Announceur : Bienvenue à TDAM Talks, un balado de Gestion de Placements TD. Rejoignez-nous pour écouter les analyses des thèmes actuels et marchés financiers de nos leaders d’opinion. Des renseignements sur les marchés aux stratégies de placement, nous vous aidons à naviguer dans le contexte complexe des placements.
Ingrid : Bonjour et bienvenue à TDAM Talks. Dans ce balado, nous explorons le monde des marchés de placement. Nous vous faisons part des dernières tendances, d’analyses approfondies et de stratégies qui vous aideront à naviguer dans le contexte complexe des placements. Ici Ingrid Macintosh, chef, Aide à la vente mondiale, Marketing et Stratégie numérique à Gestion de Placements TD. Je suis ravie d’être entourée par les plus grands experts de la gestion des actifs. Aujourd’hui, nous retrouvons deux membres clés de l’équipe de direction de la répartition des actifs Michael Craig, directeur général et chef, Répartition des actifs à GPTD, et Hussein Allidina, directeur général et chef, Produits de base. Bienvenue, messieurs.
Hussein : Bonjour, Ingrid. Comment allez-vous?
Ingrid : Très bien. Aujourd’hui, nous allons examiner les produits de base et le rôle qu’ils peuvent jouer dans un portefeuille entièrement diversifié. Michael, j’aimerais commencer par vous. Il y a quelques années, nous avons ajouté les produits de base aux capacités de GPTD. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi il est si important de les avoir dans notre boîte à outils?
Michael : Oui, alors je ne vais pas parler du futur du placement, pour lequel on est plutôt optimiste d’ailleurs en ce qui concerne les produits de base à moyen et à long terme. Mais du point de vue de la constitution d’un portefeuille, les produits de base ont une caractéristique très unique parce qu’ils ont une corrélation très faible ou même négative avec les obligations et les actions traditionnelles. Donc, seuls, ils peuvent être très risqués dans un portefeuille général, mais en raison de cette corrélation négative, ils peuvent réellement améliorer les ratios de Sharpe et… diminuer la volatilité au sein d’un portefeuille multiactifs. Quand on pense que ce seul ingrédient permet de réduire le risque global d’un portefeuille et de prendre des risques à d’autres endroits, c’est un énorme avantage concurrentiel pour nos clients en matière de stratégie pour l’avenir.
Ingrid : Pouvez-vous nous expliquer ce qui vous a mené à inclure Hussein à l’équipe pour certains de nos auditeurs qui n’auraient pas eu le plaisir de vous entendre sur le sujet?
Michael : Oui, Hussein et moi nous sommes rencontrés il y a environ quatre ans, on a discuté et abordé des sujets comme notre vision du monde, l’évolution de la transition énergétique, le défi de l’introduction de nouveaux produits de base sur le marché et comment on pourrait intégrer ça dans un complexe de fonds. À partir de cette conversation et parallèlement à l’évolution des placements alternatifs liquides sur le marché canadien, on a commencé à réfléchir à la façon dont on pourrait mettre cela en pratique. Et c’est là qu’on en est aujourd’hui.
Ingrid : Hussein, pouvez-vous m’en dire un peu plus sur votre expérience, ce que vous avez fait avant GPTD? Ensuite, j’aimerais approfondir un peu plus les produits de base, les fondamentaux et leur importance historique.
Hussein : Oui, bien sûr. Merci de l’invitation, Ingrid. J’ai rejoint GPTD il y a quelques années après avoir travaillé pour un régime de retraite au Canada, qui a une pondération importante en produits de base. C’est le cas depuis la fin des années 90. J’ai hérité de cela et je l’ai développé. Auparavant, j’étais à New York, je travaillais pour Morgan Stanley comme chef mondial de la recherche sur les produits de base, avant ça j’ai passé du temps chez Goldman, au FMI et à la Banque du Canada.
Ingrid : D’accord, donc vous savez de quoi vous parlez.
Hussein : Un peu.
Ingrid : D’accord. Donc on va vous écouter parler de tout ça. Commençons par l’importance historique des produits de base et de leur évolution. Vous venez plutôt d’un contexte institutionnel, mais donnez-nous un peu de contexte.
Hussein : Oui, les produits de base sont très importants, non seulement du point de vue de la construction du portefeuille, mais par rapport à l’économie mondiale et à son fonctionnement, ils sont essentiels. L’énergie en particulier est un élément très important pour tout. Les produits de base jouent un rôle très important dans les perspectives de croissance. Ils ont des répercussions géopolitiques. Je ne suis peut-être pas très objectif, mais je pense qu’ils sont extrêmement importants. Dans le contexte de la construction du portefeuille, Mike a parlé des avantages de diversification que fournissent les produits de base. Les gens se tournent aussi vers les produits de base pour leur portefeuille en raison de la protection qu’ils offrent contre l’inflation. Si vous examinez l’ensemble des actifs dans lesquels vous pouvez investir, la plupart ont un bêta négatif par rapport à l’inflation. Ils affichent un rendement faible dans un contexte inflationniste. Les produits de base, souvent parce qu’ils sont la source de l’inflation, ont tendance à avoir un bêta positif très important par rapport à l’inflation. C’est pour ça que les gens choisissent les produits de base en plus de la diversification dont Mike a parlé.
Ingrid : Quand on parle des produits de base, les gens pensent avant tout aux métaux. Mais qu’est-ce qui constitue les produits de base? Pour nos auditeurs qui ne s’y connaissent pas, qu’est-ce qui entre dans cette catégorie?
Hussein : Alors, si vous regardez les indices des produits de base traditionnels, ils comprennent l’énergie, donc le pétrole brut, les produits pétroliers, l’essence, le diesel, y compris le gaz naturel. Dans les métaux, il y a le cuivre, le zinc, l’aluminium et le nickel. Les métaux précieux se retrouvent aussi dans beaucoup de ces indices, donc l’or, l’argent. Certains indices comprennent le palladium platine. Et puis, les produits agricoles, le sucre, le coton, le café, le cacao, le maïs, le soya et le blé. J’en oublie sûrement quelques-unes. Mais dans l’ensemble, les produits de base sont que nous consommons tous les jours.
Ingrid : N’oubliez pas le bétail.
Hussein : Oui, le bétail aussi.
Ingrid : Parlez aussi un peu des crédits carbone.
Hussein : Oui, le carbone ne fait pas encore partie de l’indice S&P GSCI ou l’indice Bloomberg des produits de base. Mais c’est vraiment un produit de base. On a un fonds carbone qui négocie des FNB de carbone en Europe. Et de plus en plus, on constate un intérêt et un volume grandissants sur ces marchés, car le prix du carbone est établi à l’échelle mondiale.
Ingrid : On entend parler des avantages de la diversification. Michael, je reviens à vous. En tant que chef, Répartition des actifs, à Gestion de Placements TD et d’un point de vue macroéconomique mondial, est-il plus important que jamais de considérer les produits de base comme stratégie de placement?
Michael : Eh bien, en ce moment, nous sommes aux 3/4 de 2023. La plupart des investisseurs aujourd’hui, en dehors de l’année dernière, évoluent dans un environnement où la seule chose qui a vraiment changé, c’est la croissance. La croissance va rebondir. Mais nous sommes dans un contexte de désinflation ou de faible inflation. C’est la suite de la crise financière, on a connu une période d’assainissement des bilans, qui a tendance à mener au ralentissement de la croissance et à la réduction de la consommation. Les investisseurs pensent que, dans ce contexte, les obligations et les actions ont tendance à bien se comporter. Je dirais que ce qui a changé, c’est la volatilité de l’inflation, pour diverses raisons, elle… a augmenté à court terme, mais elle restera probablement élevée à long terme, ce qui signifie qu’on doit commencer à penser aux fluctuations de la croissance, mais aussi aux fluctuations des produits de base. Et dans le cas des solutions multiactifs, cela change vraiment la dynamique des ingrédients dont vous avez besoin pour réussir dans ce contexte. En 2022, les obligations et les actions ont reculé de plus de 10 %. Alors que l’indice général des produits de base a progressé de plus de 10 %. C’est exactement le type d’année dont on tient compte, on veut s’assurer d’avoir une stratégie comprenant les ingrédients nécessaires pour réussir dans ces contextes difficiles où l’inflation est plus volatile. À court terme, avec des taux d’intérêt aussi serrés, je ne serais pas surpris de voir une modération de l’inflation. Mais nous allons revenir à des positions où l’offre globale ne pourra pas répondre à la demande pour diverses raisons, le climat géopolitique, la démographie, les politiques gouvernementales et la quasi-délocalisation. Par conséquent, les perspectives sont optimistes… pour l’avenir des marchés des produits de base.
Ingrid : Je pense qu’il est vraiment important pour nos auditeurs de comprendre qu’à Gestion de Placements TD, la boîte à outils est large. Les actions, titres à revenu fixe, actifs réels, donc les infrastructures de dette privée, l’immobilier, les prêts hypothécaires et maintenant les produits de base, vous donnent vraiment une trousse très complète, pour essayer de naviguer dans autant d’environnements que possible.
Michael : Une boîte à outils incroyablement complète, en effet. Il n’y a rien qui me vient à l’esprit que j’aimerais inclure dans cette trousse. Nous avons déjà une quantité importante et diversifiée d’ingrédients pour créer des portefeuilles pour nos clients. Et n’oubliez pas que ces solutions sont pour des clients qui veulent accroître leur patrimoine, conserver leur patrimoine, qui vivent de leur patrimoine ou qui sont en décumulation. Donc, il ne s’agit pas seulement d’un cas de figure…
Ingrid : L’inflation est vraiment un défi dans tous ces cas.
Michael : Et l’inflation touche toutes ces personnes. L’inflation est un facteur très dangereux quand elle commence à devenir volatile pour les clients. Et nous devons réfléchir à la façon dont nous pouvons faire face à cette situation. Pour revenir à ce qu’Hussein disait et à ce que notre travail a montré, c’est le meilleur ingrédient lorsque l’inflation commence à augmenter.
Ingrid : Hussein, on parle en théorie du pouvoir des produits de base et de leur fonctionnement, mais pouvez-vous nous donner quelques exemples où un investissement dans les produits de base est vraiment efficace?
Hussein : Donc en plus de la référence de Mike sur la performance des actions et des titres à revenu fixe l’an dernier, l’ajout de produits de base dans ce contexte aurait été très avantageux. C’est en partie la raison pour laquelle le régime de retraite pour lequel je travaillais investit dans les produits de base parce qu’il y a des environnements dans lesquels la croissance économique ralentit ou l’inflation est plus élevée que prévu. Et la plupart des actifs de votre répartition inscrivent un rendement faible. Les produits de base sont une exception. Mike a parlé des avantages de la diversification des produits de base, l’avantage lié à l’inflation des produits de base. Le besoin de diversification et la protection contre l’inflation n’étaient pas une caractéristique du marché au cours des 15 ou 20 dernières années parce que l’inflation était faible. Il y avait de faibles corrélations entre les titres à revenu fixe et les actions. S’il y a de l’incertitude au cours des prochaines années, et on a des raisons de le croire quand on voit ce qui se passe à l’échelle mondiale, on pourrait avoir une plus grande volatilité de l’inflation et l’importance des produits de base augmentera. Ce qui était un avantage… non, pardon, un inconvénient, pour les produits de base au cours des 10, 15 dernières années, sans tenir compte des données fondamentales des produits de base, mais d’un point de vue plus macroéconomique, va être un facteur favorable au cours des prochaines années.
Ingrid : Pouvez-vous parler d’autres thèmes qui pourraient être importants dans l’ascension des produits de base? Je pense au passage aux véhicules électriques, aux changements climatiques. Que pouvez-vous nous dire à ce sujet?
Hussein : Oui, c’est une très bonne question, Ingrid. La géopolitique est toujours très importante. Je ne pense pas que ce soit nouveau pour les produits de base. Mais vous avez mentionné la transition énergétique et les changements climatiques. Quand on regarde les données et les défis auxquels on doit faire face pour passer de l’environnement dans lequel on est et qu’on a créé au cours des 150 dernières années à un environnement plus vert, on aura besoin d’un volume énorme de produits de base. Prenons les véhicules électriques, non seulement on a une plus grande proportion de cuivre et de nickel dans un VE que dans un véhicule à combustion interne, mais il faut aussi penser aux infrastructures pour alimenter ces véhicules électriques. Je ne pense pas qu’on se rend vraiment compte de l’ampleur de ce phénomène. Nous devons accroître la capacité de production d’électricité. Nous devons bâtir la capacité de transmettre cette puissance. Tout cela est fortement axé sur les produits de base. En même temps, même si certains pensent que la demande de pétrole a atteint un pic, ce n’est pas mon avis, du moins pas dans les 5 ou 10 prochaines années, l’offre se resserre beaucoup plus rapidement que la demande. Encore une fois, on va avoir des difficultés en raison de la transition énergétique et du climat, à maintenir l’approvisionnement en pétrole alors que la demande continue de croître. La demande ne se réduit pas aussi rapidement que l’offre. Je pense que la transition énergétique et le thème du climat seront une caractéristique très importante et unique de ce cycle, contrairement aux cycles précédents.
Michael : Et il y a le thème de la transition, ainsi que la reconstruction des infrastructures pour résister à un climat plus difficile. On le voit avec une météo de plus en plus de volatile et la nécessité de rénover les bâtiments pour être en mesure de… réduire les besoins en énergie ou de résister à des climats plus rigoureux. Donc on est dans une véritable tempête qui favorise la demande en produits de base.
Ingrid : Aucun jeu de mots sur El Nino.
Michael : Non, aucun.
Ingrid : Non.
Michael : Et vraiment, du côté de l’offre, Hussein en sait plus sur le sujet, mais il n’y a vraiment pas de nouvelle offre qui sera en mesure de répondre à cette demande accrue. C’est pourquoi il y aura une plus grande volatilité de l’inflation au cours des années à venir. Je ne parle pas des trois ou six prochains mois, mais plutôt d’un horizon à 5 ou 10 ans.
Ingrid : Donc on couvre les deux côtés. Les avantages de la diversification, on y pense de façon structurelle. Mais nos auditeurs pensent souvent au prochain placement intéressant. Est-ce que c’est le bon moment? Je vais faire un petit aparté. Au moment où nous enregistrons ce balado, nous sommes sur le point de lancer un nouveau placement, le Fonds alternatif de produits de base TD. Pouvez-vous m’en dire un peu plus sur cette stratégie et en quoi elle sera unique par rapport à d’autres occasions de placement?
Michael : Eh bien, tout d’abord, nous avons fait beaucoup de recherches sur les marchés. Nous créons une nouvelle catégorie. Il n’y a pas beaucoup de concurrence dans ce domaine. Le moment est idéal, vraiment, parce que pour être plus technique, on n’achète pas un baril de pétrole ou un rouleau de cuivre. On utilise le marché à terme. Et quand on fait ça, on détient des liquidités en garantie. Ce qui est bien, c’est que les taux des obligations du Trésor sont actuellement de 5 %, on gagne donc 5 % sur le marché des bons du Trésor à court terme. Et on ne pense pas qu’ils reviendront à zéro. Il pourrait y avoir des réductions l’an prochain. Mais je ne pense pas qu’on reviendra aux taux nuls de la décennie précédente. On aura donc toujours…
Ingrid : On commence déjà à un taux de CPG de zéro. C’est le pire scénario.
Michael : C’est là qu’on commence. Oui, bien sûr. Ensuite, la capacité de tirer des rendements des marchés des produits de base crée une stratégie vraiment unique dans nos solutions. Et comment financez-vous cela? Si vous achetez un actif, vous devez vendre quelque chose si vous n’avez pas d’argent. C’est intéressant parce que notre travail fait ressortir un mélange de dettes et d’actions afin d’optimiser les portefeuilles, selon l’horizon de placement et les préférences de risque du client en particulier. Alors oui, on est très enthousiaste de la façon dont ça se passe et d’avoir ce portage supplémentaire parce que les taux d’intérêt à court terme sont élevés.
Ingrid : Oui, je veux creuser un peu plus là-dessus. En tant que répartiteur d’actifs, on a des séries dans le continuum des risques. Et ce que vous me dites, c’est que ça dépend de l’objectif déclaré de cette stratégie, comment vous pourriez utiliser la répartition des produits de base. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur les capitaux propres et ce qu’ils pourraient remplacer à différents endroits du continuum des risques?
Michael : Oui, de façon générale, pour les investisseurs plus prudents, on voit plus de financement par l’entremise des titres à revenu fixe. Pour les investisseurs plus audacieux, parce qu’ils ont tendance à avoir plus d’actions, on voit plus de financement avec des actions et répartitions optimales entre 3 % et 5 %. Le défi des produits de base pour les professionnels de la gestion de patrimoine, c’est qu’ils sont volatils. Il s’agit vraiment d’éduquer votre client et de lui dire qu’il y aura des années où cela ne fonctionnera pas. Et au cours de ces années, ses autres actifs seront probablement performants. Et d’autres années où ces actifs ne fonctionneront pas, mais les produits de base si. Il faut donc un processus d’éducation pour que leur place dans le portefeuille soit comprise par rapport à l’unicité des actifs…
Ingrid : OK. La corrélation négative. On ne se contente pas de dire qu’un actif était en baisse cette année et que c’était donc un mauvais choix, parce qu’il avait probablement une autre fonction dans votre…
Michael : Lundi soir, j’ai préparé de la soupe au poulet thaïlandaise. C’était délicieux. L’un des ingrédients de cette recette, c’est la sauce au poisson. Si vous avez déjà senti l’odeur de la sauce au poisson, c’est horrible. Mais c’est un ingrédient incroyable dans cette recette. Je ne pense pas que les produits de base sentent la sauce au poisson, mais j’espère que cette analogie vous donne une idée de l’importance…
Ingrid : L’uranium sent peut-être la sauce au poisson… ou le lithium…
Michael : … l’importance de l’actif. Mais parfois, il y aura des périodes où ce sera difficile. Et c’est là qu’il faut vraiment… le client doit se concentrer sur ses objectifs à long terme avec la composition globale des actifs plutôt que de se dire qu’il faut juste acheter ce qui fonctionne parce que, généralement, quand on cherche à tout prix le rendement, c’est la meilleure façon de détruire la richesse. Et il y aura des défis, car cet actif peut être volatil seul.
Ingrid : Mais cela vous ramène à vos commentaires précédents, car un portefeuille de placement n’a pas qu’un seul objectif. On bâtit un patrimoine. On maintient un patrimoine parce qu’on a un pécule important ou on essaie d’optimiser la décumulation ou le prélèvement de cette richesse. Hussein, je veux juste vous poser une petite question. Comme je l’ai dit, nous lançons le fonds de produits de base. Et vous avez parlé au début de la gamme de placements qui entrent dans ce monde des produits de base. Alors que ce fonds est lancé, quel est l’objectif? Et quelles sont les occasions dans le secteur des produits de base que nous identifions aujourd’hui?
Hussein : Ah ça, c’est une bonne question. L’indice de référence du fonds est l’indice Bloomberg des produits de base. Nous avons donc une exposition à 24 produits de base. Le fonds a la capacité d’apprécier, sous-pondérer, acheter ou vendre ces produits de base. Aujourd’hui, quand je regarde le paysage fondamental et il s’agit d’un commentaire sur les trois prochains mois plutôt que les deux ou trois prochaines années, les données fondamentales de l’énergie et du pétrole semblent extrêmement constructives. L’OPEP a subi des réductions importantes de sa production. La demande est forte à l’échelle mondiale, tant dans les marchés développés qu’émergents. Et les stocks à l’échelle mondiale sont très serrés. C’est pourquoi, et Mike y a un peu fait allusion, le déport de la courbe du pétrole est prononcé. On a un taux de rendement garanti de 5 % aujourd’hui. Mais on a aussi un taux de rendement annuel de 10 %, car le solde pétrolier est serré. Et les 15 %, c’est avant tout changement du prix au comptant. Lorsque les gens pensent aux produits de base, ils pensent souvent que le prix du pétrole doit augmenter, ou celui du maïs ou du cuivre. Si je suis en position longue pour un rendement, ces produits peuvent rester constants. Si la courbe est en situation de déport, j’obtiens le rendement.
Michael : Alors, Hussein, aujourd’hui, [INAUDIBLE] se négocie à 95, plus ou moins, quel sera le prix du pétrole sur un an? Donc 10 $.
Hussein : J’achète 85. Si rien d’autre ne change, ça passe à 95. Et c’est très différent de ce qu’on a vu au cours des 10 dernières années, lorsque ces marchés étaient en baisse ou en pente ascendante. Et la forme de la courbe, c’est important, la forme de la courbe est principalement le reflet des stocks sous-jacents. Si vous pensez, comme moi, que les stocks au cours des prochaines années resteront serrés, il est juste de présumer qu’on aura ce déport ou ce rendement positif. Pour être clair, ce n’est pas une caractéristique constante du marché. Mais dans les périodes où il y a un déséquilibre entre l’offre et la demande, et on peut en parler pendant des heures, mais dans les périodes où on a un déséquilibre entre l’offre et la demande et que les stocks sont inférieurs à la normale, on a des courbes de déport et des rendements positifs.
Michael : La réalité, c’est que nous vivons dans un monde d’abondance. Et ce que le marché vous dit, contrairement aux journaux, c’est que le fait d’obtenir un produit tout de suite, cela a un coût. C’est un monde très différent de ce que nous avons vécu dans le passé. Et c’est parce que les actionnaires ne veulent pas augmenter les dépenses en immobilisations en raison de l’incapacité de mettre de nouveaux produits à disposition. C’est là qu’on commence à voir de réelles tensions dans l’ensemble du marché au comptant, ce qui indique que la demande de produits de base sous-jacents augmente et que quelque chose ne va pas, alors qu’on passe d’un monde d’abondance à un monde où tout est serré et où il n’y a pas beaucoup d’offre.
Ingrid : Et je vous pose ces questions pour que vous puissiez être technique parce qu’une partie de l’argument que j’essaie de faire valoir, c’est qu’en l’absence d’un véhicule comme le fonds de produits de base, comment un conseiller pourrait tenter d’obtenir cette exposition par lui-même?
Hussein : Je pense qu’historiquement, au Canada, les gens ont essayé de se couvrir ou de s’exposer de manière imparfaite au moyen d’actions de produits de base. Et si vous regardez, par exemple, la corrélation entre le XEG, qui est un FNB de sociétés canadiennes du secteur de l’énergie, et le pétrole, vous voyez une corrélation relativement élevée, environ 50 %. Ce n’est donc pas une mauvaise façon d’obtenir l’exposition. Mais ce n’est pas la même chose. Donc, si vous considérez l’avantage de la diversification, ce n’est pas la même chose. La protection contre l’inflation n’est pas la même. Et c’est très important, Ingrid, dans les périodes de contrainte, les actions des produits de base ressemblent plus aux actions que la corrélation…
Ingrid : avec les produits de base que vous recherchez.
Hussein : Vous voyez donc une corrélation de 50 % entre les deux et vous vous dites que c’est une couverture imparfaite. Je n’ai pas besoin de pétrole. Je ne peux pas acheter du pétrole. Je vais acheter la société d’énergie. Ça fonctionne en moyenne. Mais quand vous avez besoin de la protection que les produits de base offrent, vous ne l’obtenez pas des capitaux propres.
Michael : Et historiquement, lorsque les prix des produits de base commencent à augmenter, les entreprises en extraient plus et vous obtenez cet effet de levier opérationnel, je ne pense pas que ce soit autant le cas aujourd’hui, en raison des facteurs ESG et des contraintes de la mise sur le marché de plus de produits. Donc, de bien des façons, en achetant le produit de base, vous ne prenez pas le risque opérationnel d’exploiter une société pétrolière ou d’exploiter une mine, ce sont des activités très complexes. Il serait très difficile de gérer une société minière ou une société pétrolière mondiale, ce serait comme jouer aux échecs 3D, mais 10 fois plus complexe, c’est un immense défi.
Ingrid : Vous me dites ça parce que vous savez que mon mari est géologue et qu’il dirige des sociétés minières. Je comprends.
Michael : C’est un travail quotidien.
Ingrid : Oui, tous les jours.
Michael : À bien des égards, le produit de base, c’est simplement une exposition plutôt que d’avoir à prendre tous ces risques supplémentaires. Je ne dis pas ça pour… il y a toujours une place pour ces sociétés dans un portefeuille. Bien sûr. Mais pour ce qu’on essaie de faire, c’est un cas d’utilisation très différent par rapport à l’achat d’actions ordinaires.
Ingrid : En espérant que ça augmentera. Il y a tellement d’autres sources de rendement. Messieurs, cette conversation a été passionnante. Je pense qu’on a renseigné nos auditeurs sur les produits de base. Nous avons déterminé comment les considérer dans un portefeuille. Il ne s’agit pas seulement d’un actif qui augmente, c’est tellement plus que ça, et c’est vraiment un bon moment pour investir dans les produits de base. Merci beaucoup d’avoir été des nôtres aujourd’hui.
Michael : De rien, Ingrid. Ça m’a fait plaisir d’être ici.
Hussein : Merci pour l’invitation.
Ingrid : Et chers auditeurs, pour d’autres réflexions intéressantes, y compris nos plus récentes perspectives de répartition des actifs, consultez la page Perspectives sur le site de Gestion de Placements TD. Et vous pouvez toujours profiter de notre expertise et de mises à jour sur LinkedIn à Gestion de Placements TD. Merci tout le monde. Je vous souhaite une excellente journée.
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