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Marchés mondiaux à des sommets malgré la guerre, la volatilité et le risque de récession | Balado Points de vue des gestionnaires de portefeuille

Publié : 7 mai 2026

Perspectives des marchés +    31 minutes = Perspectives actuelles

Les marchés grimpent, même si les manchettes mettent l’accent sur le risque et l’incertitude. Alors, pourquoi les cours des actifs continuent-ils d’augmenter alors que tant d’investisseurs s’attendent à ce que ce soit le contraire? Dans cet épisode, vous apprendrez pourquoi les marchés ne se trompent peut-être pas en examinant de plus près la croissance des bénéfices, les solides flux de trésorerie et les investissements à grande échelle liés à l’IA. La situation générale montre pourquoi les paramètres fondamentaux pèsent souvent davantage que les préoccupations à court terme.

Joignez-vous à Benjamin Gossack et Damian Fernandes, directeurs généraux et gestionnaires de portefeuille à Gestion de Placements TD Inc., alors qu’ils discutent de ce qui stimule les marchés mondiaux aujourd’hui.

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Transcription :

Benjamin : Bienvenue au balado Points de vue des gestionnaires de portefeuille de Gestion de Placements TD. Je suis Benjamin Gossack, directeur général et cochef, Gestion de portefeuille d’actions mondiales. Je suis en compagnie de Damian Fernandes, mon autre cochef, Gestion de portefeuille d’actions mondiales, qui est aussi directeur général.

Damian : Merci, Ben. C’est très intéressant, on parle de « discussion avec un gestionnaire de portefeuille », mais on est tous les deux cochefs et gestionnaires de portefeuille. Alors, qui interviewe qui?

Benjamin : Eh bien, là je fais juste l’introduction, mais on peut tout à fait le faire sous forme de discussion, comme on le fait

Damian : au quotidien.

Benjamin : J’allais te demander : tu penses que notre titre est trop court, ou trop long?

Damian : Je pense qu’on pourrait le raccourcir par, peut-être, quelque chose comme « l’équipe qui amène la surperformance ». Toi et moi, on travaille ensemble depuis au moins 14 ans. Au moins. Et pendant tout ce temps, on a su composer avec une période assez tumultueuse sur les marchés selon moi, et on a su satisfaire les clients. J’espérais que tu me poserais la question… On peut raconter comment on en est arrivé là, ou on peut juste parler de ce que tu avais en tête.

Les raisons pour lesquelles les marchés peuvent atteindre de nouveaux sommets
en période de guerre et de chocs géopolitiques importants, et pourquoi les paramètres fondamentaux sont souvent sous-estimés

Benjamin : Eh bien, commençons par ce qui se passe sur les marchés d’un point de vue macroéconomique. Pour comprendre une grande partie de ce qui s’est passé cette année et anticiper l’avenir, les gens se servent de l’année dernière comme référence. Parfois, ça fonctionne, parfois non. L’histoire est importante, mais elle ne correspond pas toujours nécessairement. Il y a eu un grand événement géopolitique, une guerre au Moyen-Orient.

On a beaucoup parlé des répercussions sur la chaîne d’approvisionnement, sur le prix des actifs, et pourtant, dans la situation actuelle, Damian, à l’heure de cet enregistrement, les marchés grimpent. J’ai reçu beaucoup de questions, de demandes de commentaires, et toi aussi, certainement, pour demander : les marchés sont-ils en train de se tromper? Moi, j’ai une meilleure question à te poser : quelles idées fausses circulent? Notamment sur la façon dont les gens perçoivent ce marché, et pourquoi le fait que le marché dépasse encore des sommets ne veut pas forcément dire qu’il se trompe?

Damian : Je pense que depuis la COVID, ce qui s’est passé, c’est que le marché, ou plutôt les participants au marché, les médias et parfois nos clients, ont surestimé le repli lié au risque géopolitique, et sous-estimé les paramètres fondamentaux. Pour être plus clair, je pense par exemple à la COVID : le marché a atteint son creux en mars ou en avril 2020, et pourtant le nombre de cas a continué à augmenter,

Damian : l’économie a continué à ralentir, et les gens se sont dit que ça allait encore plus mal tourner. Les prix du marché viennent des marges. L’an dernier, on a eu un exemple parfait, je crois, de ce que tu évoques, avec le « jour de la libération » : dès qu’à la marge on a vu des signes de négociation, d’accords commerciaux,

le marché a atteint son plus bas et n’a cessé de remonter. Aujourd’hui, on a vu des signes qu’il allait y avoir au moins un début de négociation, et le marché s’est dit : OK, le détroit d’Ormuz est fermé pour le moment, mais on commence à voir une trajectoire de sortie. Donc, je crois que tu as raison. Le marché anticipe à juste titre qu’il va y avoir une porte de sortie.

Et si ça change, bien sûr, on aura une nouvelle baisse. Mais revenons sur le deuxième point que j’évoquais, sur le fait qu’on surestime le risque géopolitique et qu’on sous-estime les paramètres fondamentaux comme la croissance du PIB, qui a tourné autour de 5,5 % l’an dernier. On est en plein milieu de la saison de publication des résultats. Ce sera le sixième trimestre consécutif de croissance à deux chiffres des bénéfices,

et les sociétés de notre portefeuille affichent de très solides résultats. Et je suppose que c’est comme pour n’importe quel marché haussier, tout pourrait s’arrêter, la fête pourrait se terminer. Mais ils oublient que pour l’instant, les bénéfices et les flux de trésorerie sont bien là. C’est ce que je pense. Et toi, qu’est-ce que tu en penses?

Benjamin : Personnellement, je me concentre sur la structure du marché, car nous, on investit selon une certaine philosophie, mais on n’est pas les seuls investisseurs. Il y a beaucoup de gens qui investissent en fonction de critères comme les paramètres microéconomiques, les paramètres macroéconomiques, la sélection des titres, la volatilité, ce type de portefeuille… Pour revenir à ce que tu disais, le marché a commencé à se préparer. Les investisseurs ont vu des mouvements d’actifs vers le Moyen-Orient, et, qu’ils aient été clairvoyants ou non,

du point de vue de la structure du marché, ils ont pris davantage de garanties, ou ils se sont préparés à établir des positions vendeur. Et ce, dans un ordre de grandeur bien plus important que pour le « jour de la libération » et la COVID. Presque de façon exagérée. On accumule donc de l’expérience sur le marché à proximité des sommets. Je sais que tu aimes examiner les facteurs.

Alors, oui, on a eu des couvertures de positions à découvert, et beaucoup d’autres choses, mais dans l’ensemble, il y eu excès de prudence. Certes, il y a des répercussions sur le monde réel, mais du point de vue du prix des actifs, on dirait que le marché a intégré dix fois trop la fermeture du détroit d’Ormuz. 

Damian : Je regarde les banques qui ont présenté leurs résultats la semaine dernière. Je regarde les sociétés industrielles de base. Et bon nombre de ces sociétés atteignent de nouveaux sommets sur plusieurs années. Qu’est-ce que tu en penses?  Et quelle analyse en tires-tu?

Benjamin : Il y a plusieurs choses selon moi. Oui, les banques ont publié de bons résultats, même si je pense qu’il y a encore un risque important pour le système bancaire en raison de la démesure et de la surpondération du crédit privé.

Damian : Exactement.

Benjamin : Donc, même si la question géopolitique est bien un problème du point de vue global, je pense qu’on ne peut pas perdre de vue l’idée que le crédit privé est un problème qui ne va pas disparaître.

Damian : À moyen terme,

Benjamin : ça va poser problème. Il y a bien eu quelques faillites, mais je dirais que pour nos portefeuilles, on s’est départis de la plupart des sociétés du secteur des services financiers. La percée des sociétés industrielles, je pense, remonte à ce qui a vraiment stimulé les marchés et le PIB,

Comment les dépenses en immobilisations liées à l’IA soutiennent les bénéfices

c’est surtout l’IA. Les fournisseurs de services à très grande échelle ont beaucoup parlé de leurs 800 ou 700 milliards de dollars de dépenses en immobilisations. Mais toi et moi avons aussi regardé les sociétés de services publics, et en discutant avec elles, comme je l’ai fait en janvier avec 16 d’entre elles, on constate que toutes ont prévu de l’ordre de 30 à 60 milliards de dollars de dépenses en immobilisations. Donc les programmes d’investissements en capital pour les trois à cinq prochaines années sont très onéreux, et portent sur des actifs corporels.

J’entends certains dire qu’ils s’inquiètent de l’IA, d’autres qu’ils ne s’en inquiètent pas, et tous se focalisent sur les actifs corporels. Mais c’est la demande pour ces actifs corporels dont les centres de données ont besoin qui explique pourquoi ces titres sont performants et pourquoi on observe une accélération des bénéfices.

Damian : Les politiques d’incitatifs fiscaux de la One Big Beautiful Bill Act qui ont été adoptées sont en train de stimuler la demande en ce moment. Si vous construisez un centre de données, si vous construisez des infrastructures, il y a un crédit d’impôt que vous pouvez passer en dotation aux amortissements. Donc, bien sûr, vous allez vouloir investir le plus possible aujourd’hui, et ça se voit dans les chiffres, tant sur le plan du PIB que des résultats.

Et je pense qu’alors que les gens en sont encore à se demander quand le détroit va rouvrir, ils devraient plutôt profiter de ce qu’ils ont déjà en main – c’est-à-dire des bénéfices plutôt exceptionnels et une croissance des flux de trésorerie disponibles. Je pense qu’on devrait déjà se satisfaire de ça.

C’est mon avis, en tous cas. Je sais qu’on parle macroéconomie, mais c’est mon opinion.

Benjamin : Donc, la croissance des flux de trésorerie est l’un des grands principes de notre philosophie. On aime les flux de trésorerie et leur accumulation. Je sais que tu travailles sur un article sur le sujet, mais peux-tu nous expliquer les liens que tu vois entre l’augmentation des flux de trésorerie et leur traduction en rendement supérieur pour les actions?

Damian : Merci. Merci d’en avoir parlé.

Benjamin : Pas de problème pour te faire de la pub.

Damian : Et nous allons bien le publier. Pour ceux qui ne savent pas comment notre équipe fonctionne dans les faits, on a une équipe distincte qui fait un travail de recherche quantitative. Et toi et moi, on discute souvent, entre nous et avec des clients, du fait que le marché sous-estime le montant de liquidités que les sociétés dans lesquelles on investit vont générer.

On a donc pensé qu’on allait tester ça. Supposons que tu puisses trouver, dans une sélection d’entreprises donnée, celles qui, d’ici trois ans, auront fait croître leurs flux de trésorerie le plus rapidement. Comment ces sociétés se sont-elles comparées aux autres, sans tenir compte du secteur? Peu importe si elles sont du secteur des produits industriels ou d’un secteur de la consommation, ces entreprises dont les flux de trésorerie ont augmenté le plus rapidement entre aujourd’hui et dans trois ans, quel a été leur rendement?

On a fait des tests a posteriori et, surprise… Il n’y a rien de surprenant. Les sociétés qui ont le plus augmenté leurs flux de trésorerie ont nettement surperformé. Et c’est bien là que se situe notre avantage, non? Notre avantage, c’est qu’aujourd’hui, on peut regarder nos portefeuilles, regarder ce qu’il y a sur le marché, et essayer de trouver la bonne combinaison entre nos efforts de recherche (nos observations, nos outils quantitatifs, ce que les graphiques et la tactique nous indiquent) pour trouver sur quelles entreprises miser, lesquelles verront, selon nous, leurs flux de trésorerie augmenter le plus rapidement.

Et là, sans surprise, je suis à peu près certain qu’on va démontrer que si on arrive à trouver, aujourd’hui, ces entreprises qui feront croître leurs flux de trésorerie disponibles plus rapidement que leurs pairs dans les prochaines années, nos clients profiteront d’un certain degré de rendement supérieur. Je pense que ces conclusions valident notre démarche depuis 15 ans, qui est d’essayer de trouver ces sociétés dont tu as parlé, celles qui font augmenter d’année en année leurs flux de trésorerie.

La façon dont la croissance des flux de trésorerie, plutôt que les prévisions à court terme,
soutient le rendement supérieur à long terme

Benjamin : Beaucoup de gens se concentrent sur les analystes et leurs attentes en matière de ventes, de croissance et de bénéfices. Si tes résultats trimestriels correspondent à ces attentes, le marché ne l’appréciera pas, car il veut de la surperformance. Mais si tu me dis que ces entreprises augmentent leurs flux de trésorerie et qu’elles surperforment, comment se fait-il que cette communauté de spécialistes ne se concentre que sur leur potentiel de croissance? Qu’est-ce qui lui échappe?

Damian : Oh, je pense que ce qui leur manque, c’est l’arbitrage par rapport à l’horizon de placement. Je vais être un peu plus clair à ce sujet. D’accord. Tu as parlé de la communauté des analystes, des analystes côté ventes qui travaillent dans les grandes banques et qui couvrent ces actions. Ils sont débordés, ils ont beaucoup de sociétés à couvrir.

Donc, ils pensent au trimestre qui vient. Et toi et moi, on ne s’intéresse pas vraiment au prochain trimestre. On ne cherche pas à acheter la société qui va surpasser ses prévisions de bénéfices de 0,05 $ ou moins, ou à vendre celle qui les manquera de 0,10 $. On s’intéresse à celles qui sont sous-évaluées, et ce sur un horizon de plusieurs années.

Tu as donné un très bon exemple avec ces sociétés de services publics qui ont investi des milliards de dollars en immobilisations. Quand tu en as parlé, la première chose à laquelle j’ai pensé, c’est que ça signifie probablement plus de câbles, plus de postes électriques, plus de turbines à gaz… 

Je me dis que ces entreprises vont investir massivement pour soutenir les infrastructures de réseau dans les prochaines années, donc achetons leurs titres. Mais ces dépenses seront aussi les recettes d’autres entreprises, donc investissons aussi dans celles-ci. Cherchons qui va voir son chiffre d’affaires bondir et ses flux de trésorerie disponibles augmenter fortement. Et je sais qu’on passe toujours beaucoup de temps sur ces questions.

Je voudrais aborder un autre sujet. À ton avis, où vont se trouver les goulots d’étranglement, ces endroits où le marché n’a pas intégré ce potentiel de croissance spectaculaire dans les prochaines années?

Benjamin : Pour moi, la plus grande occasion, mais aussi le plus grand risque pour le portefeuille, c’est l’intelligence artificielle.

Damian : Pour nous remplacer? Ou bien… 

Benjamin : Pour l’instant, je pense qu’on est tranquilles, mais on devrait toujours avoir l’esprit ouvert. Blague à part, ce que je vois, c’est qu’en 2023, 2024, si on avait un point de vue optimiste sur l’intelligence artificielle, il était très facile de se dire qu’il fallait acheter des titres de sociétés comme NVIDIA ou Broadcom, parce qu’on voyait que tout le monde allait avoir besoin de ces puces.

Benjamin : Sans surprise, ces sociétés ont produit des rendements exceptionnels. Mais comme toujours, on a commencé à se dire, ça y est, on a un consensus. On sait tous que les puces NVIDIA vont être très demandées. Alors, où aller maintenant pour créer un rendement supérieur? Pour en revenir à ce que tu disais, de quels fournisseurs d’équipement et d’infrastructures va-t-on avoir besoin?

Ce qu’on constate maintenant, c’est que si on suit la feuille de route de NVIDIA, elle prévoit de créer une nouvelle puce tous les ans, plus rapide, avec plus de bande passante, toutes les choses qui permettront de répondre à tout ce qu’on attend de nos modèles d’intelligence artificielle. On va avoir besoin de beaucoup plus de câbles, mais vraiment dans une proportion exponentielle.

Alors, quand je pense aux analystes, est-ce qu’ils pourraient déterminer quelle quantité de câbles il faudra l’année prochaine? Trois fois plus? Quatre fois plus? Cela crée beaucoup d’occasions s’ils sous-estiment le nombre de câbles bleus nécessaires, même pour une chose aussi banale qu’une carte de circuit imprimé verte. Donc, si j’ouvre mon ordinateur, je vais trouver toutes ces cartes vertes, 

avec toutes ces puces. Pour des raisons de vitesse, de bande passante, de température – et les électrons, qui ne sont pas comme des fluides et aiment avoir une destination –, et parce que tout est miniaturisé, le simple fait de contenir tout ça et d’avoir les bons matériaux devient primordial. Et il n’y a qu’une poignée de sociétés qui le font. Il y a peut-être une société qui en fait 70 %. 

Et c’est là que ça va être intéressant. Pour nous, tu le sais, ce qui compte, ce sont les signaux, on veut voir de la croissance. Et je crois vraiment que les marchés récompensent la croissance. Ensuite, on essaie de comprendre le casse-tête, c’est-à-dire de déterminer où on peut profiter de cette croissance. On a récolté les fruits de NVIDIA,

et ça va continuer. Mais on n’aura plus de surperformance démesurée. Il faut vraiment que les gens comprennent que toi et moi, on s’exprime toujours par rapport à nos propres indices de référence. Donc si une action augmente de 15 %, ou si vous détenez un titre qui progresse de 15 %, vous vous dites : c’est super,

j’ai gagné beaucoup d’argent. Mais pour toi et moi, si notre indice de référence augmente de 20 %, cette action, ces 15 % qui pourraient plaire à quelqu’un sont plutôt une grande déception pour nous. J’ai nui au rendement. Donc, on essaie toujours de voir, de notre point de vue qui compare le portefeuille à un indice de référence, si le résultat est meilleur que l’ensemble du marché.

Et si ce n’est pas le cas, c’est une déception.

Damian : C’est la conclusion de mon article : d’un point de vue empirique appuyé par des données, le marché récompense la croissance. Si on peut trouver des sociétés dont la croissance est beaucoup plus rapide que celle de leurs pairs, avec les flux de trésorerie associés, comme tu l’as dit, le marché le récompense. Je voulais parler de NVIDIA, on va peut-être approfondir un peu la question. Est-ce parce que le marché ne s’intéresse pas au fait que NVIDIA va générer 500 milliards de dollars de revenus?

Benjamin : Je parle de la raison pour laquelle le titre n’a pas inscrit un rendement supérieur.

Damian : Exactement. Il n’a pas surperformé. On le sait bien, puisqu’on le détient. Il n’a pas eu de rendement supérieur depuis octobre dernier, je crois. Sa performance stagne.

Benjamin : Je ne pense pas que ce soit un problème de chiffres. Je pense plutôt que de plus en plus de gens ont une meilleure idée de la taille du marché. Ça ressemble à ce qu’on a vu avec les médicaments contre l’obésité et le diabète qui arrivaient sur le marché. 

Damian : Comme Novo Nordisk et des sociétés comme Eli Lilly.

Benjamin : Oui. Les titres étaient très chers du point de vue du ratio C/B ou des ratios de valeur d’entreprise. Mais alors que ces sociétés grandissaient et se développaient, on voyait bien que le marché ne comprenait pas l’ampleur de leur potentiel.

Damian : Au départ, il pensait juste que les produits n’étaient destinés qu’à certaines personnes,

Benjamin : c’est-à-dire que vous ne preniez pas ces médicaments si votre IMC, votre indice de masse corporelle, le rapport taille-poids, était supérieur à 30. La communauté des analystes ne pouvait pas envisager qu’on puisse en prendre si on avait un IMC inférieur à 30. Et pourtant, je pense que ces actions ont un vrai potentiel de hausse quand les gens vont réaliser à quel point ces marchés sont importants.

Benjamin : Maintenant, je ne dis pas qu’Eli Lilly, Novo Nordisk et toutes les autres sociétés qui fabriquent ces médicaments ne réussissent pas à accroître leurs bénéfices et leurs flux de trésorerie. C’est plutôt que je pense que nous, on a compris l’ampleur de ce potentiel. Et même au plus fort de l’expansion de NVIDIA, on avait trois trimestres de croissance démesurée et on se disait : « Impossible que ce soit le nouveau moteur principal,

ils ne pourront jamais retrouver ces niveaux de croissance ». Et pourtant, on est en 2026, et ils continuent de publier des résultats incroyables. Je pense que tout le monde comprend que le processeur graphique est très important, et je crois que le cours du titre en tient compte.

Damian : Oui, c’est ce qu’on appelle une source d’alpha exploitable. Lorsqu’on pense en termes d’alpha exploitable, on se demande si le marché est en train de sous-estimer ou de surestimer la taille réelle de l’éventail d’occasions. Le fait est qu’on n’a pas vraiment de grandes sociétés dans nos portefeuilles. On détient toujours NVIDIA, on pense que c’est une société de très grande qualité, en croissance, mais qui n’est plus exploitable.

Les gens ont compris qu’il y aura 500 milliards de dollars de revenus avec des marges très élevées. Tu parlais de goulots d’étranglement, et on trouve de très belles occasions : les fabricants de matériaux pour les circuits imprimés, ou les sociétés qui fabriquent les câbles optiques pour les centres de données, puisqu’il faut les connecter entre eux.Il faut une transmission à haute bande passante, et c'est optique. Alors, j'aime bien ce que tu dis. Je veux peut-être changer de sujet, et changer de sujet, puis tu pourras parler d'abord de ce que tu en penses. Et espérons que nous n'aurons pas la même réponse : vous savez, nous finirons sur une note positive. Mais qu'est-ce qui t'inquiète vraiment en ce moment?

Il faut une transmission à large bande passante, et c’est du câble optique. Donc je suis d’accord avec toi. J’aimerais passer à un autre sujet, et tu pourras répondre en premier et me dire ce que tu en penses. J’espère qu’on n’aura pas la même réponse. Après, on terminera sur une note positive. Alors, qu’est-ce qui t’inquiète vraiment en ce moment? 

Les situations où les portefeuilles semblent diversifiés, mais dépendent toujours
de la même tendance du marché

Damian : Peut-être pour certains titres de nos portefeuilles, ou peut-être sur le marché plus largement.

Benjamin : Je dirais que ce qui est le plus compliqué pour moi en ce moment, c’est que d’habitude, j’évite de penser au monde sous l’angle géographique. Donc, je ne me dis pas : est-ce que cette année, c’est le Canada? Est-ce que cette année, ce sera les États-Unis? Faut-il tout transférer en Europe ou en Asie? Je pense que ça, c’est plutôt un résultat de notre processus.

Benjamin : Je ne pense pas non plus au monde en termes de secteurs. Est-ce qu’il faudrait investir dans les produits industriels, les technologies ou les services publics? Je pense que c’est aussi un résultat de notre processus. Pour ce qui m’inquiète vraiment… Je pense que de plus en plus de gens, en particulier les conseillers, s’ils exécutent leurs propres modèles, devraient regarder sous le capot. Disons qu’ils exécutent un portefeuille de 50 titres, un portefeuille mondial, ou peut-être 40 titres…

On va se concentrer sur les États-Unis. Supposons que vous exploitez un portefeuille concentré de 40 actions américaines. Est-il possible que 30 de vos actions soient toutes les mêmes?

Damian : Parce qu’elles cherchent toutes à profiter de la ruée vers l’IA?

Benjamin : […] Exactement, parce qu’elles sont toutes liées à l’IA. Je te donne un exemple. À l’heure actuelle, l’offre est limitée pour les centrales au gaz naturel à cycle combiné, qui ne sont produites que par trois sociétés, et tous les services publics veulent ces centrales à gaz pour alimenter les centres de données. Mais il y a un arriéré de commandes de cinq ou six ans. Donc, si vous signez un contrat avec une société comme Amazon et que vous lui dites : super, on va vous construire ça, vous fournir cette électricité sur laquelle on s’est entendus. Peut-être que lorsque vous passerez votre commande ferme pour ces centrales à gaz, tout d’un coup, vous devrez attendre six ans.

Le secteur cherche donc des solutions à court terme et se concentre sur ces moteurs appelés moteurs à piston. En fait, ce sont des génératrices de secours au diesel. On les trouve dans certaines sociétés industrielles comme Caterpillar, dans des sociétés de services énergétiques comme Baker Hughes et d’autres sociétés de gaz naturel qui emballent ces solutions et revendent ces moteurs à piston.

Benjamin : Donc, vous pensez être diversifié.

Damian : J’ai une société d’énergie. J’ai une société industrielle. J’ai une société technologique. Mais en réalité, c’est essentiellement la même chose.

Benjamin : Elles sont toutes axées sur le même thème, c’est la même chose. Parlant des goulots d’étranglement dans les centres de données, comme on l’a dit, on peut détenir des câbles bleus, on peut détenir une société qui fabrique ce circuit imprimé, une autre qui le soude, une autre qui met les petites lignes dessus… En réalité, si on est honnête avec soi-même, ce sont toutes les mêmes actions, car le marché les traite comme telles, même si elles balaient tous les secteurs industriels.

Par le passé, quand on a commencé à travailler ensemble, il y a environ 14 ans, ça paraissait logique. Tiens, Damian est au-dessus de l’indice pour les produits industriels et les services financiers. Il doit penser que le cycle du marché se tourne vers les valeurs cycliques. Je pense que le marché a changé de ce point de vue. Comme tu l’as dit, aujourd’hui, tu peux miser sur l’IA au moyen des services publics, des produits industriels, des technologies, de la consommation discrétionnaire et des communications… 

Et comme on l’a vu dans le cas du crédit privé,

Damian : tu peux aussi capter le financement qui leur est destiné.

Benjamin : Oui, tu récupères aussi les services financiers. Donc, tous les secteurs sont concernés. Ce n’est pas impossible, mais c’est difficile de trouver des idées qui apportent aussi de la croissance et une diversification, juste à partir de ce seul thème dominant.

Damian : J’espérais qu’on ne dirait pas la même chose, mais finalement, on en revient au facteur de risque. Ce facteur de risque, je le dis très franchement – et tu l’as dit aussi au début –, ce sont ces 700 milliards de dollars de dépenses en immobilisations pour les centres de données. Ces dépenses des uns vont être les revenus des autres, et ces autres sont répartis dans une multitude de secteurs. Les services publics qui fournissent plus d’électricité;

les sociétés industrielles qui aident à connecter les services publics aux centres de données; dans les centres de données, les sociétés technologiques qui fournissent les câbles optiques; les sociétés de financement qui offrent le crédit pour construire ces centres de données… Tout ça est devenu le même grand thème sur le marché américain. Et les chiffres sont ahurissants!

700 milliards de dollars, en supposant que 75 % soient dépensés aux États-Unis, 75 multiplié par 700, on arrive à 500 milliards de dollars. L’économie américaine, c’est un peu plus de 30 000 milliards de dollars. En gros, on parle d’une croissance d’environ 1,5 % à près de 2 % rien qu’avec la construction de centres de données. Ce que je surveille de très près, c’est si l’un de ces fournisseurs de services à très grande échelle commence à revoir ses chiffres à la baisse. Je pense que ce sera le principal risque, et nous le savons bien dans nos portefeuilles, parce qu’on peut dire que toutes ces actions ont l’apparence d’être diversifiées, mais elles seront toutes mises sous pression si les montants des dépenses en immobilisations dans l’IA commencent à baisser.

Cela dit, je ne pense pas que ce soit le cas, parce que cette année, les entreprises sont rémunérées pour leurs dépenses réelles grâce aux incitatifs fiscaux. Et même, on devrait voir cette année des augmentations des dépenses en immobilisations prévues, car les sociétés sont incitées à le faire. Mais c’est bien une préoccupation à plus long terme.

Benjamin : On me pose beaucoup de questions sur ce qu’on pense des États-Unis et pour savoir si on devrait se diversifier hors des États-Unis. Je crois que je connais ta réponse – peut-être que non, tu pourrais me surprendre –, mais penses-tu que les investisseurs devraient simplement laisser tomber les États-Unis et se concentrer sur l’Europe, l’Asie, le Canada ou les marchés émergents?

Damian : C’est très intéressant qu’on tourne ce balado à la mi-avril. Si on avait été le 28 février, si tu savais le nombre de personnes qui m’ont dit que c’était la fin de l’exceptionnalisme américain, que le dollar américain ne valait plus grand-chose à l’étranger et qu’on allait tous se diversifier dans d’autres régions… Puis, il y a eu une guerre, et, en avril, le marché américain a été le plus performant de tous.

Le dollar était la seule valeur réellement stable, alors que les autres reculaient : l’or était à -15 %, le bitcoin – n’en parlons même pas –, de nombreux secteurs défensifs, les autres pays du monde… Ce qui est logique puisqu’ils sont nombreux à importer de l’énergie, et que la hausse des prix de l’énergie a rogné sur les budgets, ce qui signifie moins d’argent pour les mesures de relance. 

En fait, une grande partie du reste du monde a sous-performé. Mais pour en revenir aux États-Unis : selon moi, ils ont certaines des meilleures sociétés à l’échelle mondiale, avec une croissance beaucoup plus rapide, et des politiques de remboursement du capital, que ce soit par des rachats d’actions ou une croissance des dividendes, qui sont très intéressantes. Nous ne faisons pas de choix par pays, mais même si c’était le cas, je ne tournerais jamais le dos aux États-Unis. Comme on vient de le voir concrètement, en période de crise, de guerre, le marché américain, le dollar américain et les actifs américains ont très, très bien résisté. 

Et toi, qu’est-ce que tu en penses? Est-ce que tu dirais que les gens écartent un peu trop vite les États-Unis?

Benjamin : Je crois que l’année dernière, la réaction a été très émotive.

Damian : Oh oui. Parce qu’en tant que Canadiens,

Benjamin : peut-être aussi en tant qu’Européens, et peut-être dans d’autres pays, ils ont coupé les échanges commerciaux. Donc il y a eu une réaction émotive. Et si j’y réfléchis, je me dis que plus de gens devraient se concentrer sur la composition des indices. On met beaucoup l’accent sur ce que le S&P a fait,   le TSX a fait, le MSCI Monde a fait… 

Si le Canada s’en est si bien sorti l’année dernière, c’est moins grâce à l’économie canadienne, qui, comme tu dis,

Damian : n’était déjà pas très en forme au départ,

Benjamin : mais plutôt parce que le marché canadien est probablement celui qui est le plus exposé aux actions aurifères. Dans le S&P 500, il n’y a qu’un seul titre aurifère, Newmont, et il n’est peut-être pas du même calibre que les autres titres aurifères. C’est pareil en Europe. Il y a de l’or, mais encore une fois, il ne va pas dominer l’indice.

Ce qui domine aux États-Unis, et la raison pour laquelle ils ont connu ce qu’on appelle l’exceptionnalisme, c’est le fait qu’ils sont les plus exposés aux technologies. Je constate toujours que dès que les géants technologiques sous-performent, le Canada a l’air en meilleure forme, l’Europe aussi. Et si vous avez dans l’idée qu’il faut se tourner vers l’Europe, s’appuyer sur la contre-performance des sociétés à grande capitalisation est un argument très pratique.

Et ce qui m’étonne vraiment, et dont on ne parle pas, c’est qu’à l’heure actuelle, donc, les grandes sociétés technologiques font moins bien. Avant, on m’aurait dit : hé, Damian, le plus grand risque pour le marché américain en ce moment c’est sa concentration dans sept actions. Et ces sept actions, selon mon indice boursier et nos données arrêtées au 31 mars, pour les résultats depuis le début de l’année, ont, de fait, eu des rendements des actions négatifs. Mais le S&P 500, lui, a atteint de nouveaux sommets.

Damian : Quelle est la troisième voie?

Benjamin : Exactement. J’observe que quand tout le monde dit qu’il n’y a que deux ou trois options, il y en a toujours une quatrième et une cinquième. Donc, je pense que si les sociétés technologiques à grande capitalisation reprennent leur hausse, alors tout à coup – car je suis convaincu que les cours orientent la confiance –, il y aura un retour à l’exceptionnalisme américain et tout le monde se dira : Vous savez quoi, on devrait revenir à l’indice S&P,

on peut peut-être y trouver de la valeur, pendant qu’on était tous tournés vers d’autres régions.

Damian : Je pense à ce tu as évoqué tout à l’heure, la composition. Même si on s’intéresse à la région EAEO, il n’y a que quelques secteurs dans cette région. L’an dernier, les secteurs les plus performants à l’échelle mondiale, tu as parlé de l’or, mais il y avait aussi les services financiers, et dans la région EAEO, les services financiers sont surreprésentés, ils ont une pondération plus importante dans les indices. C’est peut-être simplement que les gens confondent la composition sectorielle et la sélection des pays.

Et je pense que tu as raison. Et je pense à la deuxième chose que tu as dite – ça m’a fait penser à l’idée des touristes. Il y en a eu beaucoup en Europe, beaucoup dans la région EAEO. Mais dès que les choses se sont un peu envenimées, ils ont commencé à rentrer chez eux, en Amérique du Nord.

Benjamin : Pour revenir à ce que tu disais, les services financiers ont surperformé, sont surreprésentés dans les indices en Europe, et pourtant, cela fait cinq ans qu’ils surpassent l’indice MSCI EAEO, Damian. Mais les gens ne s’en sont aperçus que l’année dernière, à cause du rendement inférieur affiché par les sociétés technologiques à grande capitalisation. Avant ça, ils étaient contents des États-Unis. J’aimerais te poser une dernière question, pour avoir ton opinion.

On nous demande beaucoup, à toi et à moi, ce qu’on pense de la direction que vont prendre les marchés. Je pense qu’on est tous les deux d’accord pour dire qu’il est… difficile d’essayer de faire des prévisions. Si les gens en veulent, ils en trouveront dans beaucoup d’endroits. Mais, ne penses-tu pas qu’il y aurait une meilleure question? Plutôt qu’une personne ou un conseiller vienne te voir et perde du temps à te demander : hé, Damian, dites-moi où en seront les marchés à la fin de l’année.

Oui, quelle question poser pour que la conversation soit plus intéressante?

Damian : Pour moi, la question serait plutôt : qu’est-ce qui t’emballe? Moi, ce qui m’emballe… Toi et moi, on ne dira jamais aux gens qu’on pense que le marché va se corriger de 10 % ou de 20 %. Des corrections techniques de 10 % ou 15 %, des reculs de 10 % se produisent à une certaine fréquence tous les ans. Les anticiper, et vraiment se convaincre qu’on peut le faire,

c’est se mentir à soi-même. Je pense que ce que les gens oublient, c’est la vision globale, le fait qu’on est à l’aube d’une révolution technologique massive qui va probablement faire grimper les marges partout. Donc si vous investissez dans des entreprises qui ont aujourd’hui des marges, et qu’il y a une possibilité que ces marges augmentent dans les prochaines années, alors les évaluations devraient être plus élevées pour ces sociétés, non?

Parce qu’elles vont augmenter leurs flux de trésorerie. Je pense que les gens sont tellement absorbés par ce qui pourrait mal tourner qu’ils ne pensent pas à ce qui pourrait bien tourner. Pourtant, on est dans un marché haussier s’étalant sur plusieurs années, les bénéfices dépassent la tendance, il y a des occasions à saisir concernant les marges, et on a des gouvernements du monde entier qui dépensent pour accélérer la croissance. 

Je pense que tous ces éléments amènent beaucoup d’optimisme et je trouve ça très emballant. Je suis emballé pour nos produits, déjà dans les trois prochains mois, mais je le suis encore plus, concernant nos produits et nos solutions pour aider les conseillers, pour les trois prochaines années, parce que je pense que c’est là qu’on ajoute de l’alpha. On va trouver des sociétés exposées de manière démesurée à une accélération de la croissance des flux de trésorerie disponibles. Et peut-être qu’elles ne seront pas spectaculaires dans les trois prochains mois, mais je suis plutôt certain que dans les trois prochaines années, on regardera en arrière et on se dira : incroyable, on l’a vraiment fait!

Je pense que les gens vivent dans la négativité du moment sans vraiment voir le potentiel de hausse. C’est mon avis. Mais si j’inverse cette question, si quelqu’un te disait : ne me donnez pas vos prévisions pour les 12 prochains mois, dites-moi plutôt comment vous voyez vraiment les trois prochaines années.

Qu’est-ce que tu en penses?

Benjamin : Oui, je pense qu’on en revient à nos tendances à long terme et aux cycles, aux domaines qui nous font réfléchir. On se concentre sur les tendances et les cycles à long terme parce qu’on pense que c’est ce qui porte la croissance. Trouver les entreprises qui peuvent profiter de cette croissance, celles qui peuvent selon nous obtenir des rendements exceptionnels. On en revient à ce que je disais plus tôt : notre objectif à nous, c’est de gérer le portefeuille pour surpasser notre indice de référence. 

Mais pour le conseiller, ça dépendra du client. Tu sais bien, on doit offrir un rendement composé de 6 % à ce client parce qu’il a certains objectifs financiers, des rêves et des aspirations, et cet autre client veut 10 %. Donc de notre point de vue, on est peut-être simplement les ingrédients d’un portefeuille modèle pour les conseillers. Est-ce qu’on les aide à atteindre ces objectifs? 

Et c’est peut-être là qu’on peut avoir une discussion plus fructueuse.

Damian : Je suis complètement d’accord. 

Benjamin :  Damian, c’est toujours un plaisir. J’espère que ça donne aux gens une idée du genre de discours quotidien qu’on a, toi et moi.

Damian : Oui, ça donne une discussion très transparente, parce qu’on ne s’est pas préparés. On s’est juste dit : parlons librement.

Benjamin : N’est-ce pas? Merci à tous d’avoir regardé le balado Points de vue des gestionnaires de portefeuille, et au plaisir de nous revoir dans un mois avec un autre épisode bien rempli.

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