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Leadership éclairé

2010


"Les entreprises doivent montrer la voie"

Cet article a été publié dans The Globe and Mail on 14 mai 2010.
Écrit par Craig Alexander.

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La concurrence mondiale entre dans une ère nouvelle. Les entreprises canadiennes innoveront ou elles périront, car l’accroissement de la productivité est leur seule planche de salut.

Malheureusement, depuis le début des années 1970, le bilan du Canada à cet égard est lamentable. La productivité augmentait alors au rythme annuel de 4 %. Cette croissance a ensuite progressivement ralenti jusqu’à ce qu’elle atteigne un maigre taux moyen annuel de 1,6 %. Pendant la plus grande partie de la décennie en cours, le mouvement à la baisse s’est accentué et la croissance de la productivité a atteint le plancher incroyable de 0,7 %. Voilà pourquoi l’économie canadienne, la cinquième plus efficace dans le monde industrialisé en 1970, n’était plus qu’au quinzième rang en 2009. En 20 ans seulement, à cause de cette productivité déficiente, le Canada a glissé du cinquième au dixième rang mondial au chapitre du revenu par habitant. S’il faut en croire les tendances récentes, ce déclin du Canada est appelé à se poursuivre.

De nombreuses raisons expliquent ce rendement décevant du Canada. La détérioration du climat des affaires et le déficit d’innovation sont cependant les plus importantes.

Les entreprises canadiennes investissent moins que celles des autres pays dans les technologies novatrices porteuses de productivité. En 2008, la valeur des investissements en machines et en équipement par travailleur au Canada équivalait à peine à 49,1 % de celle des investissements américains. De 1984 et 2008, le ratio du capital à la main d’œuvre – l’intensité de capital – a crû à un rythme annuel moyen de 0,5 % comparativement à 2,8 % au cours des 20 années précédentes. Par ailleurs, les entreprises canadiennes sous-utilisent gravement les technologies de l’information et des communications (TIC). Les TIC révolutionnent le monde des affaires autant que la vie des particuliers. Pourtant, les investissements par travailleur dans les TIC au Canada en 2008 équivalaient à peine à 45 % des investissements américains correspondants.

Cette faiblesse des investissements est pratiquement inexplicable, surtout quand on songe au contexte économique qui prévalait avant la récente récession. Entre 2002 et 2007, l’économie était en effet en forte croissance. Les bénéfices non répartis s’accumulaient. L’impôt sur les sociétés diminuait et les taux d’intérêt étaient bas. Le dollar canadien s’est par ailleurs apprécié de près de 40 %, réduisant substantiellement le coût des machines et de l’équipement importés. Normalement, il aurait donc dû y avoir un boom spectaculaire des investissements des entreprises. Voilà pourquoi on estime que les investissements dans les machines et l’équipement ont été carrément ridicules. En effet, malgré des bénéfices appréciables et une croissance des bénéfices non répartis, la valeur nominale des investissements des entreprises en machines et en équipement n’a augmenté que de 5 % par année. Les économistes parlent souvent de la vigueur des investissements réels des entreprises au cours de cette période, mais ces investissements sont attribuables uniquement à la chute des prix.

Pourquoi les entreprises n’ont-elles pas répondu à l’appel? Elles souffrent d’un manque flagrant d’esprit d’innovation et n’ont pas su profiter du contexte favorable, comme en témoigne la comparaison de l’innovation dont font preuve les entreprises et de l’habileté avec laquelle elles profitent des nouvelles technologies et de la présence de travailleurs plus spécialisés. Cette comparaison démontre qu’en 2008, le Canada se trouvait à ce chapitre au même niveau qu’en 1970. Un changement s’impose.

Une bonne nouvelle émerge toutefois : nous sommes à l’aube d’une nouvelle période extrêmement favorable aux investissements et à l’innovation. Les administrations publiques ont contribué à la création de ce climat propice. Le taux d’imposition marginal réel sur les capitaux diminue et continuera de diminuer à court terme. En fait, le Canada devrait devenir l’un des pays les plus concurrentiels du monde industrialisé au chapitre des dépenses en immobilisations. Cet accomplissement vient de la diminution du taux d’imposition des entreprises, de l’élimination des taxes sur le capital et de l’harmonisation des taxes de vente dans certaines provinces. Même si les taux d’intérêt augmenteront vraisemblablement au cours des prochaines années, le coût du crédit demeurera probablement peu élevé pendant quelque temps encore. La reprise économique se traduit par une croissance solide des bénéfices. Le système financier canadien est dynamique et le crédit est abondant. Le dollar canadien devrait également fluctuer à un niveau près de la parité au cours des quelques prochaines années. Il faut absolument éviter une répétition de l’histoire. Cependant, la question demeure : les entreprises réagiront-elles ou rateront-elles, une fois encore, la possibilité qui s’offre à elles?

De nombreux observateurs canadiens ont exprimé à voix haute leurs préoccupations devant le déplorable niveau de productivité de notre pays. Le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, semble croire qu’à moyen terme, la croissance annuelle de l’économie canadienne se situera aux environs de 2 %, ce qui est nettement inférieur à la tendance historique moyenne de 2,8 %. Le directeur parlementaire du budget a, pour sa part, mis en garde l’administration fédérale contre la possibilité que la réduction du déficit fédéral soit compromise, si la croissance annuelle devait se maintenir à seulement 2 %.

Par ailleurs, simplement pour maintenir la croissance réelle du PIB à 2 % par année, il faudra accroître notre productivité. En effet, à défaut d’une augmentation de la productivité par heure travaillée, la population vieillissante du Canada peinera à maintenir une croissance économique de près de 1,3 % au cours des années à venir. Si la concurrence étrangère ne suffit pas à convaincre les entreprises d’investir et d’innover, les facteurs démographiques devraient, eux, les inciter à mieux utiliser leurs ressources humaines. En effet, ce n’est qu’une question de temps avant que le vieillissement de la population n’entraîne des pénuries de main-d’œuvre.

Les entreprises doivent montrer la voie. Le contexte économique et les politiques publiques sont actuellement propices. Le temps est maintenant venu pour elles d’investir dans de nouvelles technologies novatrices susceptibles d’accroître leur productivité afin de répondre aux pressions concurrentielles de l’avenir et de s’attaquer aux défis démographiques qui les attendent. Les entreprises ne seront pas les seules à bénéficier de l’augmentation des investissements et d’une plus grande innovation. Elles créeront en effet des avantages substantiels pour les travailleurs et l’administration publique.

 

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Craig Alexander
Premier vice-président et économiste en chef
Groupe Banque TD

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