Isabela : Bon retour au balado L’expérience FNB. Je suis Isabela Sagan et aujourd’hui, on va parler de Coast FIRE, la stratégie pour l’indépendance financière et la retraite anticipée qui fait actuellement le tour de TikTok et Reddit. On va expliquer ce qu’est la stratégie Coast FIRE, les raisons de sa popularité auprès des milléniaux et de la génération Z, son lien avec les FNB et les erreurs à ne pas commettre si vous suivez cette stratégie. Je suis en compagnie de Ben Gossack qui va nous éclairer sur le sujet d’aujourd’hui. Bienvenue, Ben.
Ben : Bonjour, Isabela. Merci de m’avoir invité à L’expérience FNB.
Isabela : Merci de votre présence. J’ai hâte! Avant d’entrer dans le vif du sujet, on va commencer par quelques questions éclairs. Je vais dire des mots en rapport avec Coast FIRE, et vous allez me dire la première chose qui vous vient à l’esprit. Ne réfléchissez pas trop! Vous êtes prêt?
Ben : Oui. Allez-y.
Isabela : Très bien. C’est parti. Retraite anticipée.
Excellente idée.
Ben : Investir tôt.
Isabela : Ce que tout le monde devrait faire.
Ben : Rendement composé.
Isabela : Bizarrement, on n’en parle pas assez, mais c’est le moteur de la création de richesse.
Isabela : Sacrifier le rendement global pour tirer un revenu.
Ben : Jamais une bonne idée.
Isabela : Et « valeur nette ».
Ben : On n’en a jamais assez.
Isabela : C’est très vrai. On va revenir plus longuement sur chacun de ces sujets, mais commençons par les bases. Coast FIRE sonne un peu comme un mot à la mode. Fondamentalement, qu’est-ce que c’est?
Ben : Quand on a discuté des mouvements FIRE, je n’avais même pas entendu parler de Coast FIRE. Je connaissais uniquement FIRE, « Financial Independence, Retire Early ». Je crois que ça pris de l’ampleur et gagné en popularité pendant la COVID. Les gens ne travaillaient plus ou ils travaillaient à distance, ils revoyaient leurs choix de vie. Ils se demandaient s’ils voulaient vraiment continuer à se consacrer à la vie d’entreprise, s’il y avait moyen de partir plus tôt à la retraite et de générer des revenus passifs.
Ce qui est intéressant avec le mouvement Coast FIRE, c’est que les gens travaillent peut-être toujours en entreprise, mais ils réfléchissent déjà sérieusement à leurs besoins à la retraite. À partir de là, ils remontent le fil pour comprendre combien mettre de côté pour investir et laisser fructifier leur argent sur le marché avant de lever le pied. L’idée, c’est de travailler fort pendant 10 ans, mais de ne plus être obligé de se tuer tous les jours à la tâche en entreprise.
Isabela : Exactement. Je crois que ce mouvement trouve un écho très fort auprès des jeunes générations qui privilégient la souplesse et le temps libre autant que la dimension financière.
Ben : Je crois qu’il y a une idée fausse qui circule. Il y a des gens qui pensent que les jeunes ne veulent pas travailler. À mon avis, ça n’a rien à voir. Il s’agit avant tout d’acquérir plus d’indépendance financière.
On se dit souvent qu’on a besoin de notre travail pour payer nos factures, ce qui crée une dépendance vis-à-vis de cet emploi. C’est une dynamique qui déplaît à beaucoup de gens. Et ce qu’on a observé, surtout pendant la COVID et la période qui a suivi, c’est qu’il y a des gens qui ne vont même plus au bureau. Ils travaillent à distance. Certains ont été congédiés par écran interposé.
Le monde de l’entreprise est très impersonnel par rapport à ce qu’il était il y a 10 ou 20 ans. Le fait de travailler fort, de faire des sacrifices aujourd’hui, nous donne le sentiment d’avoir plus de contrôle sur notre situation, parce que l’argent est parfois une grande source de stress.
Isabela : Pourriez-vous nous expliquer la différence entre les stratégies FIRE et Coast FIRE?
Ben : Oui. Le concept à la mode quand j’étais jeune, c’était la liberté à 55 ans. Le but était de prendre sa retraite avant 55 ans. Avec le mouvement FIRE, le but est plutôt d’arrêter vers 30 ans ou de bâtir des stratégies de revenu passif pour ne plus avoir à travailler.
Disons que vous gagnez 100 000 $ par an. Comment mettre en place plusieurs sources de revenu passif? Il y en a une qui a attiré mon attention, celle des distributeurs automatiques. J’ai écouté beaucoup de balados sur le sujet. Comment mettre en place cette stratégie? Je vais chez un grossiste. J’achète des barres chocolatées. Potentiellement, les distributeurs automatiques sont très lucratifs.
Mais comme toujours, il y a un hic et on se rend compte qu’il faut trouver des entreprises qui acceptent nos distributeurs. C’est là que toutes ces stratégies commencent à se compliquer. Il n’y a pas de sources de revenu facile. La stratégie FIRE consiste à créer des sources de revenu, sans travailler activement.
Avec Coast FIRE, on peut imaginer qu’on continue de travailler. On travaille des semaines de 100 heures pour mettre de côté, comme un écureuil. Ensuite, on se demande à quel moment on a mis assez de côté. Est-ce qu’on s’arrête à 500 000 $, 300 000 $, un million avant de lever le pied?
À ce stade, on n’a plus forcément besoin de faire des semaines de 100 heures, on peut revenir à des semaines de 50 heures, voire travailler à temps partiel. On travaille toujours, mais on a une certaine souplesse grâce à ce bas de laine. On part du principe qu’il génère des rendements proches de ceux du marché, des rendements proches de 10 %.
Isabela : Ça se tient. Très bien. Dans le balado d’aujourd’hui, on va se concentrer sur Coast FIRE. À votre avis, pourquoi cette stratégie est-elle si populaire auprès des milléniaux et de la génération Z?
Ben : Personnellement, j’ai grandi avec le modèle des baby-boomers. Ils occupaient tous les emplois, mais ils partiraient à la retraite et on prendrait leur place aux postes importants. Ça n’a pas fonctionné pour ma génération. Ils sont restés en poste plus longtemps, et on a eu du mal à gravir les échelons.
Il y a aussi la question du logement qui était un peu plus… peut-être un peu plus abordable qu’aujourd’hui. On se disait qu’on devait travailler pour payer l’hypothèque, pour payer les intérêts. L’un des grands caps de la vie financière, c’était le remboursement de l’hypothèque. Ensuite, on se concentrait sur l’épargne.
La génération d’aujourd’hui a vécu une période de forte inflation, en particulier dans l’immobilier. Beaucoup de choses, comme un logement ou une voiture, étaient accessibles à ma génération par le travail. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. C’est toute la question du contrat social entre les entreprises et les employés. Les paramètres ont changé.
Ce n’est pas que les gens ne veulent plus travailler, mais ils privilégient l’indépendance et ils sentent que le rapport de force a changé. Si jamais il arrive quelque chose et que l’on est mis à pied pour une raison complètement hors de notre contrôle, on a ce bas de laine qui apporte de la sécurité. C’est donc un changement de perception du rapport de force.
Isabela : Complètement. De mon côté, il y a trois choses qui me viennent à l’esprit. La culture de l’épuisement professionnel, la hausse du coût de la vie et l’abordabilité du logement, dont vous avez beaucoup avez parlé. En ce moment, c’est vraiment crucial pour les milléniaux et la génération Z.
Cette semaine, j’ai aussi lu les résultats d’une étude qui date de 2025 sur les milléniaux et la génération Z. Dedans, il y a une équation qui m’a vraiment plu. Le bonheur pour les milléniaux et la génération Z, c’est l’argent, plus le sens, plus le bien-être. C’est l’équation idéale pour nous tous, d’après cette étude.
Ben : Excellente équation.
Isabela : Parlons des placements, parce que la stratégie Coast FIRE ne peut pas fonctionner sans croissance. Quelle place occupent les FNB dans la stratégie Coast FIRE?
Ben : Le point de départ, c’est d’épargner presque tout son argent pour se constituer un bas de laine. Ce bas de laine doit croître jusqu’à l’objectif fixé, jusqu’à l’année où l’on espère prendre sa retraite. Comme vous le dites, il faut donc des leviers de croissance.
Les FNB offrent beaucoup de souplesse. Ils offrent beaucoup de visibilité. Ils se négocient comme des actions. Il y a des paniers de FNB. On peut trouver des FNB sur tous les thèmes.
Les coûts sont variables mais globalement, les FNB sont assez bon marché pour des produits qui offrent une exposition à l’ensemble du marché ou à un thème en particulier, comme la technologie, l’IA, la robotique. On peut composer son propre panier, comme dans un grand magasin. Les FNB offrent un moyen très simple de mettre en place les premiers outils de composition des rendements.
Isabela : D’après vous, est-ce que les FNB conviennent à tout le monde, aux débutants comme aux plus expérimentés?
Ben : Je crois qu’il y a une idée reçue, Isabela. Corrigez-moi si je me trompe. Pour moi, un FNB, c’est d’abord un format. Par exemple, prenez les médicaments. Certains préfèrent les comprimés. D’autres, les gommes gélifiées.
Je crois que le plus important, si par exemple on veut que le rendement se compose à 7 %, c’est de comprendre que certaines années, on va grimper à 12 %. D’autres, ça va baisser de 5 %. Une baisse de 5 %, ça ne m’enchante pas vraiment. Je préfère la hausse de 12 %.
Il faut tenir compte de la volatilité de chaque instrument. Pour moi, les FNB offrent un format intéressant. Les autres instruments évoluent de la même manière, mais les prix ne sont indiqués qu’une fois par jour. Vous n’avez pas beaucoup de visibilité sur la valeur. Les FNB sont très pratiques et faciles à consommer. Et ils sont accessibles. C’est un instrument que n’importe qui peut utiliser.
C’est vrai. Avec les FNB, pas besoin de sélectionner chaque action individuellement. Il faut simplement du temps, de la régularité et un plan.
Isabela : Tout à fait. Du temps, de la régularité et un plan. C’est très important. Je me souviens d’un jour où j’étais chez le coiffeur. Il y avait un jeune qui parlait de dividendes, de croissance et de rendement composé. J’ai trouvé ça formidable. Il est jeune. Il pense déjà à épargner.
Ben : Mais ensuite, il a parlé d’une hausse de dividendes, une petite hausse de 4 cents. De son point de vue, ça ne faisait pas de grande différence. Là, je me suis dit qu’il ne voyait pas plus loin que le bout de son nez. Et si chaque année, ça continue d’augmenter, encore et encore? Bref, il faut un plan, mais aussi de la patience.
Le pouvoir des rendements composés. C’était l’un des mots de nos « questions éclair », au début.
En effet.
Isabela : Très bien. Dans la vingtaine ou en début de trentaine, vaut-il mieux investir tôt et beaucoup ou chercher des rendements plus élevés?
Ben : A priori, les études montrent clairement l’importance d’épargner. Le moment et l’ordre des rendements jouent aussi énormément. Le problème quand on cherche des rendements élevés... Disons que vous misez sur un thème et que vous voyez juste. Vous risquez de prendre trop confiance en vous, Isabela. Et très souvent, si vous avez trop confiance en vous, le marché vous remet rapidement les pieds sur terre. Il ne faut pas courir le risque de perdre votre argent.
Le but, c’est d’épargner, d’accumuler et d’accroître son patrimoine. Chaque revers risque de retarder l’atteinte de votre objectif. Bref, établissez un plan et épargnez le plus tôt possible, si vous le pouvez. C’est plus facile que d’attendre dix ans, quand vous aurez peut-être plus d’argent. Entre quelqu’un qui épargne depuis 10 ans et quelqu’un qui commence 10 ans plus tard, la composition des rendements fait une énorme différence.
Isabela : Donc, commencez aujourd’hui, ne remettez pas à demain, si possible.
Ben : Oui. Je vous donne ma devise. Le meilleur moment pour faire quelque chose, c’était hier. Le deuxième meilleur moment, c’est aujourd’hui.
Isabela : J’adore. Je retiens. Quelles erreurs commettent les gens qui suivent la stratégie Coast FIRE?
Ben : J’en vois plusieurs.
D’abord, il y a des gens qui extrapolent et qui imaginent leur vie à 60 ans en se basant sur des hypothèses. N’oubliez pas de tenir compte de l’inflation. Ces dernières années, on a bien vu que l’inflation peut s’emballer. Si votre capital augmente à un rythme de 5 % mais que les prix augmentent de 9 %, vous allez vous retrouver en difficulté, et le problème va s’accentuer.
Ensuite, et c’est surtout vrai quand on est jeune, même si à mon âge, je tombe encore dans le piège... Quand on est en bonne santé, on pense qu’on le sera toujours. Vous pourriez avoir un problème de santé, que ce soit vous ou votre partenaire, vos enfants ou les personnes à votre charge, ou encore vos parents, ou un autre membre de la famille. On ne peut jamais vraiment prévoir ces événements.
Aujourd’hui, tout va bien. Demain, tout peut basculer. Il faut vraiment en tenir compte. Même quand on est en bonne santé, on peut développer une maladie chronique qui nécessite des soins très coûteux. Il faut faire preuve de souplesse et être prêt à réévaluer les montants dont on a besoin.
Et notre mode de vie évolue constamment. Si mon moi d’il y a 20 ans rencontrait mon moi actuel, il ne se reconnaîtrait pas et je ne le reconnaîtrais pas non plus. On change.
Il faut surtout avoir conscience que les besoins et les désirs peuvent changer, mais aussi surveiller l’inflation. Et je tiens à insister sur la santé. À cet égard, je rejoins l’équation sur le bien-être. C’est extrêmement important.
Isabela : Tout à fait. Il y a aussi le piège du train de vie. Quand on progresse dans sa carrière, on gagne peut-être plus d’argent, ce qui peut pousser à revoir les hypothèses initialement établies pour Coast FIRE.
Ben : Je vais vous dire quelque chose. Quand on a déjà voyagé en classe affaires, même si ce n’est pas évident, il faut tout de même revenir en classe économique. On ne peut pas voyager en classe affaires tous les jours, mais on sait à quoi ça ressemble derrière le rideau. Dès qu’on s’habitue à mieux, c’est très difficile de revenir en arrière, de se remettre aux boîtes de conserve.
Oui, c’est difficile. Cela dit, je crois que l’idée n’est pas de se désengager, mais simplement d’agir de manière plus réfléchie.
Ben : Oui et pour moi, c’est ce qui rend le mouvement Coast FIRE si intéressant. Il ne s’agit pas de fuir le travail ou de se laisser porter. On peut très bien avoir une personnalité de type A ou être très travaillant.
Mais on sait qu’au fond, on a presque un pouvoir secret. C’est vrai que je travaille, je fais des efforts, j’essaie de gravir les échelons, mais si quelque chose arrivait, je me suis créé mon propre filet de sécurité. C’est quelque chose qui donne beaucoup de force.
Isabela : Tout à fait. Merci de nous avoir fait part de votre point de vue, Ben. Pour résumer, la stratégie Coast FIRE ne vise pas à se soustraire au travail. Il s’agit de bâtir une vie dans laquelle l’argent est au service de vos choix au lieu de les contrôler. Comme toujours, restez curieux, tenez-vous au courant et conservez vos placements.
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