-d'œuvre. Ils comprennent que lorsqu'un gouvernement fait passer l'intérêt d'un groupe particulier avant l'intérêt général, c'est toute la communauté qui en souffre. Ces Américains doivent se faire entendre. Le conflit du bois-d'œuvre revêt une importance symbolique pour les Canadiens. Beaucoup se fondent sur la résolution de ce conflit pour juger de l'efficacité de l'ALÉNA.

Le message que je veux faire passer dans cette allocution est donc que les États-Unis sont sans contredit très importants pour nous. Beaucoup d'entreprises canadiennes comme La Banque TD s'efforcent de se tailler une place dans le marché nord-américain tout en gardant leur siège social au Canada. Étant donné l'importance des États-Unis dans notre stratégie commerciale, nous devons œuvrer de concert avec le gouvernement canadien et avec nos merveilleux représentants, comme Pamela, pour rendre nos relations avec les États-Unis plus fructueuses.

Mais nous ne ferons pas de progrès dans les dossiers qui nous touchent si nous ne tenons pas compte des changements de paradigme que nos deux pays ont vécus et qui sont au cœur de nos relations. Notre rôle comme dirigeants d'entreprise est de comprendre ces changements et d'aider nos partenaires des deux côtés de la frontière à les comprendre et à saisir l'effet qu'ils ont eu. Mieux nous nous comprendrons, meilleures seront les solutions à long terme auxquelles nous parviendrons.

Merci.

 

Image de la haute direction Ed Clark
Ed Clark
Président du Groupe et chef de la direction
Groupe Banque TD

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