Vous quittez notre site Web pour accéder à un site tiers sur lequel nous n’avons aucun contrôle.
Maintenir le cap : la force tranquille du Canada dans un monde volatil
Connaissances en placement 5 Minutes
Publié: 20 avril 2026
Dans un monde qui se déconstruit et se réécrit en temps réel, la question pour les investisseurs n’est plus de savoir si l’ordre mondial évolue, mais plutôt la façon dont ces changements se répercutent sur les économies et les marchés intérieurs.
Le Canada se trouve dans une position unique et complexe dans le cadre de cette transformation. À première vue, le pays semble disposer d’importants avantages : il est riche en ressources, autonome sur le plan énergétique et positionné relativement à l’abri de certaines des failles géopolitiques les plus aiguës. Toutefois, comme le laissent entendre les événements récents et les signaux du marché, ces avantages ne sont ni uniformes ni absolus.
La réalité est plus nuancée : le Canada tient le coup, mais ne décolle pas.
Un choc énergétique qui va dans les deux sens
L’escalade des tensions géopolitiques et la perturbation potentielle des principaux corridors énergétiques ont renforcé une dynamique familière : en période de tensions mondiales, l’approvisionnement en énergie est fondamental. Pour le Canada, cet enjeu est plus important que pour bien d’autres pays.
En tant que grand exportateur de pétrole et de gaz naturel¹, le pays se trouve dans une position relativement favorable lorsque les prix de l’énergie augmentent. Contrairement à de nombreuses économies de pays développés, l’économie du Canada est largement autonome en matière d’intrants clés et, dans certains domaines, comme les engrais et la capacité agricole, elle est structurellement mieux protégée que ses pairs². Ces conditions constituent une protection naturelle. Dans un monde marqué par des chocs de l’offre et des pressions inflationnistes, le Canada n’est pas en tête de liste des pays vulnérables,
mais les avantages dont il dispose sont inégalement distribués³.
Les régions riches en ressources pourraient profiter de termes de l’échange plus solides, tandis que les consommateurs partout au pays pourraient être confrontés aux répercussions plus immédiates de la hausse des prix. Il en résulte une expérience intérieure à deux vitesses : la vigueur de la production et les pressions sur la consommation. Autrement dit, le Canada est avantagé, mais n’est pas à l’abri des perturbations.
Les marchés signalent une vigueur, même si la croissance ralentit
Si la situation macroéconomique est contrastée, les marchés financiers canadiens envoient un signal plus clair. Les résultats récents des grandes banques ont largement dépassé les attentes, grâce à de solides bénéfices avant provisions, à un rendement stable du crédit et à aucune détérioration importante au sein des portefeuilles de prêts. L’activité sur les marchés financiers est également demeurée robuste, ce qui renforce le sentiment que les conditions financières, bien qu’elles soient plus serrées qu’au cours des dernières années, sont loin d’être restrictives. Il est important de noter que les attentes à l’égard des bénéfices ont commencé à augmenter4.
Après une période où les évaluations semblaient excessives par rapport aux paramètres fondamentaux, les révisions à la hausse des prévisions pour 2026 et 2027 ont contribué à rétablir les arguments en faveur de l’investissement5. Il en résulte un marché qui semble plus équilibré, c’est-à-dire moins dépendant de l’expansion des ratios et davantage soutenu par la dynamique sous-jacente des bénéfices. Cette situation est importante, car elle reflète quelque chose de plus large à propos de l’économie canadienne.
Le signal provenant des banques n’en est pas un d’accélération, mais de stabilité. L’économie se maintient, même si elle ne décolle pas.
Une économie stable freinée par l’incertitude
Il est essentiel de conserver la distinction entre les notions de « se maintenir » et de « ne pas décoller ». Le Canada ne connaît pas de forte croissance. L’augmentation du produit intérieur brut (PIB) réel demeure autour de 1 %, le taux de chômage a légèrement augmenté et, bien que l’inflation se soit considérablement améliorée, le contexte économique général demeure prudent6.
À bien des égards, le contexte est « assez bon ». L’inflation, qui se comporte de façon plus prévisible, a réduit la pression sur les banques centrales, et les attentes de hausses de taux importantes se sont atténuées. Pour les investisseurs boursiers, cette stabilité est positive, mais cela n’explique pas l’absence d’une croissance plus forte.
Le principal obstacle apparaît ailleurs.
L’incertitude commerciale, en particulier liée à l’évolution des relations avec les États-Unis, est devenue un facteur défavorable important. Les questions persistantes concernant la politique commerciale, les droits de douane et la renégociation des accords existants, comme l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), ont entraîné une pause dans la prise de décisions7.
Les capitaux, tout simplement, attendent sur la touche.
Les investissements des entreprises et la répartition du capital ont été freinés par un manque de clarté, les sociétés hésitant à s’engager dans un contexte où les règles d’engagement pourraient évoluer. Bien que des droits de douane généraux aient largement été évités, des mesures ciblées dans des secteurs comme l’automobile, l’acier et l’aluminium ont eu des répercussions démesurées sur le plan régional, en particulier dans le centre du Canada8. C’est le paradoxe de l’époque à laquelle nous vivons : la stabilité macroéconomique et l’hésitation sur le plan microéconomique.
L’indice TSX est taillé pour le moment présent
Dans ce contexte, la structure des marchés boursiers canadiens devient particulièrement importante.
L’indice TSX n’est pas une représentation générale de l’économie mondiale, car il reflète de façon concentrée les forces du Canada. Les secteurs des services financiers, de l’énergie et de l’assurance, ainsi que certains segments de celui des produits industriels, dominent l’indice, et dans le contexte actuel, cette composition s’avère être un avantage9. Les banques demeurent bien positionnées, soutenues par des conditions de crédit stables et le potentiel d’amélioration du levier d’exploitation si la croissance se stabilise. Les sociétés du secteur de l’énergie profitent de perspectives de prix plus optimistes, car leurs bilans sont solides et elles ont la capacité à rembourser le capital au moyen de rachats d’actions et de dividendes. Les secteurs de l’assurance et des matériaux renforcent davantage la résilience.
Ce marché ne dépend pas de scénarios de croissance élevée; il repose sur les flux de trésorerie, la solidité des bilans et la production de revenus. Dans un contexte mondial plus fragmenté et incertain, ces caractéristiques prennent d’autant plus de valeur.
Bien positionné, mais toujours en attente d’un catalyseur
Dans l’ensemble, le portrait qui se dessine est celui d’une force relative sans accélérateur évident. Le Canada est bien positionné dans le nouveau contexte mondial : sa base de ressources, sa structure de marché et son système financier offrent un degré de résilience que de nombreux pays homologues n’ont pas. Toutefois, la prochaine phase de croissance dépendra probablement moins des chocs externes que de la résolution des contraintes internes.
Une réduction de l’incertitude commerciale, une plus grande clarté entourant les politiques et une réactivation des investissements en capital seraient autant de catalyseurs importants. D’ici là, l’économie canadienne pourrait continuer de faire ce qu’elle fait actuellement : se maintenir, soutenue par des avantages structurels, mais freinée par l’hésitation.
Dans un monde en train d’être réécrit, le Canada n’est peut-être pas un mauvais endroit où se trouver.
¹ Ressources naturelles Canada, « Cahier d’information sur l’énergie », gouvernement du Canada, 2024; Statistique Canada, « Approvisionnement et demande d’énergie », dernière publication.
² Agriculture et Agroalimentaire Canada, « Vue d’ensemble du système agricole et agroalimentaire canadien », dernière édition; Ressources naturelles Canada, « Production de minéraux critiques et d’engrais au Canada ».
³ Banque du Canada, Rapport sur la politique monétaire, 2025/2026; Statistique Canada, tableaux sur le PIB et le revenu des provinces.
⁴ Rapports des sociétés : Relations avec les investisseurs, Banque Royale du Canada; Relations avec les investisseurs, La Banque Toronto-Dominion; Relations avec les investisseurs, Banque de Montréal; Relations avec les investisseurs, Banque Scotia; Relations avec les investisseurs, Banque CIBC (derniers résultats trimestriels, 2026).
⁵ Estimations consensuelles des analystes compilées par Bloomberg, Refinitiv et FactSet, 2026.
⁶ Banque du Canada, « Indice des prix à la consommation (IPC) et mesures d’inflation fondamentale », 2025/2026; Banque du Canada, énoncés de politique, 2026.
⁷ Affaires mondiales Canada, « Examen de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) », 2025/2026; Office of the United States Trade Representative, documents d’examen de l’ACEUM.
⁸ Statistique Canada, « Commerce international de marchandises », et Association canadienne des producteurs d’acier, « Ventes des industries manufacturières, selon l’industrie »; Automotive Parts Manufacturers’ Association (Canada), rapports sectoriels.
⁹ Indices S&P Dow Jones – Fiche d’information sur l’indice composé S&P/TSX, dernières pondérations sectorielles.
Les renseignements aux présentes ont été fournis par Gestion de Placements TD Inc. à des fins d’information seulement. Ils proviennent de sources jugées fiables. Ces renseignements n’ont pas pour but de fournir des conseils financiers, juridiques, fiscaux ou de placement. Les stratégies fiscales, de placement ou de négociation devraient être étudiées en fonction des objectifs et de la tolérance au risque de chacun.
Le présent document peut contenir des déclarations prospectives qui sont de nature prévisionnelle et qui peuvent comprendre des termes comme « prévoir », « s’attendre à », « compter », « croire », « estimer » ainsi que les formes négatives de ces termes. Les déclarations prospectives sont fondées sur des prévisions et des projections à propos de facteurs généraux futurs concernant l’économie, la politique et les marchés, comme les taux d’intérêt, les taux de change, les marchés boursiers et financiers, et le contexte économique général; on suppose que les lois et règlements applicables en matière de fiscalité ou autres ne feront l’objet d’aucune modification et qu’aucune catastrophe ne surviendra. Les prévisions et les projections à l’égard d’événements futurs sont, de par leur nature, assujetties à des risques et à des incertitudes que nul ne peut prévoir. Les prévisions et les projections pourraient s’avérer inexactes dans l’avenir. Les déclarations prospectives ne garantissent pas les résultats futurs. Les événements réels peuvent différer grandement de ceux qui sont exprimés ou sous-entendus dans les déclarations prospectives. De nombreux facteurs importants, y compris ceux énumérés plus haut, peuvent contribuer à ces écarts. Vous ne devriez pas vous fier aux déclarations prospectives.
Gestion de Placements TD Inc. est une filiale en propriété exclusive de La Banque Toronto-Dominion.
MD Le logo TD et les autres marques de commerce TD sont la propriété de La Banque Toronto-Dominion ou de ses filiales.

