Qu’est-ce qu’une récession et comment est-elle définie?


Le mot « récession » peut être déstabilisant pour bien des gens, même si ce phénomène fait partie intégrante d’un cycle économique. Voyons ce que signifie le terme « récession ».

C’est un mot dont beaucoup d’investisseurs préféreraient se passer, même si les récessions font partie intégrante d’un cycle économique. Cela peut être particulièrement vrai si vous commencez à investir et avez des questions au sujet des placements en période de récession. Qu’est-ce que ça signifie qu’une économie soit en récession? Plus important encore, que pouvez-vous faire quand vous investissez pour vous préparer à une récession?

Selon Beata Caranci, économiste en chef de la TD, la définition la plus simple d’une récession correspond à deux trimestres consécutifs de contraction de l’économie, ce qui équivaut habituellement à une réduction du produit intérieur brut (PIB). La durée d’une récession peut varier, mais elle dure habituellement entre deux et quatre trimestres.

Il est bon de voir une récession un peu comme un orage. Ils ne sont pas très amusants tant qu’ils durent, mais, avec le temps, ils passent toujours.

Premiers signes d’une récession

Par le passé, plusieurs indicateurs d’alerte importants ont généralement précédé une période de récession. Bien qu’aucun de ces indicateurs ne puisse à lui seul déterminer le caractère inévitable d’une récession, pris ensemble, ils permettent de brosser un portrait.

  • Baisse de la confiance des consommateurs: Dans une économie volatile, la confiance des consommateurs est généralement ébranlée. Ce phénomène peut être attribuable à divers facteurs, mais les plus importants sont souvent l’inflation élevée, la hausse des taux d’intérêt, les mises à pied et un sentiment d’incertitude économique générale. Lorsque la confiance des consommateurs diminue, les dépenses ralentissent et l’économie emboîte le pas.
  • Replis soudains du marché boursier: Chaque fois que les dépenses de consommation ralentissent, les bénéfices des sociétés peuvent aussi diminuer. Cela peut entraîner une baisse de la confiance des investisseurs, ce qui peut faire chuter les cours boursiers. À mesure que les cours boursiers fléchissent, les inquiétudes des investisseurs peuvent s’intensifier, ce qui entraîne de nouveaux replis boursiers.
  • Mises à pied: Les mises à pied sont à la fois une conséquence et un indicateur du déclin économique. Lorsque les entreprises se serrent la ceinture en réaction à la baisse des dépenses de consommation et à la volatilité économique, l’emploi est souvent défavorisé. De même, lorsque les gens perdent leur emploi, ils ralentissent leurs dépenses autant que possible pour compenser leur perte de salaire.
  • Inversion de la courbe des taux: Dans une économie typique hors récession, les taux (ou les intérêts) liés aux obligations d’État à long terme sont généralement plus élevés que ceux des obligations à court terme. En effet, les investisseurs s’attendent à être rémunérés pour le risque supplémentaire couru lorsqu’ils achètent des obligations à long terme. Lorsque les investisseurs deviennent pessimistes à l’égard des perspectives économiques à court terme, ils s’attendent à ce que les taux des obligations à court terme augmentent par rapport à ceux des obligations à long terme. Cela entraîne une inversion de la courbe des taux. Ce pessimisme observé chez les investisseurs peut souvent être un signe précurseur d’une récession.

Qu’est-ce qui peut provoquer une récession?

Malheureusement, il n’y a pas de réponse simple à cette question. Divers événements économiques peuvent mener à une récession et y contribuer, et ils ne sont pas toujours bien compris. Voici quelques-uns des motifs de récession les plus courants :

  • Événements économiques imprévus : Un choc inattendu pour l’économie peut accroître la probabilité d’une récession, et il n’a pas besoin d’être de nature économique pour avoir un impact. En mars 2020, par exemple, la pandémie de COVID-19 a entraîné une brève récession,1 tandis qu’une crise pétrolière a mené à une récession prolongée dans les années 19702. Dans bien des cas, les replis peuvent être déclenchés par une combinaison de facteurs plutôt que par un seul choc.
  • Dette inabordable : Si la dette et son remboursement deviennent des composantes essentielles de notre économie, qu’arrivera-t-il si cette dette devient impossible à gérer? Lorsque trop de sociétés ou de ménages sont lourdement endettés, cela peut entraîner une récession, en particulier si ces sociétés ou ces particuliers commencent à faire défaut en grand nombre.
  • Bulles d’actifs : Lorsque certains secteurs de l’économie deviennent surévalués, cela crée une « bulle d’actifs ». Lorsque la bulle éclate (comme c’est souvent le cas), la plus grande partie de la valeur gonflée est perdue. Par exemple, en 2021 et 2022, le secteur mondial de l’automobile est devenu une bulle d’actifs en raison d’une hausse de la demande des consommateurs et d’une pénurie de puces à l’échelle internationale pendant la pandémie de COVID-19. Lorsqu’un secteur économique essentiel (comme l’habitation) devient une bulle, l’éclatement inévitable peut entraîner une récession.
  • Inflation : Aux États-Unis et au Canada, les banques centrales visent habituellement une inflation cible de 2 % à 3 % par année. Lorsque l’inflation dépasse cette fourchette, le coût de la vie peut devenir trop élevé pour que de nombreux ménages puissent l’absorber. Pour faire face à la hausse des coûts, de nombreuses familles peuvent réduire leurs dépenses, ce qui a des répercussions sur les résultats des sociétés et peut entraîner des mises à pied. En juin 2022, l’inflation au Canada a atteint un sommet de 8,1 % par rapport au même mois l’an dernier.
  • Déflation : Par opposition à l’inflation, la déflation peut aussi faire stagner l’économie. Lorsque les prix sont si bas que les entreprises réalisent peu de profits et ne peuvent pas couvrir leurs frais généraux, les cours boursiers peuvent baisser et des mises à pied ou des réductions de salaire et d’autres événements peuvent survenir.
  • Taux d’intérêt élevés : Les taux d’intérêt élevés peuvent provoquer une récession s’ils grimpent trop rapidement et rendent les dettes courantes, comme les prêts hypothécaires et les prêts aux entreprises et autres prêts, coûteuses à maintenir. Au début des années 1990, la Banque du Canada a relevé les taux d’intérêt pour compenser l’inflation et, par inadvertance, elle a contribué à la récession qui a suivi.

Que se passe-t-il en période de récession?

Les récessions peuvent être comparées à un jeu de dominos : lorsqu’une tuile tombe sur une autre, cela peut provoquer un autre événement économique.

Par exemple, après un premier événement économique déclencheur (ou même une série d’événements), les dépenses de consommation peuvent diminuer. Cette diminution des dépenses de consommation peut entraîner une baisse des ventes, ce qui peut encourager les sociétés à se serrer la ceinture. Cela peut se traduire par des mises à pied au sein du personnel ou des réductions de salaire. Si cela mène à une hausse du chômage, cela pourrait engendrer une nouvelle baisse des dépenses de consommation. Tous ces facteurs réunis peuvent provoquer un ralentissement économique, qui est souvent de nature cyclique.

Histoire des récessions au Canada

Récession des années 1970 (novembre 1973 à mars 1975) Cette récession est largement attribuable à une crise pétrolière. Alors que le prix du pétrole augmentait dans les années 1970, la production industrielle a ralenti partout dans le monde, ce qui a entraîné des pertes d’emplois et un déclin économique. Cette récession a également été marquée par une période de « stagflation », c’est-à-dire une inflation persistante malgré le chômage élevé et un ralentissement économique.3

Récession causée par l’Iran et M. Volcker (janvier 1980 à juillet 1980) En 1980, une autre crise pétrolière a entraîné une récession mondiale. Cette fois, la révolution iranienne de 1978 a provoqué une baisse importante de la production de pétrole, ce qui a occasionné un ralentissement important de l’activité industrielle et une forte inflation. Paul Volcker, alors président de la Réserve fédérale américaine, a tenté de lutter contre l’inflation élevée en relevant fortement les taux d’intérêt.

Récession à double creux (juillet 1981 à novembre 1982) En fait, la récession de 1981 et de 1982 s’est déroulée en deux temps. La première récession, une baisse modeste suivie d’une reprise, a été suivie d’un deuxième recul plus long. Ces deux replis ont été causés par inadvertance par des hausses de taux d’intérêt décrétées par la Banque du Canada pour lutter contre l’inflation.4

Récession de la guerre du Golfe (juillet 1990 à mars 1991) Au début des années 1990, le Canada a connu une récession qui a coïncidé avec la guerre du Golfe menée par les États-Unis en 1990 et 1991. En vérité, divers facteurs ont joué un rôle, mais les économistes montrent souvent du doigt la série de hausses de l’impôt fédéral et les mesures prises par les banques centrales (dont la Banque du Canada) pendant cette période pour lutter contre l’inflation.5

Récession au début des années 2000 (mars à novembre 2001) Par le passé, chaque fois que les États-Unis sont entrés en récession, le Canada avait tendance à en subir une peu après. Ce n’était toutefois pas le cas au début des années 2000. Après les attentats terroristes du 11 septembre, l’économie américaine a connu une récession. Ce ne fut pas le cas pour le Canada, bien que l’économie ait connu un repli pendant cette période. Cela s’explique peut-être par le fait que le Canada n’a pas été directement touché par les événements du 11 septembre, même si certains économistes croient que le gouvernement fédéral canadien a été plus responsable sur le plan budgétaire à la suite de ces événements.

Grande récession (décembre 2007 à juin 2009) La récession de 2007 à 2009 est considérée comme l’une des pires périodes de récession pour les Canadiens depuis la grande dépression des années 1930. Le repli de l’économie peut être attribué à un certain nombre de facteurs, mais de nombreux économistes considèrent que l’assouplissement général de la réglementation économique, en particulier aux États-Unis, est l’une des principales causes de ce repli. La prolifération des prêts hypothécaires à risque élevé est l’un des facteurs ayant finalement mené à une chute libre de l’économie qui a touché le monde entier.

Récession causée par la COVID-19 (février 2020 à avril 2020) Lorsque la pandémie de COVID-19 a frappé en février 2020, les marchés boursiers ont réagi rapidement et les cours boursiers ont chuté de façon généralisée. En même temps, les gouvernements du monde entier ont mis en place des mesures de confinement strictes qui ont paralysé les dépenses de consommation et l’activité économique presque du jour au lendemain. Cette récession s’est avérée de courte durée et le marché a rebondi pour atteindre de nouveaux sommets quelques mois après l’assouplissement des restrictions et le retour au travail.

Récession ou dépression?

On mélange souvent l’idée d’une récession éventuelle et celle d’une dépression économique, surtout lorsque les craintes à l’égard de la première abondent.

Il est important de comprendre qu’une récession n’est pas la même chose qu’une dépression. Si les récessions font partie intégrante d’un cycle économique, ce n’est pas le cas des dépressions. Si l’on considère que l’activité économique fait partie d’un spectre, une dépression se situerait à l’extrémité, tandis qu’une récession serait plus près du milieu. Au cours des pires années de la grande dépression des années 1930, environ 19,3 % de la main-d’œuvre canadienne était sans emploi 6 Depuis, le taux de chômage a rarement dépassé 7 % à 8 %, même en période de récession.

Récession ou stagflation

La stagflation décrit une conjoncture économique caractérisée à la fois par une inflation élevée et par une économie qui stagne de façon persistante. Avant les années 1970, on croyait qu’il y avait une corrélation directe entre l’inflation et la croissance économique. Après tout, lorsque l’inflation est élevée, les salaires et l’emploi le sont souvent aussi. Ce n’est pas toujours le cas. En cas de contraintes d’approvisionnement graves (comme une crise pétrolière), une stagflation peut se produire. C’est ce qui s’est produit dans les années 1970, et cela peut être préoccupant pendant les périodes où l’inflation est obstinément élevée.

Comme une dépression économique, la stagflation est un événement économique relativement rare qui peut durer des années. En revanche, les récessions sont assez courantes et durent habituellement moins d’un an.

Points importants à prendre en considération en période de récession

Vous vous demandez peut-être comment une récession pourrait vous affecter. Bien que les expériences varient sans aucun doute, une récession peut souvent entraîner des pertes d’emplois, des réductions de salaire et une baisse de la valeur du portefeuille. En même temps, pour les investisseurs qui ont un horizon de placement plus long, une période de récession peut offrir des occasions telles que des cours boursiers inférieurs. Il est important de se rappeler que les récessions sont des phases économiques temporaires et que les difficultés financières actuelles s’estompent généralement au fil du temps.

Il existe plusieurs façons de vous préparer à une récession afin de réduire au minimum ses répercussions sur votre style de vie et vos économies. En voici quelques-unes :

  • Dépenser un peu moins (et établir un budget) En réduisant un peu vos dépenses discrétionnaires et en remettant vos achats importants, vous pourrez résister à une récession imminente, surtout si vous pouvez épargner cet argent. Pour savoir où vous pourriez économiser de l’argent, il peut être utile d’établir un budget mensuel pour faire le suivi de vos flux de trésorerie (c.-à-d. compter les rentrées et les sorties d’argent).
  • Constituer un fonds d’urgence Personne ne prévoit être mis à pied, mais cela peut arriver à tout le monde. Pour compenser l’effet de la perte de revenu sur votre style de vie, vous pouvez commencer à cotiser à un fonds d’urgence. Le montant que vous devez épargner dépend de votre situation, mais la règle générale consiste à épargner l’équivalent de trois à six mois de dépenses.
  • Diversifier les flux de revenus et le portefeuille de placement Diversifiez vos flux de revenus et votre portefeuille de placement pour éviter de mettre tous vos œufs dans le même panier. Un portefeuille diversifié peut être en meilleure position pour résister aux répercussions d’une récession sur vos placements qu’un portefeuille qui ne l’est pas.
  • Envisager de conserver ses placements Les marchés dits baissiers ont tendance à rendre les investisseurs nerveux. Un repli du marché ne justifie pas pour autant une réaction impulsive. Par le passé, les marchés ont rebondi même après des chutes prononcées. La vente de placements cristallisera les pertes. Ceux qui sont en mesure de conserver leurs placements pourraient avoir l’occasion de voir leur portefeuille rebondir au cours des mois, voire des années à venir. Il est important de déterminer ce qui vous convient le mieux.

Foire aux questions

À quand remonte la dernière récession?

La dernière récession a commencé en mars 2020 et n’a duré que quelques mois7. Cette récession mineure est largement considérée comme le résultat de l’incertitude économique entourant le début de la pandémie de COVID-19. Avant 2020, la dernière récession avait eu lieu de 2007 à 20098.

Combien de temps une récession dure-t-elle habituellement?

Historiquement, la plupart des récessions ont duré de six à dix mois en moyenne 9.

Le Canada est-il en récession?

Dans la plupart des cas, lorsque les économistes auront observé deux trimestres consécutifs de baisse du PIB – la définition technique d’une récession –, l’économie pourrait déjà être en reprise. Au moment d’écrire ces lignes en novembre 2022, l’économie canadienne n’était pas en récession.

Qui profite de la récession?

La plupart des gens n’aiment pas les récessions. Cela dit, les récessions peuvent offrir aux jeunes investisseurs dont l’horizon de placement est plus long des occasions d’acheter à un bon prix des placements qu’ils ont l’intention de conserver longtemps.


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